«Je suis satisfaite. Je pense que leur position s'est adoucie», a affirmé la propriétaire de la boutique Delilah (in the Parc), Eva Cooper.

L'OQLF retire sa plainte

L'Office québécois de la langue française (OQLF) retire sa plainte visant une commerçante de Chelsea.
La propriétaire d'une boutique de vêtements, Eva Cooper, pourra continuer de privilégier l'anglais dans ses publications sur la page Facebook de son commerce, mais devra à tout le moins ajouter du contenu en français lorsqu'elles sont de nature publicitaire.
«Je suis satisfaite. Je pense que leur position s'est adoucie», a commenté Mme Cooper.
La Charte de la langue française prévoit que «les catalogues, les brochures, les dépliants, les annuaires commerciaux et toute autre publication de même nature doivent être rédigés en français». Pour l'OQLF, l'expression «toute autre publication» étendait donc son application sur Internet, ce que contestait la propriétaire de la boutique Delilah (in the Parc).
Après tout le battage médiatique autour de cette affaire, les exigences de l'OQLF ont maintenant diminué constate-t-elle.
«On m'a dit que je pouvais continuer d'écrire mes messages en commençant en anglais. Ce n'est pas nécessaire que le français soit sur un pied d'égalité quand ce sont des publications sur Facebook», affirme-t-elle, relatant sa conversation avec un agent de l'OQLF.
Or, selon la Charte de la langue française, le français doit toujours «figurer d'une façon au moins aussi évidente que toute autre langue».
Cas par cas
L'office refuse de croire à un recul de sa part, même si la version d'un porte-parole dans une entrevue avec LeDroit contredit l'entente avec Mme Cooper.
«Nous faisons du cas par cas, a indiqué un porte-parole de l'office, Jean-Pierre Le Blanc. Dans ce cas, il n'y a pas à avoir une prédominance du français. Le français doit figurer de façon au moins aussi évidente.»
Mme Cooper espère que son histoire aidera à éclaircir les règles sur l'affichage commercial sur les médias sociaux, qu'elle considère toujours floues.
La loi étant écrite il y a plus de 40 ans, elle ne pouvait prévoir l'arrivée des nouvelles technologies. L'OQLF tente aujourd'hui d'éclaircir cette zone grise.
Le président d'Impératif français juge sévèrement le recul de l'OQLF, se disant surpris de son interprétation de la loi.
«L'office accouche d'une formule qui ne reconnaît pas l'esprit de la Charte, soutient-il. Il trouve toujours une excuse pour ne pas agir quand ça chauffe. Il remplit mal son mandat. On est dans une région où on a besoin d'un organisme qui se tient debout.»
gstpierre@ledroit.com