L’analyste des politiques à la FCEI a indiqué que les petits entrepreneurs de la capitale se sentaient souvent « abandonnés et négligés ».

Les PME se disent trop taxées et négligées

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) plaide pour que la Ville d’Ottawa adopte un meilleur esprit de collaboration avec ses commerçants locaux et allège leur fardeau fiscal. Elle affirme que la capitale est l’une des villes de la province où l’écart entre le taux de taxation résidentiel et le taux de taxation commercial est le plus élevé.

Mardi, lors d’une présentation dans le cadre de l’étude du budget du Comité des finances et du développement économique, l’analyste des politiques à la FCEI Émilie Poitevin a indiqué que les petits entrepreneurs de la capitale se sentaient souvent « abandonnés et négligés ».

Elle a du même coup présenté les résultats d’un sondage effectué auprès des petites et moyennes entreprises d’Ottawa l’été dernier, dans lequel on apprend que le niveau de taxation municipale (62 %) et la facilité de faire des affaires localement (57 %) sont de loin les deux principaux aspects que les commerçants souhaitent voir s’améliorer pour avoir plus de succès en affaires. 

Les routes (38 %), l’accès à une main-d’œuvre qualifié (30 %) et le support de la population pour les entreprises locales et les startups (29 %) suivent parmi les réponses des gens d’affaires.

D’autre part, conserver la hausse des dépenses à un niveau égal ou inférieur à la croissance démographique et de l’inflation afin de maintenir les taxes municipales à un niveau raisonnable est en tête des demandes des membres de la FCEI envers la municipalité (78 %).

Trouver de meilleurs moyens d’intégrer les petites entreprises dans le processus de prise de décisions (en matière d’urbanisme, par exemple) et améliorer la formation des fonctionnaires municipaux au service des petites entreprises suivent avec respectivement 50 % et 35 %. Abolir le besoin de renouveler le permis d’affaires sur une base annuelle (30 %) a aussi été évoqué.

La FCEI ajoute qu’Ottawa devrait prendre la balle au bond et profiter des importants travaux de revitalisation de la rue Elgin, prévus en 2019 et dont le coût est estimé à 42 M$, pour s’inspirer de villes comme Kingston et Montréal en améliorant ses communications avec les commerçants affectés par le chantier, voire en leur offrant des compensations.

« On l’a vu avec les travaux sur la rue Rideau, l’un de nos membres a vu son chiffre d’affaires diminuer de 50 %. Il a survécu, mais ç’a été très difficile », dit-elle.