Le centre de détention d'Ottawa-Carleton

L'Ontario sommé de cesser d'isoler ses détenus atteints de maladie mentale

La Commission ontarienne des droits de la personne interpelle le gouvernement provincial pour qu'il cesse ses pratiques d'isolement des détenus atteints de maladie mentale, sauf dans le cas de circonstances exceptionnelles.
Une plainte a été déposée au Tribunal des droits de la personne de l'Ontario, alléguant que le gouvernement a transgressé un accord conclu en 2013 qui exigeait la mise en place de réformes majeures concernant l'isolement de détenus.
Le conseiller indépendant pour la réforme des services correctionnels dans la province a proposé dans un rapport préliminaire, en mai, de mettre fin aux pratiques d'isolement des détenus qui ont des problèmes chroniques d'automutilation, des tendances suicidaires et un diagnostic de maladie mentale grave.
Selon le conseiller indépendant Howard Sapers, malgré la révision des politiques d'isolement en 2015, incluant celles concernant les détenus atteints de maladie mentale, la proportion de ces détenus placés en isolement a continué d'augmenter.
Ces modifications aux pratiques carcérales faisaient suite à une entente concernant les droits de la personne conclue entre le gouvernement provincial et une femme atteinte de maladie mentale qui avait été maintenue en isolement durant 200 jours au Centre de détention d'Ottawa-Carleton.
La Commission ontarienne des droits de la personne allègue que l'Ontario a enfreint cette entente juridiquement contraignante en ne s'assurant pas que les détenus qui souffrent de troubles mentaux ne soient pas placés en isolement à moins que l'on démontre que toutes les autres options ont été envisagées.
La ministre des Services correctionnels, Marie-France Lalonde, s'est dite profondément préoccupée par le problème soulevé par la commission et s'est engagée à mettre en place toutes les solutions prévues dans l'accord.