«C’est clair que le syndicat n’acceptera pas des conditions de travail moindres que ce qu’il y avait avant qu’elles (les employées) soient accréditées», a affirmé la représentante syndicale, Jacynthe Barbeau.

Maison d’amitié: rumeurs de lock-out ou de grève

Les employées de la Maison d’amitié d’Ottawa sont en négociation avec leur employeur dans l’espoir de pouvoir ratifier sous peu leur première convention collective.

Maison d’amitié possède deux résidences sécuritaires pour les femmes en difficulté où elles peuvent être écoutées et accompagnées, et où elles peuvent, si besoin est, s’y réfugier temporairement, seules ou avec leurs familles. 

Les deux résidences peuvent accueillir une quinzaine de pensionnaires chacune; parfois, un peu plus. Maison d’amitié est l’une des deux seules ressources francophones du genre dans la région d’Ottawa et la seule pouvant accueillir des familles francophones complètes, mères et enfants.

Les employées-aidantes ont obtenu leur accréditation syndicale en septembre 2014 et les parties impliquées sont à la table de négociation depuis maintenant trois ans. Depuis, une douzaine de séances de conciliation se sont déroulées, sans l’obtention d’une entente globale. 

Deux journées de médiation sont prévues mercredi et jeudi prochains et les deux parties ont techniquement jusqu’au 20 novembre pour s’entendre, à moins que les négociations ne perdurent.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente le personnel de première ligne de la maison, soit entre 35 et 40 personnes, prétend que près de 45% du personnel serait touché par des baisses de salaire et d’avantages sociaux.

Deux sons de cloche

Dans un récent communiqué de presse, le SCFP déplore le fait que l’employeur « crée un climat de peur et d’intimidation pour tenter d’effrayer ses employées et les inciter à accepter une entente qui leur nuira à elles » (et aux pensionnaires). Le communiqué parle de « relents d’intimidation et de représailles contre un groupe de travailleuses qui a osé tenter d’améliorer ses conditions en adhérant à un syndicat ».

Questionnée par Le Droit sur les accusations d’intimidation rapportées dans leur propre communiqué de presse, la conseillère syndicale Jacynthe Barbeau, qui cosigne le communiqué, a utilisé au téléphone un discours plus nuancé qui se rapproche davantage de l’insécurité psychologique que de quelque intimidation physique ou verbale subie. 

La directrice générale de la Maison d’amitié, Francine Groulx, assure que le climat de travail à l’agence est des plus respectueux et s’est dite peinée que la situation actuelle puisse peut-être éventuellement créer une certaine insécurité chez des pensionnaires qui sont déjà fragiles.

« Je trouve ça dommage que ça soit rendu, en fait, dans les médias parce qu’on ne veut pas alarmer les femmes qui sont hébergées chez nous. [...] Nous désirons vraiment en arriver à une entente et assurer le service. »

Du côté syndical, on parle de rumeurs d’entrevues derrière des portes closes avec de supposés briseurs de grève en cas de conflit. Le spectre d’une grève ou d’un lock-out se profile à l’horizon, selon le syndicat. « J’aimerais être beaucoup plus optimiste, mais malheureusement, on parle d’énormément de concessions. C’est clair que le syndicat n’acceptera pas des conditions de travail moindres que ce qu’il y avait avant qu’elles (les employées) soient accréditées » a expliqué la représentante syndicale, Jacynthe Barbeau. 

Maison d’amitié gère aussi, en partenariat avec deux autres organismes, une ligne téléphonique d’aide aux femmes en difficulté. L’organisme vit de subventions gouvernementales et de dons corporatifs et privés.