Des altercations ont eu lieu entre les deux groupes présents sur la colline parlementaire, mais la police n'a appréhendé personne.

Manifestations sur la colline: insultes et dialogue de sourds

Une vingtaine de manifestants de droite qui planifiaient organiser un événement public en plein air devant le parlement d'Ottawa se sont heurtés à plus d'une centaine de contre-manifestants pro-immigration qui les attendaient de pied ferme, samedi matin.
Des membres de la CCCC, la Coalition canadienne des citoyen(ne)s concerné(e)s (sic), protégés par des militants d'un groupe de droite, les Northern Guards, se sont vite retrouvés entourés de partisans d'une coalition pro-immigration issue de syndicats, d'associations étudiantes et de groupes politiques de toutes allégeances.
À la suite de quelques altercations et après qu'un des membres de l'extrême-droite soit tombé par terre, volontairement ou non, la police a choisi de séparer les deux groupes de manifestants et de les placer de part et d'autre de la colline du parlement.
Les « anti »...
D'un côté, un dénommé Georges Hallak, de la CCCC, qui se dit chrétien, dénonçait ce qu'il appelait la faillite du Canada quant à la protection de sa frontière, quant à la gestion des migrants illégaux et à son irrespect des procédures de sélection des immigrants. Bref, l'accueil des migrants illégaux au Canada est une atteinte à la sécurité des Canadiens, selon la CCCC. 
« Nous ne sommes pas contre les immigrants ; je suis moi-même un immigrant libanais arménien et je suis à 100 % pour l'immigration, mais je veux que ce soit fait de façon légale et on veut s'assurer que ceux qui viennent aient les mêmes valeurs que les Canadiens », expliquait M. Hallak.
La plateforme de la CCCC est fort large et inclut tout autant la dénonciation de l'entente à l'amiable avec Omar Khadr, le changement de taxation des petites entreprises proposé par Bill Morneau et la récente motion libérale condamnant l'islamophobie.
Du même coup, M.Hallak insistait auprès du Droit pour se distancier des membres des Northern Guards qui l'entouraient, disant ne pas les connaître individuellement et ne pas faire partie de leur organisation.
Les « pro »...
De l'autre côté de la colline du parlement, une coalition très hétéroclite de partisans pro-immigration réunissait des syndiqués, des étudiants, des communistes, des anarchistes, des Néo-Canadiens et des citoyens « ordinaires » venus appuyer toute politique qui favoriserait une intégration rapide des immigrants en détresse. 
« Moi, je suis extrêmement inquiète du fait que dans notre société, dans un état de droit, supposément, on a des discours qui sont haineux de personnes qui préconisent l'exclusion d'une catégorie d'êtres humains qui ont les mêmes droits que tout le monde, parce que les droits humains sont universels », raconte cette femme qui préfère conserver l'anonymat. 
Cette mosaïque idéologique a donné lieu à quelques échauffourées physiques, des insultes et des huées. À plusieurs égards, les contre-manifestants pro-immigration semblaient souvent plus agressifs que leurs vis-à-vis de droite et certains manifestants cherchaient visiblement l'affrontement.
La police a réussi à contenir tout ce monde en n'appréhendant personne, pendant que des touristes intrigués faisaient le plein de clichés sur leurs téléphones intelligents... 
Les manifestants et contre-manifestants se sont finalement séparés en début d'après-midi.