Dans l’ordre habituel, le quart arrière des Tigers de St. Matthew, Xavier Gervais, le receveur de passes, Alex Vilain, et l'entraîneur, Jean-Sorphia Guillaume.

Les Tigers entendent rugir en Georgie

Les Tigers de l’école secondaire St. Matthew à Ottawa vivront à compter de jeudi une expérience inoubliable et des plus formatrice.

Ces jeunes footballeurs du secteur Orléans prennent la route mercredi pour se rendre à Milton, une banlieue d’Atlanta, en Georgie, afin de participer au Freedom Bowl lors de la fin de semaine de la fête du Travail. Il s'agit d'un rendez-vous annuel réputé réunissant des équipes d’écoles secondaires de haut calibre. 

Leurs adversaires : les Eagles du Marjory Stoneman Douglas High School, de Parkland, en Floride, là où un tireur fou, un ancien élève, a tué 17 personnes et blessé 17 autres lors d’une fusillade survenue le 14 février dernier. Un des entraîneurs de l’équipe de football était parmi les victimes.

Le Freedom Bowl se déroule du 31 août au 2 septembre et réunit douze équipes. La troupe de l’entraîneur Jean-Sorphia Guillaume est la première équipe canadienne à participer à l'événement. Le match des Tigers contre les Eagles a lieu samedi et il sera retransmis sur le réseau ESPN.

Alex Vilain, 15 ans, est receveur de passes et maraudeur pour les Tigers de St. Matthew. Il en est à sa deuxième année avec l’équipe et il a bien hâte à l’expérience qu’il s’apprête à vivre avec les joueurs de l’école secondaire de Parkland.

«Ces jeunes ont traversé une épreuve épouvantable et j’espère apprendre beaucoup d’eux. Je veux les voir jouer pour leur coach qui est mort dans la fusillade. J’espère avoir du plaisir et m’amuser avec les jeunes, mais je veux aussi les dominer», a expliqué Alex, qui donnera son 100 % afin d’attirer l’attention de recruteurs. 

«Je veux leur montrer que je suis un jeune capable de jouer au prochain niveau», a-t-il précisé.

Il faut noter que l’organisation des Falcons d’Atlanta sera présente au Freedom Bowl.

Détermination

La formation de l’école secondaire du secteur Orléans a passé au travers de biens des difficultés avant l’arrivée de coach Guillaume.

«Avant que j’arrive il y a trois ans, l’équipe perdait tous ses matchs. Rien ne fonctionnait vraiment. C’était rendu désuet et ils pensaient à fermer le programme, a expliqué M. Guillaume, qui a été embauché comme enseignant et entraîneur de football à St. Matthew.

À sa première année comme entraîneur, coach Guillaume a mené son équipe dans les séries éliminatoires. L’équipe a ensuite remporté un championnat et une finale provinciale.

Jean-Sorphia Guillaume crédite les parents des joueurs pour leur travail sur les réseaux sociaux, ce qui a permis à l’équipe d’attirer l’attention des organisateurs du Freedom Bowl. Ceux-ci cherchaient à avoir une équipe avec une belle histoire, une histoire de détermination.

Persévérance

Le duel contre l’école Douglas sera la première partie de la saison des Tigers. 

Un des cadres de l’enseignement de coach Guillaume est de développer la pensée critique de ses ouailles.

«Nous n’allons pas là par pitié. Nous allons là par solidarité et empathie. Il faut faire comprendre à nos élèves qu’une telle tragédie est quelque chose qui peut arriver n’importe où, n’importe quand de nos jours. D’ailleurs nous avons nos exercices de confinement que l’on fait souvent», a expliqué M. Guillaume, qui entame sa 4e saison comme entraîneur de l’équipe.

Coach Guillaume met à profit son mémoire de maîtrise à l’Université d’Ottawa dans lequel il a analysé si un entraîneur de football peut être considéré comme un intervenant de première ligne auprès des jeunes à risque du point de vue comportemental et académique. 

«Lorsque je suis arrivé ici, j’ai tout mis en pratique ce que j’avais lu, et les programmes qui avaient connu un succès, comme l’implication des parents et les ateliers de devoir après l’école», a-t-il souligné.

Depuis qu’il est l’entraîneur des Tigers, coach Guillaume a vu 16 de ses joueurs obtenir une bourse d’études pour aller jouer au niveau universitaire canadien, et trois du côté américain. D’autres ont eu des offres pour aller dans des prep schools aux États-Unis.

«Nous nous sommes beaucoup démarqués par la qualité du programme», a indiqué le professeur de français, de religion et d’histoire.

«Je m’assure que le sport permette aux jeunes de persévérer dans leur carrière étudiante. Ils sont d’abord et avant tout des étudiants-athlètes, comme je leur répète souvent, et on le sait très bien qu’au football, si ton dossier académique n’est pas à point, tu ne pourras pas jouer», a expliqué l’entraîneur des Tigers.