46% des Québécois consomment plus de cinq portions de fruits et légumes par jour contre 44% des résidants de l’Outaouais.

L’Outaouais tire de l’arrière

C’est ce lundi que l’Association québécoise de la distribution de fruits et légumes (AQDFL) dévoile les résultats de sa première enquête sur la consommation et l’importance économique des fruits et légumes au Québec.

On y apprend notamment que l’Outaouais tire légèrement de la patte par rapport au reste de la province. En effet, 46% des Québécois consomment plus de cinq portions de fruits et légumes par jour contre 44% des résidants de l’Outaouais. 

Les cinq portions par jour en question représentent une cible que s’est fixée le gouvernement du Québec dans sa politique sur les saines habitudes de vie. Un monde parfait verrait cependant des humains engloutir quotidiennement une dizaine de portions. Une portion est en fait l’équivalent de 100 grammes.

Ce sont l’Estrie et Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine qui abritent les gourmets les plus sains: 53% de leur population consomment les cinq portions quotidiennes requises de fruits et légumes. La Mauricie et le Centre-du-Québec affichent les pires résultats avec seulement 39% des consommateurs.

Mais que les Outaouais se consolent: 57% des 35-44 ans de notre région consomment les cinq portions recommandées contre 51% pour l’ensemble du Québec dans ce même groupe d’âge. 

La grande surprise de l’étude concerne notamment les ados qui sont, en quelque sorte, les champions dégustateurs de fruits et légumes: 57% des Québécois de 12 à 19 ans consomment les cinq portions requises, contre 54% pour les ados outaouais du même âge. Il s’agit là du groupe d’âge représentant les plus gros consommateurs de ces produits. 

Au Québec, comme en Outaouais, on retombe ensuite à 45% chez les 20-34 ans. Il semblerait donc, selon la présidente-directrice générale par intérim de l’AQDFL, Johanne Desrochers, que les gens consomment davantage d’aliments sains lorsqu’ils sont sous supervision parentale et quand ils deviennent eux-mêmes, par la suite, parents, d’où une consommation accrue de fruits et légumes chez les 12-19 ans et les 35-44 ans.

De la terre à la table

L’AQDFL n’a pas mené elle-même son propre sondage pour obtenir ces chiffres; elle a plutôt été colliger des données disponibles chez Statistique Canada, à l’Institut de la statistique du Québec et au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Elle en a ensuite tiré tout ce qui pouvait toucher directement à son secteur d’activité (la filière des fruits et légumes); ce qui intéresse essentiellement ses 450 membres producteurs, transformateurs, distributeurs, grossistes et détaillants de fruits et légumes. L’AQDFL dit être un organisme sans but lucratif qui représente tous les maillons de la chaîne des intervenants, de la terre à la table.

L’enquête de l’AQDFL révèle aussi que les produits frais comptent pour 60% de la consommation au Québec, mais que la consommation des fruits congelés a connu une croissance de 13,6% en cinq ans.

L’industrie des fruits et légumes au Québec représenterait, selon l’organisme, plus de 62 000 emplois et des revenus d’impôts pour les deux gouvernements (fédéral et provincial) de près de 550 millions de dollars annuellement. 

L’AQDFL doit aussi se battre contre une panoplie de produits alimentaires artificiels et transformés qui semblent parfois plus économiques à l’achat que les fruits et légumes.

«Si dans l’imaginaire populaire, ça coûte cher manger des fruits et légumes et bien, forcément, on travaille contre nous, contre notre santé et contre des économies annuelles pour le système de santé», conclut Johanne Desrochers.

EN CHIFFRES

Pourcentage de la population qui consomme Cinq portions de fruits/légumes par jour (500 mg)


Tous les âges confondus

  • Canada: 40% de la population
  • Québec: 46%
  • Outaouais: 44%


Ados 12-19 ans

  • Québec: 57%
  • Outaouais: 54%


20-34 ans

  • Québec: 45%
  • Outaouais: 45%


35-44 ans

  • Québec: 51%
  • Outaouais: 57%