Les services de police de l'Outaouais réclament un statut particulier

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Les services de police de la Ville de Gatineau et de la MRC des Collines demandent à Québec d’adapter leur réalité aux changements climatiques et au « statut particulier » de l’Outaouais.

Le 30 octobre 2019, le gouvernement québécois adoptait une motion reconnaissant la situation particulière de l’Outaouais, notamment en raison de sa proximité avec la Ville d’Ottawa et l’Ontario.

La réalité frontalière de l’Outaouais avec l’Ontario doit être élargie aux forces de l’ordre, selon les représentants municipaux. Les autorités municipales ont récemment déposé leur mémoire dans le cadre des travaux du Comité consultatif sur la réalité policière au Québec. Elles ont émis des dizaines de recommandations lors des audiences publiques du mois de novembre.


« Le SPVG a déjà tenté d’établir un partenariat avec le SPO pour l’accès ou le partage de certains services, mais la Loi sur la police ne permet la conclusion d’ententes de partage de services qu’avec la SQ ou d’autres municipalités du Québec. »
Extrait du mémoire sur la réalité policière au Québec

Parmi celles-ci, on retrouve le plaidoyer du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), qui veut avoir les coudées franches dans ses relations avec le Service de police d’Ottawa (SPO).

« Le SPVG a déjà tenté d’établir un partenariat avec le SPO pour l’accès ou le partage de certains services, mais la Loi sur la police ne permet la conclusion d’ententes de partage de services qu’avec la SQ ou d’autres municipalités du Québec », lit-on.

Le SPVG voit cette proximité comme une ressource disponible, mais mal utilisée. Lors de situations urgentes, les policiers ont parfois besoin de renforts, comme ceux d’un hélicoptère, d’un maître-chien, du groupe d’intervention tactique, ou d’artificiers. « Ces services doivent autrement être obtenus auprès de la SQ, à partir d’un point de desserte situé beaucoup plus loin, le plus souvent dans la région de Montréal, explique le SPVG. Exceptionnellement, le SPVG a déjà eu recours à des services du SPO, mais seulement avec une autorisation spéciale de la SQ. »

MRC des Collines

Dans cette même consultation, la police de la MRC des Collines propose une révision du financement des corps municipaux. Selon la police de la MRC, les municipalités desservies par la Sûreté du Québec (SQ) reçoivent un financement plus équitable par rapport à celles qui possèdent leur propre service de police.

« Nous ne comprenons toujours pas qu’à coûts relativement égaux, les municipalités desservies par la SQ soient financées jusqu’à 50 % et que le gouvernement absorbe en outre une partie des augmentations de coût trop élevées alors que les municipalités ayant choisi d’avoir leur propre service de police doivent faire supporter cette charge à même le compte de taxes municipales des citoyens. Ceux-ci doivent donc payer directement leurs coûts de police en plus d’assumer une partie des coûts des municipalités subventionnées. »

Selon la direction la MRC des Collines, ce financement « inéquitable » a été mis en lumière lors des inondations historiques de 2017 et de 2019.

« Dans les municipalités desservies par la SQ, ces coûts n’ont pas été facturés, selon le mémoire de la MRC des Collines. Or, notre MRC n’a reçu que 40 % de ces coûts en compensation pour 2017 et aucun montant pour 2019 (en ce qui concerne la crise actuelle due à la pandémie, nous espérons que cette iniquité sera prise en compte). Pour nous, il s’agit d’une raison de plus qui démontre la légitimité de notre demande d’un financement gouvernemental. »