Selon Kaeleigh MacDonald, une bénévole qui a déjà eu recours au service de l’organisme, Fertility Matters est unique en aidant les personnes vivant dans des régions éloignées du pays à obtenir de l’aide et de l’information sur l’infertilité.

L’organisme Fertility Matters est dans une situation désespérée

L’avenir de Fertility Matters Canada, une des rares organisations pancanadiennes qui viennent en aide aux couples aux prises avec des problèmes de fertilité, est sombre.

« Nous sommes dans une situation désespérée, reconnaît Darlene Tozer de l’organisme. Nous devons trouver de nouvelles sources de revenus. Nous devons trouver de nouvelles occasions au-delà de nos adhésions et de nos dons, pour lesquels nous sommes extrêmement reconnaissants. Mais cela ne suffit plus si nous voulons poursuivre. »

Selon Kaeleigh MacDonald, une bénévole qui a déjà eu recours au service de l’organisme, Fertility Matters est unique en aidant les personnes vivant dans des régions éloignées du pays à obtenir de l’aide et de l’information sur l’infertilité.

« Si on vit au Yukon, et on n’a pas accès à un groupe de soutien, on peut s’inscrire à un groupe de soutien en ligne, dit-elle. Si on habite à Toronto, on peut s’informer des différents types de cliniques présentes dans la région. »

L’organisme était établi à Moncton, au Nouveau-Brunswick. 

Mme Tozer mentionne qu’il aide également les personnes à la recherche de donneurs d’ovules et de sperme ainsi que des membres de la communauté LGBTQ voulant adopter un enfant ou trouver des mères porteuses.

Pour ce faire, Fertility Matters repose non seulement sur des dons, mais aussi sur des adhésions venant de cliniques, de professionnels, comme des avocats spécialisés en droit de la maternité, et des parrainages de sociétés pharmaceutiques.

« Malheureusement, au cours des deux dernières années, nous avons constaté que quelques cliniques de fertilité n’avaient pas renouvelé leur adhésion et qu’il est de plus en plus difficile d’obtenir des fonds de commandite provenant de produits pharmaceutiques », raconte Mme Tozer.

L’organisation a dû renoncer à ses bureaux, l’an dernier. Ses cadres ont commencé à travailler de chez eux. Un poste administratif a également été éliminé.

Mme Tozer dit avoir rencontré récemment le cabinet de la ministre fédérale de la Santé, mais on lui a indiqué qu’on n’avait pas d’argent pour aider Fertility Matters.

« Il va faire un peu de recherche pour vérifier des subventions gouvernementales pourraient être éventuellement disponibles, mais, essentiellement, on m’a dit qu’il n’y avait pas de financement, relate-t-elle. C’est regrettable, car près de six millions de personnes au Canada sont aux prises avec des problèmes de fertilité. C’est une bonne partie de la population canadienne. »

Leur nombre a également doublé depuis les années 1980.

Le cabinet de la ministre de la Santé dit comprendre la situation difficile à laquelle était confrontée Fertility Matters Canada avant de faire observer que l’infertilité était une question d’ordre médicale qui relevait de la compétence des provinces.

Le Canada n’a pas de couverture universelle pour les traitements de fertilité assistée tels que la fécondation in vitro (FIV) et les gens peuvent dépenser jusqu’à 15 000 $ par cycle, selon la province où ils habitent.

Seul l’Ontario couvre le premier cycle de FIV, tandis que le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et le Québec offrent des subventions ou des crédits d’impôt pour couvrir certains frais.

Le Dr Anthony Cheung, un spécialiste établi à Vancouver, croit que la fécondité devait être davantage intégrée au système de santé publique, ajoutant que les traitements étaient couverts en Australie et dans de nombreux pays européens.

Selon le professeur de l’Université de la Colombie-Britannique, l’infertilité n’est pas considérée comme une maladie aiguë et qu’elle ne constitue donc pas toujours une priorité en matière de financement. 

Cela peut causer une grave détresse émotionnelle et affecter le bien-être à long terme de quelqu’un.

« Certaines personnes perçoivent l’infertilité comme un cancer », dit-il.

Une étude américaine portant sur près de 500 femmes a révélé que celles atteintes d’infertilité étaient aussi anxieuses ou déprimées que les patientes atteintes d’un cancer, d’hypertension ou en convalescence après une crise cardiaque.