« Les services sont maintenus à 100 % pour la population. Les gens peuvent continuer à appeler », a indiqué le président de la FPHQ, Daniel Chouinard.

Les paramédics en grève dès jeudi

Les paramédics de l'Outaouais emboîtent le pas à plusieurs centaines de leurs collègues du reste de la province et déclenchent une grève générale illimitée dès jeudi à minuit.
Malgré tout, la population n'a rien à craindre, assurent conjointement la Coopérative des paramédics de l'Outaouais et la Fraternité des paramédics de l'Outaouais représentant 236 membres, puisque les transports ambulanciers seront toujours assurés et ce, avec le même effectif qu'en temps normal sur le territoire. Le temps de réponse ne devrait pas être affecté non plus. 
« Nous sommes assujettis aux services essentiels, alors les services sont maintenus à 100 % pour la population, il n'y a pas d'inquiétudes à avoir à ce niveau. Les gens peuvent continuer à appeler », a indiqué le président de la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), Daniel Chouinard.
Les syndiqués, dont la convention collective est échue depuis mars 2015, ont voté en faveur de la grève dans une proportion de 91 % il y a deux semaines. C'est la première fois que leur syndicat doit négocier avec l'employeur plutôt qu'avec le gouvernement, qui souhaite imposer des coupures de 121 millions $ aux entreprises ambulancières, ce qui par ricochet aurait un impact sur les travailleurs, à leur avis. 
Pour protester contre la lenteur des négociations avec l'État, les paramédics useront de divers moyens de pression, majoritairement de nature administrative.
Certains rapports ne seront plus rédigés ou les copies de ceux-ci ne seront plus envoyées aux instances du ministère de la Santé et des Services sociaux, sans compter que les équipes affectées à des transports interhospitaliers n'assureront plus le transport de retour d'escortes médicales vers le point de départ, à moins qu'un patient soit présent à bord du véhicule. 
Cette dernière mesure n'inquiète pas pour l'instant le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO).
« C'est déjà quand même assez fréquent que nous assumions le coût du transport de retour d'un membre du personnel, mais on va surveiller la situation de près et ajuster les choses s'il le faut », a affirmé sa porte-parole Geneviève Côté. 
Fini également le lavage extérieur des ambulances, sauf pour des raisons de sécurité, telles que le lavage des gyrophares et des miroirs. De plus, les nouveaux stages d'observation des étudiants du Cégep de l'Outaouais ne seront plus supervisés, les employés boycotteront la plupart des séances de formation interne dispensées par l'entreprise et cesseront d'effectuer des activités de relations communautaires, entre autres. 
Également, aucune équipe supplémentaire ne sera déployée lors d'événements sportifs ou d'événements ayant déjà un service de premiers soins sur place. Trois événements (Rockfest, Grand Prix cycliste de Gatineau et Gatineau en vol) pourront cependant continuer à bénéficier d'un véhicule ambulancier sur leur site, leurs organisateurs y étant obligés par la loi. 
La FPHQ, dont est membre la Fraternité des paramédics, en veut au ministre de la Santé, Gaétan Barrette.  
« Ça fait deux ans que le contrat de travail est échu. On veut la garantie que nos conventions sont protégées, qu'on va pouvoir négocier avec les mêmes avantages que les gens du reste du réseau de la santé ailleurs », soutient Daniel Chouinard. 
Les salaires et le régime de retraite sont les principaux points en litige entre les parties, mais l'une des principales revendications syndicales est l'élimination des horaires de faction, décriés depuis belle lurette car ils n'ont « plus leur raison d'être » de nos jours, selon la partie syndicale. Les employés concernés par ce type d'horaire, particulièrement en zone rurale, travaillent sur appel sept jours par semaine, 24 heures par jour.
« Ils doivent être prêts à quitter en tout temps et ça peut prendre de 5 à 10 minutes avant qu'ils se mettent en direction pour l'appel d'urgence. [...] Les gens qui restent dans des villages ont droit au même service ambulancier qu'en ville, il n'y a pas de citoyens de deuxième ordre », lance le représentant syndical, qui estime que le système préhospitalier traîne de la patte au Québec par rapport aux autres provinces. 
Invité à réagir, le cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est refusé à tout commentaire, indiquant simplement que les paramédics exercent le mandat de grève qu'ils ont obtenu.