L’accès au stationnement de la plage du lac Meech sera restreint entre 21h et 7h. Un inconvénient pour les nageurs «sportifs».
L’accès au stationnement de la plage du lac Meech sera restreint entre 21h et 7h. Un inconvénient pour les nageurs «sportifs».

Les plages du lac Meech fermées aux nageurs matinaux

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
La Commission de la capitale nationale (CCN) fermera les stationnements des plages du lac Meech chaque nuit de 21 h à 7 h, a annoncé jeudi la société d’État. Mais la décision déçoit les nageurs matinaux, que la pandémie a privés d’accès aux piscines intérieures.

La nouvelle mesure entrera en vigueur le vendredi 14 août et se prolongera jusqu’à la fin de la saison de baignade.

Pour quiconque a visité le parc de la Gatineau depuis sa réouverture, le constat saute aux yeux: les visiteurs y accourent. « La pandémie de COVID-19 limitant les options de divertissement, de loisirs et de mise en forme normalement accessibles en été, le parc de la Gatineau connaît un afflux sans précédent de visiteurs », confirme un communiqué de la CCN envoyé jeudi.

L’achalandage est particulièrement fort du côté du lac Meech, où « un grand nombre de violations des lignes directrices de sécurité incendie, des règlements municipaux sur le bruit et des lignes directrices sur la baignade » ont été observés dans les dernières semaines. La CCN indique vouloir veiller à ce que les résidents et les visiteurs aient une expérience « agréable, sûre et sécuritaire » dans le parc de la Gatineau.

L’accès au stationnement de la plage du lac Meech sera restreint entre 21h et 7h.

« La CCN ne fait aucun compromis »

Diane Lacaille est maître-nageuse. Les entraînements matinaux font partie de sa routine depuis de nombreuses années. La plupart du temps, l’artiste peintre se rend à l’Université d’Ottawa à 5 h du matin. Or, la piscine a dû fermer en raison de la pandémie.

La résidente de Cantley s’est donc tournée vers le lac Meech, comme plusieurs autres nageurs eux aussi contraints à trouver un plan B. Les matins de semaine, entre 5 h et 7 h, les plages Blanchet et O’Brien voient ensemble défiler « entre 50 et 70 » sportifs, estime-t-elle ; le week-end, ce chiffre grimpe autour de 100.

« Ce qui est important de savoir, c’est que beaucoup de nageurs travaillent pendant la journée. Pour plusieurs, on est là vers 5 h 30, et on nage une heure », détaille Mme Lacaille. Commencer son entraînement à 7 h empêcherait beaucoup de nageurs d’arriver au travail à temps, déplore-t-elle. Et les stationnements sont souvent pleins le soir.

Dans les dernières semaines, à plusieurs reprises, des policiers et des agents de la CCN attendaient les nageurs sur la rive. « On nous disait que chaque jour, ils recevaient des plaintes de bruit de la part des résidents, raconte Mme Lacaille. Ils se plaignaient surtout du bruit de la route, quand on achemine nos autos jusqu’aux plages pour se stationner. »

Samedi et dimanche dernier, « ça a été le point culminant » : la directrice du parc de la Gatineau, Christie Spence, était sur place tôt le matin et évoquait la possibilité que les stationnements ferment jusqu’à 7 h. « Elle a dit que la CCN essayait de trouver un compromis », relate Mme Lacaille.

« Mon opinion, c’est que (Christie Spence) nous représente. (Ces résidents) ont choisi d’habiter au bord d’un lac public, d’une route publique ; il faut qu’ils subissent ce qui vient avec. De l’autre côté, les gens ne voyagent plus à cause de la COVID, toutes les piscines sont fermées, et on a eu de grandes chaleurs, donc ils vont à la plage. Il faut y aller tôt pour avoir des places. Je trouve que là-dedans, la CCN ne fait aucun compromis. »

Pour sa part, l’Ottavien Tim Scapillato nage au lac Meech trois matins par semaine depuis 10 ans. « Je n’ai jamais été témoin de l’un des problèmes dont Christie Spence a parlé. Les gens qui se lèvent à 4 h 30 et commencent à nager à 6 h ne sont pas là pour faire la fête et pour faire du bruit. »

« Même si les problèmes se passent réellement, je ne vois pas en quoi fermer les stationnements jusqu’à 7 h représente une solution. Qu’est-ce que ça va accomplir, exactement ? se demande M. Scapillato. La CCN est censée gérer le parc pour tous les Canadiens, mais il semble qu’ils donnent plus d’importance aux préoccupations des résidents. »

La CCN redirige les nageurs vers le lac Leamy, dont le stationnement ouvrira à 6 h tant que la fermeture temporaire sera en vigueur. La société tiendra des consultations « avec toutes les parties prenantes » à l’automne et à l’hiver afin de déterminer un cadre de fonctionnement pour l’avenir.