Luc Villemaire (au centre), le directeur général du Gîte Ami, est furieux du traitement réservé aux organismes communautaires par le fédéral.

Les organismes d'aide aux démunis de l'Outaouais fulminent

Sept organismes communautaires de l'Outaouais se disent victimes de coupes budgétaires de la part du gouvernement fédéral et leurs représentants affirment que ces réductions n'avaient même pas été annoncées.
Selon le directeur général du Gîte Ami, Luc Villemaire, les organismes de la région qui s'occupent de la lutte à l'itinérance sont en colère au sujet du traitement qui leur est réservé depuis l'annonce d'une entente entre les gouvernements du Québec et du Canada, au début de février dernier.
«Cette entente est devenue une véritable méprise, car l'annonce a été suivie d'un échéancier indécent. Le comité aviseur n'avait que 48 heures pour faire des recommandations et il a recommandé la reconduction, en 2012-2015, des sommes octroyées en 2013-2014. Les organismes communautaires ont aussi dû, en 48 heures, remplir des formulaires de vingt pages et les faire parvenir aux ministères concernés, pour ensuite se rendre compte que sept organismes de la région subissaient une coupure totale de plus de 60000$», a déclaré M. Villemaire.
«Tout se passe comme si on avait ignoré les recommandations du comité aviseur», a-t-il ajouté.
Des effets concrets
Cette réduction du financement fédéral a des effets bien concrets dans le fonctionnement des organismes et les services qu'ils offrent directement à la population. La directrice d'Entraide familiale de l'Outaouais, Diane Tremblay, a lancé un véritable cri du coeur.
«Nous aidons directement les gens dans le besoin, en leur donnant des meubles et des appareils électroménagers.
«Chez nous, il s'agit d'une réduction de 14588$ sur une subvention de 49300$. Les gouvernements du Québec et du Canada ont des responsabilités envers les démunis. On nous a annoncé que ça se passerait d'une manière et ce n'est pas comme ça que ça se passe. Dans notre cas, cette coupure fait en sorte qu'on reçoit 980$ par année pour faire le plein d'essence de notre camion qui va chercher et livrer les meubles chez les gens. Ça nous coûte ça (980$) par mois», a lancé Mme Tremblay. «La réalité, c'est que 500 ou 600 ménages qui risquent de ne pas avoir de meubles», a-t-elle ajouté.
La coordonnatrice de l'Auberge du coeur/Héberge-ado, Marie-Claude Lafontaine, a expliqué que la coupure du financement fédéral forcera l'organisme à mettre fin au service de suivi effectué auprès des adolescents qui retournent dans leur milieu familial, après un séjour au service d'hébergement d'urgence.
Les coupures doivent entrer en vigueur le 31 mars prochain.