Le Bureau d'assurance du Canada soutient qu'il est beaucoup trop tôt pour estimer les indemnités qui seront versées dans la région.

L'importance des avenants

Alors que plusieurs centaines de résidents n'ont eu d'autre choix que de délaisser leur maison en raison des inondations des deux côtés de la rivière, le Bureau d'assurance du Canada (BAC) tient à rappeler que ce n'est pas parce que l'état d'urgence n'a pas été déclaré que les sinistrés assurés ne peuvent pas réclamer certains frais de subsistance tels que la location d'une chambre d'hôtel. Et l'inverse est aussi vrai.
«Qu'il y ait état d'urgence ou non, ça ne change rien car c'est ce qui est écrit dans la police d'assurance qui va dicter les réclamations», souligne le directeur des communications et des affaires publiques au BAC, Pierre Babinsky, ajoutant qu'il y a eu une certaine désinformation à ce sujet ces derniers jours. 
Il précise que ces dépenses additionnelles pourraient être couvertes dans des cas précis, par exemple si notre demeure n'est plus utilisable ou encore si jamais les autorités bloquent l'accès à celle-ci, dans un cas comme dans l'autre en raison d'un risque assurable. La facture pourrait également être refilée à l'assureur s'il y a ordre d'évacuation, une mesure à ne pas confondre avec l'état d'urgence, prévient le BAC.
Mais quel que soit le scénario qui s'applique, affirme M. Babinsky, encore faut-il que l'assuré se soit prémuni dans son contrat d'une clause liée aux débordements de cours d'eau. Sinon, il ne sera pas remboursé. «Il faut savoir que les exclusions au contrat s'appliquent aussi à cette alinéa», dit-il.
Or, ce type de protection n'est offerte que depuis environ un an par certains assureurs au pays, si bien qu'à peine 10% des assurés ne l'exigent. La mesure est encore plus récente au Québec, où quelques compagnies d'assurance (comme Intact et Desjardins) ne l'offrent que depuis deux mois à peine. Chaque assureur a sa propre stratégie et est libre de l'offrir à sa clientèle ou non. 
D'après M. Babinsky, qui soutient qu'il est beaucoup trop tôt pour estimer les indemnités qui seront versées dans la région, on pourrait donc s'attendre à ce qu'environ 1 à 5% des assurés parmi les sinistrés à Gatineau et Ottawa aient une telle protection dans leur contrat. 
Les feux de forêts destructeurs de Fort McMurray ont beau s'avérer la catastrophe la plus coûteuse de l'histoire du pays pour les assureurs (3,5 milliards $), le BAC rappelle que les dégâts reliés à l'eau sont ceux qui coûtent le plus cher aux compagnies d'assurance.
«Pour chaque dollar versé, 50 cents vont aux dégâts d'eau», de dire Pierre Babinsky.