Joshua Boyle à son arrivée à Toronto, vendredi.

L'otage canadien et sa famille de retour au Canada

Le Canadien, sa femme américaine et leurs trois enfants qui ont passé plusieurs années entre les mains d’un groupe lié aux talibans sont arrivés au Canada, vendredi soir.

Deux responsables pakistanais de la sécurité avaient plus tôt annoncé que Joshua Boyle, Caitlan Coleman et leurs enfants étaient partis par avion d’Islamabad, mais ils n’avaient rien dit de leur destination.

La famille devait être accueillie par la famille de Joshua Boyle, qui habite à Smiths Falls, en Ontario.

Dans un communiqué de presse remis à l’Associated Press, M. Boyle a déclaré que lui et sa famille avaient fait preuve «d’une résilience sans précédent et de détermination» au cours de leur captivité.

Le gouvernement canadien a publié vendredi soir un communiqué de presse pour déclarer qu’il se joignait à la famille de Joshua Boyle «afin de souligner le retour tant attendu de ses proches au Canada». Il a souligné que le Canada «a joué un rôle actif à tous les niveaux dans le dossier de M. Boyle, et il continuera de le soutenir, lui et ses proches, maintenant qu’ils sont revenus au pays».

Joshua Boyle et Caitlan Coleman ont été enlevés il y a cinq ans, lors d’un voyage en Afghanistan, et ont eu trois enfants pendant sa captivité. Mme Coleman était déjà enceinte au moment de leur enlèvement.
Le couple et leurs enfants étaient détenus par le réseau Haqqani.

Joshua Boyle et Caitlan Coleman ont été enlevés il y a cinq ans, lors d’un voyage en Afghanistan, et ont eu trois enfants pendant sa captivité. Mme Coleman était déjà enceinte au moment de leur enlèvement.

Patrick Boyle, le père de Joshua, a dit que la famille est en sécurité, «mais épuisée».

«[Joshua] nous a dit qu’ils sont debout depuis mardi, donc il est très content, mais il n’a plus d’énergie», a dit M. Boyle.

Furieux

Les parents de Mme Coleman ont quant à eux affiché une déclaration sur la porte de leur maison en Pennsylvanie, écrivant qu’ils appréciaient «tout l’intérêt et les préoccupations exprimées après l’heureuse nouvelle voulant que Caity, Josh et nos petits-enfants aient été libérés après cinq longues années de captivité».

Le père de Mme Coleman a toutefois admis être furieux envers le mari de sa fille.

«D’amener une femme enceinte dans un endroit très dangereux, pour moi, et le genre de personne que je suis, c’est inacceptable», a-t-il déclaré au réseau ABC.

Selon le plus haut représentant du Pakistan au Canada, Tariq Azim Khan, l’armée pakistanaise a pris connaissance de l’endroit où se trouvait la famille grâce à des informations des services secrets américains, et a agi rapidement par la suite.

Le haut-commissaire a décrit une scène dramatique avec des échanges de coups de feu, alors que la famille était transportée dans le coffre d’une fourgonnette par ses ravisseurs. La confrontation entre le commando militaire et les ravisseurs aurait eu lieu sur une route près de Nawa Kili, dans la région de Kohat, au nord-ouest du Pakistan.

M. Boyle aurait été blessé par des éclats de métal. Il a décrit à ses parents une fusillade qui a coûté la vie à plusieurs de leurs ravisseurs, et les derniers mots prononcés par un d’entre eux: «Tuez l’otage».

Changement de plans

Les États-Unis avaient prévu rapatrier la famille depuis le Pakistan dans un avion américain, mais à la dernière minute, Joshua Boyle a refusé de monter à bord puisque l’avion se rendait à la base aérienne de Bagram, a indiqué à l’Associated Press un responsable de la sécurité nationale américaine sous le couvert de l’anonymat.

Un autre responsable américain a déclaré que M. Boyle était nerveux à l’idée d’être mis en «détention» compte tenu de ses antécédents.

L’homme était auparavant marié à la soeur d’Omar Khadr, ce citoyen canadien qui a été emprisonné pendant 10 ans au camp militaire américain de Guantanamo après avoir été capturé en 2002 lors d’un échange de tirs à proximité d’un camp d’Al-Qaïda en Afghanistan.

Les responsables ont écarté tout lien entre ce passé et la capture de M. Boyle. Un responsable a décrit cela comme une «horrible coïncidence».