Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, admet que l’administration et l’ancien conseil ont « erré » en mettant uniquement l’emphase sur la livraison des projets.

Livraison des projets d’infrastructures: les perceptions ont été faussées

Tout ce que les Gatinois ont lu et entendu concernant la capacité de la Ville de Gatineau à livrer ses projets d’infrastructures doit aujourd’hui être pris avec un énorme grain de sel. Les données en la matière fournies par les services municipaux depuis deux ans ont carrément faussé la perception, allant jusqu’à contaminer les citoyens, les médias et même les élus.

En mars dernier, Le Droit publiait un article dont les données provenaient d’un document distribué aux élus qui révélait que seulement 47 % des travaux prévus au calendrier en 2017 allaient être réalisés dans l’année en cours. 

Le candidat à la mairie, Denis Tassé, a basé une grande partie de sa campagne électorale sur cette donnée, notamment pour attaquer son adversaire Maxime Pedneaud-Jobin. 

Dans les faits, il n’était pas faux de dire que moins de la moitié des travaux annoncés en 2017 serait livrée dans la même année. Toutefois, cette donnée ne peut pas être utilisée seule comme un indicateur de la performance du service des travaux publics puisque certains travaux, de par leur nature, peuvent s’échelonner sur plusieurs années. 

Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, admet que l’administration et l’ancien conseil ont « erré » en mettant uniquement l’emphase sur la livraison des projets. « Il faut bien comprendre qu’il y a différentes phases dans un projet, a-t-il insisté. Tout ramener à la réalisation d’un projet est une mauvaise référence. Un projet, ça commence par la conception, vient ensuite la planification, la réalisation et la livraison. Peut-être que dans nos calendriers nous étions près de 100 % à chacune des étapes. »

Cette erreur de communication de l’administration municipale n’explique cependant pas tout. Des problématiques de ressources humaines ont réellement causé des retards dans la réalisation de certains projets, admet l’administration. Il est cependant difficile aujourd’hui de préciser avec rigueur la capacité du service des infrastructures à livrer son carnet de commandes. Un bilan plus précis et plus collé sur la réalité doit être présenté aux élus l’an prochain.