Le maire Jim Watson a travaillé avec les élus de l’est d’Ottawa pour trouver un compromis dans le dossier des limites de quartier de Cumberland.
Le maire Jim Watson a travaillé avec les élus de l’est d’Ottawa pour trouver un compromis dans le dossier des limites de quartier de Cumberland.

Limites de quartier: un compromis qui polarise à Cumberland

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Le compromis de dernière minute adopté cette semaine pour éviter de diluer une bonne partie de la population francophone de l’ex-canton de Cumberland au sein du quartier d’Osgoode suscite des réactions polarisées dans l’est d’Ottawa.

L’option recommandée par les consultants embauchés par la Ville séparait en deux l’actuel quartier de Cumberland, celui avec le plus de francophones par habitant. La zone suburbaine du quartier devenait son propre district électoral et la zone rurale était intégrée à l’actuel quartier Osgoode.

Les élus de l’est d’Ottawa Catherine Kitts (Cumberland), Matthew Luloff (Orléans), Laura Dudas (Innes) et George Darouze (Osgoode) ont travaillé avec le maire pour trouver un compromis qui a été adopté par le Comité des finances et du développement économique mardi. Au futur quartier formé de la zone suburbaine de Cumberland, on a greffé le territoire qui se trouve au sud de la promenade Wilhaven à l’ouest du chemin Canaan, ainsi que celui au sud du chemin Russell à l’est du corridor de VIA Rail et du chemin Milton.

La conseillère Catherine Kitts

Les secteurs de Sarsfield, Navan et Notre-Dame-des-Champs demeurent donc attachés avec la zone suburbaine de l’actuel quartier Cumberland.

« C’était parti pour être un désastre cette affaire-là, s’exclame l’ex-ministre fédéral Don Boudria. Qu’est-ce qu’une personne de Sarsfield ou de Notre-Dame-des-Champs a en commun avec quelqu’un qui vit à Kenmore ? Je parie que la plupart des gens dans cette région-là ne pourraient pas épeler Notre-Dame-des-Champs ! »

« C’est un compromis qui a du sens étant donné les circonstances actuelles, soutient de son côté la présidente de l’Association communautaire de Sarsfield, Caroline Etter. J’étais vraiment heureuse de voir que le maire a pris l’enjeu francophone au sérieux. »

La réaction est toute autre à Carlsbad Springs qui — avec le secteur de Vars — serait tout de même fusionnée à Osgoode si le conseil municipal approuve les nouvelles limites de quartiers adoptées par le Comité des finances cette semaine.

« Ça ne fait aucun sens. Je suis très émotif là-dessus, c’est la façon qu’ils ont pris une décision, on dirait, sans consultation qui m’insulte », soutient le président sortant de l’Association communautaire de Carlsbad Springs, Denis Labrèche.

Mains liées

La conseillère de Cumberland, Catherine Kitts, dit avoir offert son soutien aux changements proposés par ses collègues afin de respecter les promesses faites aux électeurs durant la campagne pour l’élection partielle d’octobre dernier, soit de faire tout en son possible pour éviter la fusion entre la zone rurale de Cumberland et le quartier Osgoode.

« J’aurais pu m’opposer complètement au rapport final sur les nouvelles limites de quartier, mais j’aurais été seule. Ça aurait été un vote de principe qui n’aurait rien changé au résultat, explique Mme Kitts. Si j’avais l’opportunité de refaire la carte, j’inclurais absolument Carlsbad Springs et Vars dans le quartier de Cumberland. »

La nouvelle élue dit avoir rencontré les consultants embauchés par la Ville dans la première semaine de son mandat pour les sensibiliser à l’enjeu pour la communauté francophone de l’est d’Ottawa de voir le quartier Cumberland être divisé comme ils le proposaient.

Catherine Kitts ajoute avoir été découragée en lisant le rapport final qui ne proposait aucun changement pour répondre aux préoccupations des citoyens de Cumberland et insiste qu’elle s’est battue jusqu’à la fin pour garder autant que possible l’ex-canton de Cumberland unifié.

Au final, les communautés de Carlsbad Springs et de Vars ont été sacrifiées puisqu’elles sont géographiquement les plus rapprochées d’Osgoode. En les gardant avec la zone suburbaine de Cumberland, la Ville aurait créé un trop grand déséquilibre du nombre de résidents entre les deux quartiers voisins.

« Le quartier d’Osgoode n’a pas de croissance de population et celui de Cumberland en a beaucoup, explique Mme Kitts. Au final, on n’aurait pas rendu service à ces résidents. […] Ils auraient été sous-représentés avec une aussi grande population, en comparaison avec les autres quartiers de la Ville. »