Charlotte L'Écuyer, ex-députée de Pontiac et ancienne adjointe parlementaire du ministre de la Santé.

L'Outaouais «a atteint le fond du baril», dit Charlotte L'Écuyer

Les résidents de l’Outaouais «n’ont pas les services de qualité auxquels ils auraient droit et certains en meurent», dénonce l’ex-députée de Pontiac et ancienne adjointe parlementaire du ministre de la Santé, Charlotte L’Écuyer.

Les révélations des derniers jours sur les décès ayant fait l’objet de recommandations de coroners au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ont fait réagir l’ancienne députée, qui a rédigé une lettre ouverte dans laquelle elle s’en prend, entre autres, aux décisions gouvernementales.

En entrevue, Mme L’Écuyer ne se fait pas plus tendre à l’endroit du réseau régional de la santé et de la plus récente fusion des établissements, en 2015.

«Ils ont tué l’âme des organisations, dans les milieux ruraux et dans le milieu urbain, lance celle qui a représenté la circonscription de Pontiac à l’Assemblée nationale de 2003 à 2014. Ça va prendre des années à reconstruire cette synergie qui passait entre les intervenants. [...| Ça ne peut pas aller plus loin que c’est là, je pense qu’on a atteint le fond du baril.»

Mme L’Écuyer, qui a été pendant quelques mois l’adjointe parlementaire de Philippe Couillard à l’époque où ce dernier était ministre de la Santé, estime que «si nos décideurs prenaient le temps de bien écouter ce que les gens ont à dire, ce que les familles ont à dire, [...] peut-être qu’il y aurait des changements».

Elle critique également le travail de ses anciens collègues députés de la région. «Je m’attendrais à ce qu’ils nous défendent plus», a laissé tomber Mme L’Écuyer.

Dans sa lettre ouverte, l’ancienne députée attaque aussi le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, et le directeur des services professionnels de l’organisation, le Dr Guy Morissette.

«Tels deux apprentis sorciers, voilà que le Dr Morissette et Jean Hébert se retrouvent avec la baguette magique et commencent l’expérimentation sur l’organisation des services offerts : on tâtonne, on réorganise les accès, on ferme des lignes de chirurgies, on centralise toutes les demandes de services médicaux et sociaux de toutes les régions et les gens se retrouvent sur des listes d’attente et quand cela ne fonctionne pas, on s’excuse des ratés, on dit apporter les modifications nécessaires et rien ne s’améliore... mais contrairement à l’apprenti sorcier de Walt Disney, cela ne se termine pas par une danse de seaux d’eau dans les escaliers, mais par la mort évitable de personnes», écrit Mme L’Écuyer.