Malgré quelques appréhensions, le chef propriétaire des Flavoureux, Raphaël Morneau-Bérubé, n’a pas de sérieuses inquiétudes en vue de ce temps des Fêtes hors du commun.
Malgré quelques appréhensions, le chef propriétaire des Flavoureux, Raphaël Morneau-Bérubé, n’a pas de sérieuses inquiétudes en vue de ce temps des Fêtes hors du commun.

Les traiteurs s’adaptent

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Les partys de bureau ont beau être interdits et les rassemblements limités à dix personnes à Noël, les traiteurs de la région affirment qu’ils ont su s’adapter depuis mars et anticipent cette période traditionnellement lucrative sans trop de heurts.

Malgré quelques appréhensions, le chef propriétaire des Flavoureux, Raphaël Morneau-Bérubé, n’a pas de sérieuses inquiétudes en vue de ce temps des Fêtes hors du commun.

« C’est toujours une bonne période. Bon an mal an, c’est une période plus facile pour générer des revenus, on n’a pas besoin de faire beaucoup de marketing. C’est à ce niveau-là que j’ai plus de questions, je suis un peu sur le qui-vive pour voir comment le chiffre d’affaires pour le secteur corporatif va se traduire versus les autres années. [...] Mais décembre est un mois normal pour nous. C’est un bon mois mais qui n’est pas névralgique », explique-t-il.

Après avoir préparé le menu d’une quarantaine de partys l’an dernier, l’entreprise n’a cette fois qu’une quinzaine de clients commerciaux, qui offrent des repas individuels à leurs employés. À l’inverse, la pandémie aura fait exploser les ventes dans le créneau du prêt-à-manger.

« Avant, ça représentait 15% du chiffre d’affaires et maintenant c’est 100%. On vit de ça au complet et ç’a permis à l’équipe de croître un peu. Si la pandémie avait débuté plus tard, par exemple en décembre, et qu’on aurait dû se fier uniquement sur le prêt-à-manger à Noël, sans corporatif, ça aurait été plus critique comme situation. Mais là on est bien rodé et le taux de rétention est extrêmement élevé. Ça augure bien. Ma crainte, c’est que les gens commandent trop tard et se retrouvent les mains vides parce que notre capacité de production aura été atteinte », précise l’entrepreneur.

Le chef propriétaire des Flavoureux, Raphaël Morneau-Bérubé

De son côté, la propriétaire de la jeune entreprise Nutriva, Véronique Dion-Cyr, avoue ne pas trop savoir à quoi s’attendre pour ce premier Noël en affaires.

« On est devant de l’inconnu total, on vient juste d’avoir un an. Il y a tellement eu de surprises cette année qu’une de plus ne changera pas grand-chose. Quand la pandémie a débuté, nous avions déjà un modèle d’affaires basé sur la livraison seulement, donc nous n’avons pas eu à faire beaucoup de modifications. On a continué nos opérations. Notre but, c’est d’augmenter l’accessibilité à manger sainement, même durant les Fêtes. On aimerait bien faire découvrir aux gens notre menu de Noël qui demeure santé », dit-elle.

La propriétaire de Nutriva, Véronique Dion-Cyr

Quant à Thierry Deletrez, de l’entreprise Chef Thierry, il croit qu’une fois le plan de match pour les rassemblements connu, les gens passeront à l’acte et feront leurs réservations.

« Les affaires vont bien, la demande de plats cuisinés est forte et on ne fait pas partie des gens qui ont absolument besoin de Noël ou du jour de l’An pour survivre. Difficile de dire si ce sera aussi rentable que l’an passé, mais pour l’instant c’est très bon. Ceci dit, je ne suis pas là pour fanfaronner, je compatis avec les restaurateurs, je connais des gens dans le domaine. Ça fait mal au cœur de voir certains fermer », lance-t-il.

Thierry Deletrez, de l’entreprise Chef Thierry

Comme alternative aux buffets dans les partys de bureau, l’entreprise s’est elle aussi tournée vers des boîtes de repas individuels et propose trois menus distincts pour les Fêtes.

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Les paniers de Noël du traiteur La Bonne bouffe, de Casselman

LES TRAITEURS DE L'EST ONTARIEN AUSSI SE RÉINVENTENT

La pandémie de COVID-19 a forcé les citoyens de la région à mettre une croix sur les grands rassemblements du temps des Fêtes. Des traiteurs de l’Est ontarien ont dû se réinventer pour espérer passer à travers cette période qui représente habituellement une partie importante de leur cagnotte annuelle. 

Au traiteur La Bonne bouffe de Casselman, c’est un retour aux sources qui s’est mis en branle. Pour son propriétaire, Denis Savage, ressortir sa cantine sur roues dans les marchés de Noël a été l’une des alternatives choisies. «Je l’avais rangée. Ça faisait un bout de temps que je ne m’en servais pas.» 

M. Savage avait réussi à tirer son épingle du jeu lors du premier confinement en instaurant un nouveau service de livraison de petits plats individuels. Mais la deuxième vague et les annulations des grosses célébrations de Noël ont poussé l’entreprise à aller encore plus loin. «J’ai dû innover. On a sorti en ligne un panier de Noël pour nourrir de deux à 10 personnes depuis environ deux semaines. J’en ai déjà quelques centaines de vendues».

Mais il ne se fait pas non plus d’illusions. «Je suis un gars qui calcule. Logiquement, si je vendais 1000 paniers de Noël, ça m’amènerait aux mêmes revenus que mon mois de décembre de partys de Noël habituel. Mais je sais que c’est très élevé.»

Étant une petite entreprise locale, Denis Savage dit ressentir le soutien de sa communauté, alors que certains nouveaux clients font appel aux services du traiteur simplement pour donner un coup de pouce. «On faisait des «repas canadiens» pour au-dessus de 25 personnes. On a fait une croix là-dessus cette année», renchérit Diane Groulx, propriétaire du traiteur La Maison du Buffet de Hawkesbury.

«On a beaucoup de gens qui viennent chercher des repas congelés, des tourtières, des ragoûts.» Mais cette année, hormis les traditionnels plats congelés à emporter, La Maison du Buffet ne propose que l’option du buffet froid comprenant sandwich, salades, fromages, crudités, hors-d’œuvre.

Ce type de buffet demande moins de planification qu’un buffet chaud et évite ainsi au traiteur d’encourir à des pertes alimentaires. «Les buffets froids n’ont pas encore commencé, ça va dépendre quand on va savoir précisément à combien de personnes les gens vont pouvoir se rassembler.» 

Sans savoir si les gens seront au rendez-vous, Mme Groulx reste optimiste, mais sait que rien n’est joué. «On sait que ça ne sera pas une année comme les autres.» 

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