Des centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir devant la colline du Parlement, à Ottawa, pour dénoncer la mort de Joyce Echaquan.
Des centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir devant la colline du Parlement, à Ottawa, pour dénoncer la mort de Joyce Echaquan.

Manifestation pacifique à Ottawa pour dénoncer le sort de Joyce Echaquan [VIDÉO]

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir devant la colline du Parlement, à Ottawa, pour manifester et dénoncer le sort de Joyce Echaquan, cette Atikamekw de Manawan décédée en début de semaine à l’hôpital de Joliette.

«Justice pour Joyce, Justice pour Joyce!», scandaient à répétition les manifestants rassemblés autour de la flamme du centenaire. Joyce Echaquan est décédée dans des circonstances troubles lundi à l’hôpital de Joliette pendant que des infirmières lui proféraient des injures racistes sur ses origines. La femme de 37 ans a eu tout juste le temps de démarrer une vidéo en direct sur Facebook, permettant au monde entier d’assister à la scène d’horreur et aux conditions auxquelles elle était confrontée. «Il faut que la population se réveille», a souligné un manifestant. «Avant que le gouvernement bouge, puisqu’il est assez récalcitrant à le faire, la population doit s'activer plus que ce qu’elle fait en ce moment.» 

La manifestation, organisée par «Families of Sisters in Spirit», s’est déroulée de façon pacifique au son des tambours, des chants traditionnels et des discours poignants, avec une distanciation sociale timide, mais dans le respect du port du masque. «Assez, c’est assez. Les tueries de nos femmes doivent arrêter, maintenant!», a scandé l’une des revendicatrices sous un tonnerre d’applaudissements. «Georges Floyd, 8 minutes et 46 secondes. Joyce Echaquan, 7 minutes et 12 secondes. Joyce est la Georges Floyd du Canada. Et ça doit cesser!» 

Sous l’ombre de la Commission Viens 

«Encore une fois le coeur me tombe», a déclaré Viviane Michel, présidente des Femmes autochtones du Québec, en s’adressant à la foule. «Mes sympathies à la famille de Joyce, à son mari, à ses enfants, à la nation atikamekw, aux 11 nations au Québec.» La mort tragique de Joyce Echaquan survient un an presque jour pour jour après le dépôt de la Commission Viens. 

Le rapport de cette commission, présenté le 30 septembre 2019, avait conclu que les Premières Nations du Québec étaient victimes de racisme systémique. La Commission énonçait 142 appels à l’action et des recommandations pour les mettre en marche. 

«Un an plus tard, on est confrontés à un triste événement. Un an plus tard, il ne s’est rien passée» a ajouté Mme Michel. «Si après le dépôt du rapport de la Commission Viens, le gouvernement avait été en action, Joyce Echaquan aurait été avec sa famille et avec la famille atikamekw. Il faut dénoncer pour éviter que d’autres femmes subissent le même sort que Joyce a subi.» 

 Une manifestation semblable doit également avoir lieu samedi à Montréal, ou plusieurs milliers de personnes sont attendues.