L’Outaouais réclame plus de soutien communautaire en logement

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Au moins 800 ménages à risque d’itinérance en Outaouais auraient besoin de soutien communautaire afin d’assurer leur maintien en logement, a appris Le Droit.

Le besoin a été clairement identifié il y a maintenant un an par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), qui demandait officiellement à l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, et au ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, de bonifier l’enveloppe annuelle pour le soutien communautaire en logement de 1,4 million$. Un an plus tard, la crise du logement n’a fait qu’empirer et l’argent réclamé à l’unisson par le CISSSO, les organismes communautaires qui offrent du soutien en logement et la Ville de Gatineau se fait toujours attendre. 

Une lettre d’appui signée par le maire Maxime Pedneaud-Jobin en juillet 2019, dont nous avons obtenu copie, fait état de cette demande régionale urgente. «En l’absence de ce service, ces ménages pourraient se retrouver à la rue et empirer la crise actuelle, écrivait le maire de Gatineau. […] Il importe que la demande formulée par le CISSSO soit traitée avec diligence afin que nous puissions garantir l’accès à un logement à tous nos citoyens, incluant les plus vulnérables.»

Les récents ajouts annoncés par Québec dans le Programme de soutien au logement (PSL) qui permet à plus de gens à faible revenu de bénéficier d’un logement dans le secteur privé ne sont pas d’une grande utilité pour les clientèles plus vulnérables si ce n’est pas accompagné du soutien communautaire adéquat, martèlent les organismes en logement. Un argument auquel le maire Pedneaud-Jobin a fait écho la semaine dernière. 

Mathieu Lacombe

Interpellé dans la foulée de la présentation du tout premier plan d’action en itinérance présenté par la commission Gatineau, ville en santé, la semaine dernière, ainsi qu’au sujet de cette demande de 1,4 million$ provenant du CISSSO et du milieu communautaire, le ministre Mathieu Lacombe a décliné notre demande d’entrevue. Dans une réponse écrite, il jette le blâme sur les gouvernements précédents qui, selon lui, «n’ont pas répondu présents lorsque les acteurs soulevaient les problématiques au cours des dernières années».

Il note les nombreux investissements d’urgence réalisés par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté pendant la crise sanitaire et se réjouit de l’annonce faite, ce mardi, par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, qui permettra le versement de 225 millions$ en matière de logements communautaires. Le porte-parole de la Société d’habitation du Québec (SHQ), Sylvain Fournier, précise toutefois que ces fonds serviront essentiellement à la construction et la rénovation de logement communautaires, et non pas à financer les services de soutien qui y seront offerts. Ces services doivent plutôt faire l’objet d’entente entre les organismes et le ministère de la Santé.

Le ministre Lacombe assure que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) comprend l’importance de la lutte à l’itinérance. «Je suis heureux de constater que les organismes, le CISSS de l’Outaouais et la Ville de Gatineau se sont maintenant dotés d’un plan commun en matière de lutte à l’itinérance», a-t-il écrit en faisant référence au cadre de référence et au plan d’action municipal présentés la semaine dernière par la conseillère Renée Amyot. «Une fois le plan adopté par le conseil, je serai disponible, comme toujours, pour discuter de quelle façon notre gouvernement pourra soutenir sa réalisation», a-t-il précisé.

Le caucus régional de la CAQ doit par ailleurs rencontrer les dirigeants du Gîte Ami au cours des prochains jours afin de discuter d’un projet d’hébergement transitoire qui est actuellement dans les cartons de l’organisme. «Nous serons disposés à poursuivre les échanges afin de discuter de solution pour l’itinérance dans la région de l’Outaouais», a ajouté M. Lacombe.