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Les sentiers de motoneige sont très populaires cette saison, mais certains amateurs ne suivent pas les règlements.
Les sentiers de motoneige sont très populaires cette saison, mais certains amateurs ne suivent pas les règlements.

Manque de respect à la hausse sur les sentiers de motoneige de l’Est ontarien

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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Les sentiers de motoneige de l’Est ontarien sont davantage prisés cette année, mais les règles et les protocoles y sont moins respectés, avance le Club de motoneige de l’est de l’Ontario (CMEO).

«Les opérateurs m’ont dit qu’ils voient plus de personnes sur les sentiers, beaucoup de trafic, mais aussi des personnes qui ne comprennent pas les protocoles en place», avance Kimberley Melbourne, présidente du CMEO. «On a des marqueurs sur le sentier [qui indiquent les limites du chemin]. Beaucoup de personnes vont juste [s’aventurer] dans les champs qui ne font pas partie du sentier. Ça, c’est dangereux. Cette année, beaucoup de motoneigistes vont où ils veulent et les propriétaires de terrains privés sont fâchés. On fait les sentiers pour une raison. C’est là qu’il faut aller», explique la présidente.

Mais s’introduire sur des terrains privés hors des sentiers aménagés n’est pas le seul manque de respect déjà à la hausse cette année, note Mme Melbourne, même si la saison de motoneige vient à peine de prendre son envol officiel. L’agressivité verbale envers les bénévoles et les travailleurs qui entretiennent les chemins est aussi très présente. «Deux [travailleurs] m’ont rapporté qu’un motoneigiste était impatient parce que le responsable de l’entretien du sentier était trop lent. Au lieu d’attendre et de passer à côté, le motoneigiste a presque brisé un arbre, a eu une mauvaise attitude et lui a fait un doigt d’honneur. Il [ne voulait pas] attendre 2-3 minutes pour laisser le [responsable de l’entretien] se tourner et le laisser passer», explique-t-elle. «En deux jours, j’ai vu trois rapports [de ce style-là], de gens qui donnent le doigt d’honneur, qui sacrent. C’est ridicule! On fait les sentiers pour tout le monde, sans entretien, il n’y a pas de sentiers. [...] C’est difficile comme présidente d’un grand club comme le nôtre parce que j’entends ça de beaucoup de coins de l’Est ontarien.»

Rester dans sa région sanitaire

Malgré les recommandations des autorités sanitaires de limiter les déplacements interprovinciaux non essentiels, M. Melbourne constate toujours un important afflux de Québécois qui s’aventurent sur les pistes de la région. «On n’a pas le droit de gratter les sentiers entre le Québec et l’Ontario. Dans l’Est ontarien, on a deux sentiers qui rentrent au Québec et on ne peut pas les gratter sur un kilomètre. Mais les personnes du Québec viennent quand même et [retournent chez eux] avant leur [couvre-feu].»

Ce changement de région est également à proscrire en Ontario même, selon le dernier décret sanitaire de la Santé publique.

En effet, le Bureau de santé du district de North Bay Parry Sound a d’ailleurs annoncé le 21 janvier dernier qu’il fermait tous les sentiers de la Fédération des clubs de motoneige de l’Ontario de son territoire pour toute la durée du décret de maintien à domicile en vigueur actuellement dans la province, par exemple.

Ce Bureau de santé a pris cette décision à la suite de nombreuses plaintes concernant le nombre élevé de motoneigistes d’autres juridictions qui venaient pratiquer le sport dans leur région sanitaire. Si la tendance se maintient, une telle chose n’est pas exclue dans l’Est ontarien, affirme Mme Melbourne. «Respectez les règles de vos bureaux de santé régionaux. Ne prenez pas votre remorque pour aller dans une autre région. Respectez vos frontières», ajoute-t-elle. «[La motoneige] c’est considéré essentiel parce que c’est [une activité] dehors, c’est de l’exercice, c’est du social, c’est bon pour tout le monde. Mais la ligne est mince et ça peut fermer ici aussi si on ne respecte pas les règles de la COVID-19 et les règles des sentiers. [...] Les motoneigistes sont une communauté. Lorsqu’une personne ne respecte pas les règles, elle enfreint l’esprit communautaire», conclut-elle.