Les ex-commissaires de la CSCV ont voulu prendre la parole publiquement pour une dernière fois, lors d’une assemblée « symbolique », mercredi soir.
Les ex-commissaires de la CSCV ont voulu prendre la parole publiquement pour une dernière fois, lors d’une assemblée « symbolique », mercredi soir.

Loi 40: une dernière prise de parole publique

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
D’anciens élus de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées ont pris la parole publiquement pour une dernière fois, mercredi soir à Buckingham, lors d’une « assemblée symbolique » organisée dans la foulée de la loi 40 adoptée sous bâillon le 8 février dernier et dont le libellé a mis abruptement fin aux commissions scolaires pour en faire d’éventuels centres de services scolaires.

Afin d’assurer la transition de la nouvelle structure de gouvernance, les commissaires scolaires formeront jusqu’au 30 juin des comités-conseils qui ont un simple pouvoir de recommandations auprès de la direction générale, après quoi des conseils d’administration formés de parents, de membres issus de la communauté et de membres du personnel assureront la gestion des nouveaux centres de services au Québec.

Dix des quatorze anciens commissaires de la CSCV ont tenu à siéger une dernière fois devant le public dans le but d’exprimer leur mécontentement et leur vision de la nouvelle structure de gouvernance scolaire mise en place par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

« On était un conseil qui voulait communiquer avec la population. On voulait faire une reddition de compte. C’était important pour nous et on prenait ça à cœur. Là, tout d’un coup, on nous a aboli du jour au lendemain et nous a enlevé ce droit de parole. Nous, on a refusé de se faire enlever ce droit de parole là et on l’a récupéré par nous-mêmes », a lancé l’ancien vice-président de la CSCV, Sylvain Tremblay, mercredi soir, pour justifier la tenue de cette rencontre. L’ancien président de la CSCV, Éric Antoine, était absent de la séance, lui qui se trouvait à l’extérieur de la région pour des raisons professionnelles.

Le mot « déception » est revenu à plus d’une occasion lors des prises de parole. Le commissaire de longue date, Jacques D’Aoûst, a profité de la tribune pour décocher une flèche à l’endroit du milieu municipal. L’ancien élu a fait un bref retour sur la tentative de refonte des élections scolaires qui avait été évoquée il y a quelques années et qui proposait une élection municipale et scolaire conjointe.

« On a vu le monde municipal, avec les années, tourner le dos à une élection possible conjointe, et au lendemain de l’adoption de la loi 40, on voit le monde municipal qui est très déçu de la tournure. Pour moi, les larmes de crocodile arrivent un peu tard », a-t-il lancé.

Les ex-commissaires présents ont tenu à manifester leur désir de vouloir continuer à s’engager dans les activités scolaires. Ils ont également fait valoir qu’ils allaient travailler pour assurer une transition dans le bon ordre.

L’heure était également au bilan. « Nous sommes fiers de notre bilan. Nous avons passé à travers des années de compressions qui nous forcé à faire des déficits et des plans de redressement. Malgré ces temps difficiles, nous avons réussi à maintenir intact le service aux élèves », a déclaré M. Tremblay.

Ce dernier a précisé que le comité-conseil va poursuivre la tenue de ses rencontres mensuelles et continuer de soumettre des résolutions de recommandations à la direction générale jusqu’à l’arrivée des conseils d’administration, l’été prochain.