Le syndicat souligne que ses quelque 2300 membres vivent constamment dans l’incertitude car ils ne savent jamais à l’avance s’ils seront encore à l’emploi de l’institution dans quelques mois.

Les professeurs à temps partiel de l’Ud’O sont prêts pour la grève

La rémunération et la sécurité d’emploi sont parmi les principales revendications de l’Association des professeurs à temps partiel de l’Université d’Ottawa (APTPUO), qui mettra sa menace de grève à exécution dès lundi à minuit si aucune entente n’est conclue avec l’employeur.

Le syndicat souligne que ses quelque 2300 membres vivent constamment dans l’incertitude car ils ne savent jamais à l’avance s’ils seront encore à l’emploi de l’institution dans quelques mois.

« Même quand ça fait 10 ou 20 ans qu’ils enseignent, il n’y a aucune garantie qu’ils enseigneront encore la session suivante. C’est angoissant pour eux et ça a un impact direct sur la qualité de l’enseignement. Il n’y a pas non plus de date fixe d’affichage des postes, alors ils ignorent quand les offres d’emploi sont faites. On veut aussi qu’on leur donne la possibilité de migrer vers la permanence. En ce moment, il n’y a aucun pont qui se fait », souligne le porte-parole de l’APTPUO, Jean-Sébastien Daoust. 

Le syndicat soutient qu’un important rattrapage salarial est aussi nécessaire puisque les professeurs à temps partiel de l’Ud’O gagnent environ 7800 $ par cours de trois crédits, alors que la moyenne nationale pour les professeurs à temps plein avoisine les 15 000 $. 

« On compte beaucoup sur le projet de loi du gouvernement ontarien au sujet du travail égal, salaire égal. Ça nous permettrait d’aller chercher cette parité-là », dit-il. 

En guise de comparaison, l’APTPUO renchérit en disant que leurs collègues à temps partiel qui œuvrent à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) touchent environ 2000 $ de plus par cours. 

« L’employeur se défend en affirmant qu’on ne peut pas se comparer parce que le système de financement n’est pas le même, sauf que celui-ci est pas mal plus généreux en Ontario », rajoute M. Daoust.

Le syndicat trouve aussi déplorable qu’il est le seul groupe à ne pas être consulté par l’établissement pour la prise de décisions académiques, même si ses membres enseignent 70 % des cours de première et deuxième année.

Affirmant percevoir une certaine ouverture de l’employeur, l’APTPUO se dit prêt à toute éventualité y compris de négocier jusqu’à tard dimanche soir. Les piquets de grève sont toutefois prêts.

« Avec notre fonds de grève, on est équipé pour veiller tard, comme le dit l’expression. Le syndicat n’a jamais connu de grève dans son histoire », lance M. Daoust. 

La convention collective est échue depuis août 2016.