La sénatrice Lynn Beyak a apparemment pris la résolution de continuer à propager en 2018 le même message controversé qu’elle avait véhiculé en 2017 sur les pensionnats autochtones.

Lynn Beyak critiquée pour ses propos sur les pensionnats autochtones

La sénatrice Lynn Beyak a apparemment pris la résolution de continuer à propager en 2018 le même message controversé qu’elle avait véhiculé en 2017 sur les pensionnats autochtones.

Dans une récente entrée sur son site internet personnel sénatorial, elle a partagé des dizaines de « lettres d’appui » dans lesquelles plusieurs des auteurs publiés se disent en accord avec sa position.

En guise d’introduction, la sénatrice écrit que « de nombreuses personnes » lui ont signifié « comment le fait d’avoir fréquenté un pensionnat autochtone a été une expérience positive pour elles ».

Elle précise que « ces gens croient qu’ils ont acquis des habiletés utiles et qu’ils ont bénéficié des activités récréatives et de la pratique de sports ».

On peut lire, dans certaines des missives publiées sur la page sénatoriale, des propos allant dans ce sens.

Un dénommé Eardley note que « beaucoup de bien a été fait » dans ces institutions créées « pour donner aux jeunes autochtones une chance d’apprendre et de faire partie de la société moderne ».

Un autre correspondant, Roy, estime pour sa part que grâce aux pensionnats, les Autochtones « peuvent fonctionner dans notre monde moderne, jusqu’à un certain point ».

Quant à Terry, il soutient que « certainement, la décision d’assimiler les Premières Nations au Canada était et demeure la bonne ».

D’autres encore débordent du thème, comme Larry, qui félicite la sénatrice de « se tenir debout et réclamer des comptes » pour les « MILLIONS en taxes » versés aux Autochtones.

Cette nouvelle publication de la sénatrice ontarienne a été vigoureusement dénoncée par la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett.

« La plupart des lettres qu’elle a affichées sur son site web du Sénat pour appuyer sa position ont été interprétées comme racistes », a-t-elle souligné jeudi dans une déclaration écrite transmise par son attachée de presse.

« Il est inacceptable que la sénatrice Beyak puisse continuer à valider les opinions de ceux qui refusent d’accepter la vérité et de propager la désinformation et les préjugés qui continuent de nourrir le racisme dans notre pays », a insisté Mme Bennett.

Le député néo-démocrate Charlie Angus a tenu des propos similaires, reprochant à Lynn Beyak d’utiliser « les énormes ressources du Sénat afin de tenir des propos racistes à l’intention de sa base de blancs-becs ».

« Le Sénat cautionnera-t-il cette campagne de troll ou lui montrera-t-il la porte (...) », a ajouté sur Twitter le porte-parole du parti en matière d’affaires autochtones.

Sur le site internet du Sénat du Canada, Lynn Beyak était toujours identifiée comme étant affiliée au Parti conservateur, jeudi après-midi.

La sénatrice s’était retrouvée sur la sellette au printemps dernier en déclarant, dans un discours à la chambre haute, qu’il y avait de bonnes intentions derrière les pensionnats autochtones.

Ces propos avaient provoqué l’indignation et plusieurs élus à Ottawa avaient exhorté le leadership conservateur de l’évincer du caucus de la formation politique.