Le président du conseil d'administration de la Soupe populaire, Paul Surprenant, admet que le concept de mixité sociale demandé par la Ville de Gatineau au sein de l'immeuble semble éloigner des locataires potentiels.
Le président du conseil d'administration de la Soupe populaire, Paul Surprenant, admet que le concept de mixité sociale demandé par la Ville de Gatineau au sein de l'immeuble semble éloigner des locataires potentiels.

Locataires recherchés au centre-ville

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Beaux logements flambant neufs en plein coeur du centre-ville et au loyer un peu en bas du prix moyen exigé par le marché cherchent locataires prêts à vivre en harmonie avec gens fragilisés et à faible revenu.
Si la Soupe populaire de Hull avait eu à publier une petite annonce pour combler les neuf logements encore vacants dans son tout nouvel immeuble du 297, boulevard des Allumettières, elle aurait ressemblé à ça.
Le président du conseil d'administration de la Soupe populaire, Paul Surprenant, admet que le concept de mixité sociale demandé par la Ville de Gatineau au sein de l'immeuble semble éloigner des locataires potentiels.
Ce dernier a cependant de la difficulté à comprendre pourquoi.
«La mixité sociale nous y croyons, dit-il. Ça vaut la peine de l'essayer et nous allons continuer à travailler dans le même sens. Nous nous attendions à rencontrer ce genre de difficultés, mais nous sommes d'accord avec le concept et son importance pour l'avenir du centre-ville.»
Concept unique
Le concept de ce nouvel immeuble de quatre étages comprenant 27 logements qui a poussé dans le paysage du centre-ville de Gatineau est unique en son genre.
Le rez-de-chaussée sera occupé par la Soupe populaire de Hull. Le deuxième étage qui compte neuf logements sera occupé par des femmes fragilisées qui auront été recommandées par divers organismes communautaires. Le troisième étage est réservé aux personnes de 55 ans et plus à faible revenu.
«Ces étages sont complets, mais nous avons de la difficulté à trouver des locataires pour le quatrième étage, qui lui est réservé à Monsieur et Madame Tout-le-monde, note Élaine Marcil, membre du conseil d'administration de l'organisme.
«On dirait que les gens ont peur de vivre en mixité. Pourtant, tous les locataires de l'immeuble ont dû passer des entrevues. Ce sont tous du bon monde. Ce n'est vraiment pas pire que dans un autre immeuble à logement. Les logements sont neufs, très éclairés et les locataires de l'immeuble ont une entrée séparée de la Soupe populaire. Je peux comprendre que certains aient quand même une réticence, mais elle n'est vraiment pas fondée.»
M. Surprenant précise que l'ouverture officielle de l'immeuble doit avoir lieu vers le 10 juin prochain.
Mixité, la Ville y tient
La conseillère du quartier, Denise Laferrière, indique que la Ville de Gatineau n'a pas l'intention de lancer la serviette si tôt.
«Nous tenons au concept de mixité et je suis certaine que des gens seront prêts à embarquer dans le projet, lance-t-elle. Ce qui fait qu'un centre-ville a du caractère et une identité c'est justement sa mixité. Plus on y rencontrera des gens de tous les horizons, plus les discussions et les rencontres qui s'y feront seront riches. Il faut absolument considérer la mixité sociale comme un plus et non pas comme un élément négatif. Ça va nous donner un centre-ville plus dynamique et avec des gens plus tolérants.»