De 1924 à son décès en 1958, le journaliste Victor Barrette (qu'on voit ici en 1955) fut l'«Oncle Jean» de tous les élèves de l'Ontario français et de l'Outaouais.
De 1924 à son décès en 1958, le journaliste Victor Barrette (qu'on voit ici en 1955) fut l'«Oncle Jean» de tous les élèves de l'Ontario français et de l'Outaouais.

L'«Oncle Jean», une figure légendaire du Droit

Philippe Orfali
Philippe Orfali
Le Droit
Décédé il y a 55 ans aujourd'hui, Victor Barrette fut, pendant près de quatre décennies, une figure légendaire à la fois du Droit et de l'Ontario français dans son ensemble. Retour sur la vie de celui que tous connaissaient sous le pseudonyme de l'Oncle Jean.
De 1924 à son décès en 1958, le journaliste Victor Barrette fut l'« Oncle Jean » de tous les élèves de l'Ontario français et de l'Outaouais. Un nom de plume d'abord, mais également un personnage.
Entré au Droit en 1921 à l'invitation du directeur Esdras Terrien, cet enseignant de formation consacrera l'essentiel de sa vie au quotidien de langue française de la capitale, sans jamais délaisser son rôle d'éducateur et de pédagogue.
À une époque où le journal était à la fois quotidien d'information et principal outil de transmission de la langue dans de nombreuses familles, l'Oncle Jean était connu dans toutes les chaumières canadiennes-françaises, se remémore Royal Galipeau, aujourd'hui député fédéral d'Ottawa-Orléans, qui l'a connu dans sa jeunesse.
« Pour [nous], écouter des vieux de son âge parler, ce n'était pas intéressant. Sauf pour lui ! Quand il communiquait, tout le monde l'écoutait », se rappelle-t-il.
De nombreuses publications francophones avaient à l'époque leur page écolière, dont la mieux connue demeure le « Royaume des enfants » du Droit.
« En plus de ses chroniques éducatives et de ses colonnes réservées à une correspondance avec ses jeunes lecteurs, l'Oncle Jean anime plusieurs mouvements patriotiques auprès de la jeunesse canadienne-française », souligne le Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa.
Au-delà des chroniques, l'Oncle Jean assume par exemple le rôle d'animateur principal des « sections juvéniles » de la Société Saint-Jean-Baptiste, sorte de clubs scolaires en Ontario français et dans l'Ouest québécois.
Un homme plus qu'apprécié
En 1947, des élèves de tout l'Ontario français manifestent en son honneur dans les bureaux du journal, angle Dalhousie et George. « Dieu a fait Le Droit et dans les conditions les plus extraordinaires. Il faut vénérer le nom du Droit qui fut votre vaillant défenseur de la langue française, de vos libertés scolaires, de vos inspecteurs, de votre école normale (N.D.L.R. : la faculté d'éducation) », déclare-t-il alors. Trois ans plus tard, les élèves de l'Ontario français se cotisent et lui payent un voyage au Vatican, où il rencontrera le pape, selon des coupures de presse de l'époque.
Rédacteur prolifique, il dirige au fil des années, souvent simultanément, les pages agricole, littéraire, religieuse, cinéma, éducation, jeunesse et féminine du journal.
Fervent catholique, Victor Barrette encourage, par l'entremise des sections scolaires, l'érection de centaines de croix de chemin à proximité des écoles de langue française.
En 1958, l'Oncle Jean prend sa retraite. C'est l'Oncle Gérald (Boutet) qui prend alors la relève au « Royaume des enfants ».
Victor Barrette décède peu de temps après.
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