Jouer une ronde de 18 trous sous la pluie n'étant pas l'idéal, les clubs de golf doivent de leur côté composer avec une saison qui ne ressemble en rien à celle de l'an dernier.

L'été plus moche se fait ressentir

Qu'on le veuille ou non, les aléas de la météo peuvent avoir des conséquences sur l'affluence dans les commerces ou sites touristiques. Le Droit a donc voulu savoir si le temps gris qui s'est invité plus souvent qu'à son tour cet été a nui aux affaires dans la région.
Chez Piscine Aqua-Pro, le propriétaire François Lyons affirme que les ventes sont stables par rapport à l'an dernier, même si Dame nature est fort plus capricieuse. 
«On a une année fantastique pour l'installation de piscines creusées et de spas. Pour les piscines hors-terre, on a eu un bon départ au printemps, non pas parce qu'il faisait beau, mais parce que les gens ont dû remplacer des piscines. L'hiver a été rude avec la neige et les gels-dégels, alors des piscines ont été endommagées. Nous, la saison débute en mars», dit-il au bout du fil.  
Jouer une ronde de 18 trous sous la pluie n'étant pas l'idéal, les clubs de golf doivent de leur côté composer avec une saison qui ne ressemble en rien à celle de l'an dernier.
«Les mois de mai et juin ont été assez difficiles avec toute la pluie tombée, mais depuis deux ou trois semaines, c'est bien reparti. Une chance que nous avons beaucoup d'événements et une bonne base de membres. Les gens ont peur, ils n'osent pas venir aussitôt qu'ils voient que le temps est nuageux, sachant qu'ils ont besoin de quatre ou cinq heures pour jouer. J'ai parlé à beaucoup de directeurs de golf et ils n'ont jamais vu ça en 20 ou 25 ans», indique le directeur du marketing au Club de golf Tecumseh, Daniel Brunet, rappelant au passage qu'en 2016 la saison de golf s'est étirée sur... 221 jours!
Le propriétaire de l'entreprise Thermomaître, André Bertrand, souligne quant à lui que le temps maussade n'a pas eu d'impact sur les ventes de climatiseur.
«Ça roule bien malgré la température et la chaleur qui a mis du temps à se présenter. Mais nous ne sommes pas affectés, les ventes sont même en hausse. C'est difficile à expliquer, parfois il ne faut pas chercher à comprendre», lance-t-il. 
Au parc aquatique Mont Cascades, qui a lancé sa saison il y a un mois et demi, l'optimisme règne aussi.
«C'est certain qu'on a connu un début de saison plus lent qu'à l'habitude, mais là l'été semble vouloir s'installer et ça se passe bien depuis quelque temps. On a doublé notre capacité avec la nouvelle zone pour tout-petits et de toute façon, les gens viennent ici pour se mouiller, alors quand il pleut, c'est une autre expérience que certaines personnes apprécient», a commenté le gestionnaire des communications et du marketing, Simon Lalande.
La météo en chiffres
295 mm depuis le 1er juin (ancien record: 250 mm en 2002)
166 mm depuis le 1er juillet (normale: 91 mm)
85 mm de pluie en deux jours en juillet, soit plus de la moitié du cumulatif (1er et 14 juillet)
29 jours de 30°C et plus à l'été 2016
5 jours de 30°C et plus jusqu'ici cet été (13 pour la même période en 2016)
32,7°C: température maximale la plus chaude jusqu'ici cet été (11 juin)
*source: MétéoMédia et Environnement Canada
Un été qui pique
Vous avez l'impression d'avoir été plus piqué cet été quand vous vous baladez à l'extérieur ? Vous n'avez pas la berlue, il y a davantage de moustiques.
