Après le cocktail météo de lundi, qui a entre autre causé le bris d'une conduite d'eau sur la rue Laurier, au centre-ville d'Ottawa, l'heure est maintenant au retour des grands froids.

L'hiver fait un retour remarqué

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les conditions dignes du printemps qui prévalaient lundi pour le retour des vacances des Fêtes auront été très éphémères. Loin d'avoir dit son dernier mot, l'hiver est revenu à la charge en soirée, alors qu'un froid arctique a de nouveau envahi la région de la capitale fédérale.
Après avoir atteint 6 °C tôt lundi matin (le record de 8,9 °C date de 2007), alors qu'une vingtaine de millimètres de verglas et de pluie sont tombés sur la région, le mercure a chuté drastiquement ces dernières heures. Un avertissement de refroidissement éolien est en vigueur : les températures ressenties avoisineront les -35 °C ce matin, notamment à cause des rafales de vent. Il s'agit d'un vertigineux écart de 41 °C en comparaison à la température ressentie à pareille heure lundi. La peau exposée à l'air pourrait geler en l'espace de cinq minutes, avertissent les autorités.
Pas aussi intense que la dernière, cette vague de froid mordant devrait durer de 24 à 36 heures, selon Jean Brassard, météorologue à Environnement Canada.
Des températures moins froides d'un cran sont prévues pour le reste de la semaine avec du soleil, tandis que des averses de neige et un mercure plus doux devraient ponctuer le prochain week-end. Aucune accumulation significative n'est cependant prévue. Les normales saisonnières sont de -5 °C le jour et -14 °C la nuit.
Il s'agit de la troisième fois en autant de semaines qu'un froid glacial s'empare de notre région. A-t-on raison de croire que l'on grelotte davantage cet hiver ?
« L'une des particularités cette année, contrairement aux hivers précédents, c'est que la surface de l'eau dans la baie James et la baie d'Hudson est gelée, alors lorsqu'une masse d'air arctique redescend vers nous, il n'y a pas d'échange de chaleur entre l'air et l'eau. Les températures sont donc légèrement plus froides », répond M. Brassard.
Routes périlleuses
Les conditions routières périlleuses, malgré l'épandage d'abrasifs et de fondants sur la chaussée, ont occasionné quelques sorties de route, mais aucun incident majeur n'est survenu des deux côtés de la rive. Les paramédics ont été appelés à traiter une dizaine de personnes victimes de chutes, quelques trottoirs et entrées ayant été transformés en patinoires.
En milieu d'après-midi lundi, une conduite d'eau a cédé sur la rue Laurier, au centre-ville d'Ottawa, inondant du coup l'artère entre les rues Elgin et Metcalfe. Cette section de rue a été fermée aux automobilistes et aux piétons. De l'autre côté de la rivière, un bris d'aqueduc survenu sur le boulevard des Allumettières, entre le chemin Vanier et les carrefours giratoires, a donné des maux de tête aux cols bleus et aux automobilistes.
Alors que la rentrée des classes battait son plein, le transport scolaire a été annulé lundi dans l'Est ontarien et à Ottawa, tout comme à la Commission scolaire Western Québec (CSWQ). Heureux hasard, le reste des écoliers de la rive québécoise profitaient quant à eux d'un congé pédagogique.
Au grand dam des amateurs de sports hivernaux, la patinoire du canal Rideau a été fermée par la CCN en raison des piètres conditions de la glace, moins de 48 heures après avoir été ouverte sur toute sa longueur de 7,8 km. Elle rouvrira aussitôt que les conditions le permettront.
Le même sort a été réservé à la Patinoire des rêves, à Ottawa, sans compter que plusieurs stations de ski, dont Camp Fortune et Edelweiss, ont préféré suspendre leurs activités le temps d'une journée. Quant aux conditions des sentiers de ski de fond dans le parc de la Gatineau, elles étaient jugées défavorables.
La journée a également été chaotique pour le transport aérien, la quasi-totalité des vols ayant été retardés à l'aéroport international d'Ottawa. Une poignée de vols ont aussi été annulés, principalement pour des destinations comme Toronto, Chicago et Washington.
Des pannes ailleurs
La région a heureusement été épargnée par les pannes d'électricité, mais au plus fort des intempéries, 30 000 abonnés étaient privés de courant au Québec lundi, principalement en Mauricie et à Québec. La situation s'est graduellement résorbée, Hydro-Québec faisant état de 750 pannes à 22 h.
Ailleurs en Ontario et au Québec, le cocktail de précipitations et les vents violents ont aussi fait de ce lundi une journée loin d'être de tout repos autant sur les routes et dans les airs.
Certains passagers ont dû patienter pendant plus de 10 heures aux aéroports de Montréal et Québec, alors qu'à Toronto, des avions ont été cloués au sol avec des passagers à bord, puisque l'aéroport Pearson était bondé à tel point qu'il était impossible d'y accueillir d'autres voyageurs.
Avec Jean-François Dugas et La Presse Canadienne