Normand Gingras a investi 5000 heures à construire son avion.

Libre comme l'air

Dévouement et ténacité. Ce sont-là deux traits de caractère qui ont soutenu l'aventure dans laquelle s'est lancée Normand Gingras en 2007.
Le Franco-Ontarien a investi 5000 heures en neuf ans et demi pour construire son aéronef, un monomoteur biplace modèle RV8. 
« C'est un p'tit bolide », a-t-il précisé.
Il a décollé pour la première fois le 15 octobre 2016, une journée dont il se souvient comme hier.
« C'était un très, très beau samedi. Les conditions étaient excellentes pour faire un premier vol », a résumé M. Gingras, originaire de Sudbury, et Gatinois d'adoption.
M. Gingras a qualifié de « modèle sport » son RV8 en raison de sa nervosité de réponse, et de sa vitesse.
« Ça se comporte comme un petit avion de chasse », a-t-il expliqué.
« C'est un avion acrobatique. Je peux faire de la voltige avec. Je suis d'ailleurs en train de terminer mon cours de voltige à l'aéroport de Rockcliffe avec un instructeur. Ça me permettra de faire de la voltige en toute sécurité dans mon propre avion. La structure a les mêmes tolérances au chapitre de l'acrobatie qu'un Pitts Special, un avion de démonstrations acrobatiques », a-t-il continué.
Jeune, Normand Gingras voulait devenir pilote militaire. Il a été au Collège militaire à Saint-Jean, au Québec, et à Kingston, en Ontario. Il a obtenu un diplôme en génie électrique. Ses ambitions de devenir pilote n'ont pas abouti. Il est devenu officier de l'entretien des avions. Son cheminement professionnel l'a amené à devenir psychologue, spécialisé dans la thérapie de couples.
M. Gingras avait prévu quatre ans pour construire l'avion. Il en aura fallu plus du double. Mais jamais il n'a songé à abandonner alors qu'il construisait son appareil dans le garage de sa maison à Gatineau.
« Il faut être très dédié. Tenace. Ça ne prend pas énormément de talent. Il faut prendre ça une étape à la fois, aussi. Je me souviens lorsque j'arrivais dans le garage, en soirée. C'était très zen pour moi de me retrouver là et de planifier ce que j'avais à faire, les pièces à fabriquer », a-t-il raconté.
« Un bon constructeur, c'est quelqu'un qui a un peu d'habiletés, mais qui va surtout réfléchir à ce qu'il fait dix fois avant de procéder », a indiqué M. Gingras, qui a eu, à l'occasion, l'aide de son ami Alex pour certains défis de construction.
Normand Gingras a aussi tenu à souligner le soutien constant de sa conjointe, Chantale, et de son fils, Marc-Antoine, qui ont été très patients pendant toutes ces années.
Les avions de la série RV, de construction amateur, ont une très bonne réputation, a précisé M. Gingras. Ils se comportent bien au sol, dans les airs, et sont faciles à piloter.
L'avion, qui a une autonomie d'environ 1000 km, ne restera pas dans le hangar souvent à l'aéroport exécutif de Gatineau. Des vols à Sudbury, Québec et aux États-Unis, notamment, sont prévus.