Aucune étude scientifique n'a été réalisée pour le confirmer hors de tout doute, signale l'entomologiste à l'Insectarium de Montréal, Marjolaine Giroux, mais chose certaine, de nombreux indicateurs tendent à démontrer leur prolifération. « Parmi les 57 espèces de moustiques, la majorité va pondre leurs oeufs dans de l'eau stagnante et ensuite ceux-ci se transformeront en larves, en nymphe puis en adulte. Ensuite, ils nous piquent et le cycle de vie recommence l'année suivante. C'est un cycle qui fait qu'ils sont toujours présents dans la nature même l'hiver, certains vont survivre sous les eaux glacées. Or, de huit à dix espèces sont capables d'avoir plusieurs générations au cours d'un même été. Celles-ci ont donc été favorisées par le printemps tardif et notre été pluvieux. Le lien se fait », dit-elle.
Mme Giroux soutient que si les températures sont assez chaudes, un moustique peut passer de l'oeuf à l'adulte en l'espace de sept jours.
De la crème solaire...soleil ou pas !
Le temps est nuageux, comme cela a souvent été le cas jusqu'ici cet été, et vous vous dites que vous n'avez pas à appliquer de crème solaire ? Il n'a pas plus grande fausse croyance, affirme Dr Patrick Rochette, chercheur financé par les Instituts de recherche en santé du Canada.
Ce dernier précise que les nuages peuvent bloquer jusqu'à un maximum de 60% des rayons UV. «La lumière se rend quand même. Avec un ciel partiellement nuageux, par exemple, l'exposition solaire peut même être augmentée, car le contour des nuages agit un peu comme une loupe. Et rappelons-nous que si ça prend cinq minutes pour avoir un coup de soleil quand c'est ensoleillé, faites le calcul et dites-vous que ça peut prendre 12 minutes pour en avoir un si les nuages bloquent 60% des rayons UV», indique-t-il.
Les statistiques disent tout : 90% des cancers de la peau non mélanomiques peuvent être associés à la surexposition aux rayons UV du soleil et 1 personne sur 60 aura un mélanome au cours de sa vie.
Fait à noter, les ouvriers de la construction sont parmi les plus à risque de souffrir de cancers cutanés. On estime que neuf personnes sur dix qui travaillent à l'extérieur sur une base quotidienne n'appliquent aucune lotion solaire.
Courtoisie et patience sont de mise
Gare à vous, les corps policiers de la région vous auront à l'oeil et vous incitent à mettre la pédale douce sur la route des vacances.
La Sûreté du Québec, qui rappelle que 11 personnes ont perdu la vie sur le territoire qu'elle dessert durant les vacances de la construction en 2016, incite les automobilistes à la prudence et à la patience. « On demande aux gens de planifier leurs déplacements et de faire preuve de courtoisie. Ça évite bien des situations désagréables et des comportements inadéquats. Vouloir gagner quelques minutes au détriment de sa propre sécurité et de celle des autres, ça ne vaut vraiment pas la peine », de dire la porte-parole Ann Mathieu.
La présence policière sera aussi intensifiée en bordure des chantiers de construction, où, rappellent les autorités, la signalisation doit être respectée à la lettre même si les travailleurs ne s'y trouvent pas. Environ 20 % des ouvriers de la construction travaillent malgré tout pendant cette période.
Gare aux coups de chaleur
Même si aucune canicule n'est à l'horizon dans les semaines à venir, reste que la saison estivale bat son plein et que pour profiter d'activités extérieures sans tracas, certaines précautions sont à prendre afin d'éviter de souffrir d'un coup de chaleur. Boire de l'eau fraîche même quand on n'a pas soif, porter des vêtements légers de couleur claire et de préférence en coton, s'assurer d'avoir la tête couverte et prendre des pauses à l'ombre ou dans un endroit frais sont parmi les principales recommandations.
Il est aussi conseillé d'éviter de s'entraîner ou de faire de l'exercice physique intense lorsque le mercure est trop élevé.
Les nourrissons, les enfants et les personnes âgées sont plus à risque de souffrir des effets liés à la chaleur.