L'intérêt pour le français hors Québec plus fort que jamais

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
L'intérêt des Québécois francophones pour la cause des francophones hors-Québec atteint des sommets, à en croire la réaction du président de l'Assemblé de la francophonie de l'Ontario (AFO) à un récent sondage.
Denis Vaillancourt s'est dit « surpris » d'apprendre que près de 80 % des Québécois francophones sont en accord avec l'idée que le Québec devrait s'intéresser à la protection de la langue française dans les communautés francophones hors du Québec. Il s'agit selon lui d'un renversement de la tendance, après plusieurs années d'indifférence.
« Je suis heureux de voir ça, c'est une nouvelle tendance », estime M. Vaillancourt. L'intérêt renouvelé des derniers gouvernements à l'Assemblée nationale du Québec - tant péquistes que libéraux - explique selon lui, du moins en partie, que la population du Québec tende maintenant une oreille plus attentive à leurs homologues des autres provinces.
Mais il resterait tout de même encore un long chemin à parcourir avant qu'une majorité de Québécois ne reconnaisse « l'ampleur » et la « vigueur » des communautés franco-ontariennes.
« Possiblement que plus on va vers l'est du Québec, moins monsieur et madame Tout-le-monde est au courant que nous sommes aussi présents », soutient-il.
Le sondage La Presse - Angus Reid réalisé les 9 et 10 février portant sur la question de la langue révèle que les Québécois sont de loin les plus motivés à parler les deux langues officielles, avec 84 %. Ironiquement, ils sont aussi les moins nombreux à croire qu'ils habitent un pays bilingue. Seulement 45 % d'entre eux estiment que le Canada est bilingue, alors que c'est l'avis de 70 % des Ontariens.
Unis pour la francophonie
Il est grand temps que les Québécois et les Franco-ontariens se mettent à travailler ensemble pour la « survie de la francophonie d'Amérique », plaide M. Vaillancourt.
« Je crois que le Québec a tout intérêt à s'intéresser aux communautés francophones hors Québec et vice-versa, affirme M. Vaillancourt. Quand on parle de créer un espace francophone en Amérique et de valoriser la langue, on ne peut pas ne pas être allié pour y parvenir. »
Sur la question de la loi 101, M. Vaillancourt se range du côté de la majorité des Québécois.
« Je ne suis pas d'accord avec la position de Maxime Bernier », laisse-t-il tomber. « Le Québec a besoin de sa loi 101 pour rappeler que le fondement de la province est francophone. »
M. Vaillancourt met en garde les Québécois, qui ont tendance à se fier à la loi 101 un peu trop à son goût pour la sauvegarde de leur langue.
Contrairement à la majorité des Québécois, M. Vaillancourt croit fermement que son pays est bilingue, mais comme ses homologues de la belle province, il refuse que sa langue « soit reléguée au rang du multiculturalisme, comme c'est souvent le cas dans les provinces de l'ouest. »
« Je crois fermement que le Canada est né de deux peuples fondateurs égaux », argue-t-il.