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Le gouvernement Ford veut donner la pleine indépendance à l’Université de Hearst afin qu’elle devienne une institution véritablement gérée «par et pour» les francophones.
Le gouvernement Ford veut donner la pleine indépendance à l’Université de Hearst afin qu’elle devienne une institution véritablement gérée «par et pour» les francophones.

L’Université de Hearst sur le point de devenir indépendante

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
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Dans le registre des nouvelles inopinées: le gouvernement Ford veut donner la pleine indépendance à l’Université de Hearst afin qu’elle devienne une institution véritablement gérée «par et pour» les francophones.

Alors que tous les regards de la communauté franco-ontarienne sont rivés sur l’Université de Sudbury,  dans l’espoir de voir rapatriés les programmes sabrés plus tôt cette semaine à l’Université Laurentienne, le gouvernement ontarien a déposé jeudi un projet de loi omnibus pour que l'Université de Hearst devienne complètement francophone.

Jusqu’à présent, l’Université de Hearst était affiliée à l’Université Laurentienne et ne pouvait pas décerner ses propres diplômes, et n’avait pas la pleine autonomie sur ses programmes et leur contenu. 

Ce projet de loi lui permettra donc de se départir de cette affiliation, mais n’implique pas nécessairement la sauvegarde des programmes supprimés à la Laurentienne. 

Cette annonce survient un peu plus d’un mois après que l’Université de Sudbury ait déclaré son intention de devenir 100% francophone, et trois jours après que la Laurentienne ait fait part de sa décision controversée de jeter aux oubliettes 69 de ses programmes académiques, dont 28 francophones. 

Dans le cadre de ce projet de loi, la Northern Ontario School of Medicine (NOSM) deviendrait elle aussi indépendante.

«Cette nouvelle indépendance garantira à chaque institution l’autonomie nécessaire pour se développer de manière à soutenir plus efficacement l’accès à la qualité de l’éducation des étudiants et des communautés de la région, a déclaré dans un communiqué le ministre des Collèges et des Universités, Ross Romano. Hearst deviendra la deuxième université autonome de langue française de l’Ontario, rejoignant l’Université de l’Ontario français.»

Pourquoi un projet de loi visant l’Université de Hearst, et non celle de Sudbury?

«Le dossier de l’Université de Hearst était beaucoup plus avancé que celui de l’Université de Sudbury. L’Université de Hearst y travaillait depuis bien avant le 1er février dernier. On m’a informé que l’Université de Sudbury travaille présentement sur sa proposition», explique au Droit Natasha Tremblay, porte-parole de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney. 

Le goût de célébrer

«C’est un peu une drôle de situation», note le recteur de l’Université de Hearst, Luc Bussières, qui souligne avoir le goût de célébrer, mais que la situation de crise à la Laurentienne rend les choses plus compliquées. 

Luc Bussières souligne que l’intention de l’Université de devenir autonome ne date pas d’hier et que pour les étudiants, «ça ne change rien, mais ça change tout». 

C’est-à-dire que le sentiment d’appartenance des étudiants envers cette institution est telle que lorsqu’ils reçoivent leur diplôme, il y a souvent «un effet de surprise» quand ils apprennent que c’est un diplôme de la Laurentienne. 

«Ils sauront dorénavant qu’ils sont inscrits auprès d’une université à part entière. Auprès de notre clientèle, les étudiants ont toujours su qu’ils étaient à l’Université de Hearst.»

En entrevue avec Le Droit, le recteur souligne que selon certains, l’Université de Hearst «est le trésor le mieux caché de l’Ontario français», invitant les gens à jeter un coup d'œil sur ce qu’offre l’institution.

«C’est sûr que c’est une bonne chose, mais c’est juste dommage que ça vienne au détriment de la Laurentienne», souligne le député responsable du dossier de la francophonie chez les néo-démocrates, Guy Bourgouin. 

Ce dernier précise toutefois que cette annonce ne change pas la position du NPD, à savoir le ministre des Collèges et des Universités Ross Roman doit être congédié. 


La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney

La ministre Mulroney répète depuis lundi que son gouvernement ne peut pas intervenir directement dans le dossier de la Laurentienne, tant et aussi longtemps que ce processus légal sera en cours. 

Mercredi soir, les élus du gouvernement fédéral ont pris part à un débat d’urgence pour discuter de la situation de crise à l'Université Laurentienne, et particulièrement pour exposer les dangers que posent la coupe des programmes en français pour la communauté francophone du nord de l’Ontario. 

«Nous devons nous assurer que [ce qui s’est passé à la Laurentienne] n’arrive plus jamais», a notamment déclaré le député fédéral libéral de Sudbury, Paul Lefebvre.

Le NPD fédéral souhaite déposer un projet de loi pour ne plus permettre aux institutions postsecondaires d’utiliser la LACC.

Réactions

«C’est sûr que c’est une bonne chose, mais c’est juste dommage que ça vienne au détriment de la Laurentienne», souligne le député responsable du dossier de la francophonie chez les néo-démocrates, Guy Bourgouin. 

Ce dernier précise toutefois que cette annonce ne change pas la position du NPD: le ministre des Collèges et des Universités Ross Roman doit être renvoyé, exige le parti.

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