Le dg d'OC Transpo Alain Mercier a utilisé You Tube pour parler aux syndiqués.
Le dg d'OC Transpo Alain Mercier a utilisé You Tube pour parler aux syndiqués.

Les syndiqués d'OC Transpo passent au vote

Caroline Barrière
Caroline Barrière
Le Droit
Après 30 jours de grève, c'est aujourd'hui que les syndiqués d'OC Transpo doivent se prononcer sur la dernière offre de la Ville d'Ottawa.
Le syndicat est convaincu que ses membres la rejetteront alors que le maire Larry O'Brien nourrit quelque espoir de voir le conflit prendre fin.
Ce scrutin survient à la suite de l'intervention de la ministre fédérale du travail, Rona Ambrose. Le 31 décembre, elle a ordonné aux syndiqués de voter sur la plus récente proposition patronale. Elle s'était alors dite particulièrement préoccupée par les répercussions de la grève des employés d'OC Transpo sur les usagers qui n'ont pas facilement accès à d'autres moyens de transport, notamment les personnes âgées.
Le vote se déroule de 6 h à 20 h au Centre municipal d'Ottawa. Il sera supervisé par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). Des représentants de la Ville et du syndicat assisteront au dépouillement des bulletins de vote qui devrait être complété en soirée. La ministre sera également informée de l'issue du scrutin par le CCRI.
Si les offres sont acceptées, les usagers du transport en commun de la capitale devront patienter environ une semaine avant de voir le service pleinement rétabli, les autobus devant être inspectés avant de retourner sur la route.
Le 3 décembre, les 2300 chauffeurs, mécaniciens et répartiteurs ont voté à 98 % en faveur de la grève qui a été déclenchée le 10 décembre. La pierre d'achoppement demeure la question des horaires de travail qui est la chasse gardée des syndiqués pour les quarts de travail en semaine en fonction de leur ancienneté. En 1999, ils avaient accepté une baisse de salaire de 2 % afin de conserver la gestion de leurs horaires. Ottawa veut en reprendre la gestion afin, dit-elle, afin d'accroître la sécurité et de réduire ses coûts d'exploitation. Les syndiqués refusent parce qu'ils préfèrent mettre en place des horaires leur permettant de concilier leur travail et leur vie personnelle plutôt que de se voir imposer des quarts de travail à la discrétion de l'employeur.
Lundi, le président de la section locale 279 du Syndicat uni du transport (SUT), André Cornellier, a appelé ses troupes à voter massivement contre l'offre d'Ottawa.
Ottawa espère plutôt que les grévistes accepteront l'offre une fois qu'ils seront dans l'isoloir. « Des syndiqués ont même laissé entendre que s'ils votaient non, la Ville allait céder et qu'ils seraient du retour au travail la semaine prochaine. C'est inconcevable. Nous étudierons alors toutes les solutions juridiques à notre disposition lors de notre prochaine réunion du conseil », a prévenu le maire.
Hier, dans une ultime tentative pour convaincre les syndiqués, le directeur général d'OC Transpo, Alain Mercier, a mis en ligne une vidéo (www.octranspo.com) sur la populaire plate-forme YouTube. Dans son message, il explique qu'il a demandé à André Cornellier de participer à la réunion d'information tenue lundi mais que le président du syndicat lui a raccroché la ligne au nez. Il s'est dit inquiet de constater qu'un bon nombre d'employés n'ont pas pu examiner la véritable offre de la Ville mais seulement une version concoctée par le SUT afin de favoriser son rejet. « Je vous garantis personnellement que vous pourrez choisir vos horaires de travail et vos jours de congé, vos assignations et vos vacances », a-t-il déclaré.
L'idée d'utiliser YouTube constitue une stratégie plutôt inusitée a admis Alain Mercier. « On a pris les moyens technologiques disponibles aujourd'hui pour rejoindre les employés ». a-t-il dit.
Selon les chiffres avancés par la Ville, l'arrêt complet des activités d'OC Transpo génère des économies de 3 millions $ par semaine. Il s'agit du plus long conflit de travail à survenir à OC Transpo.