Les organismes communautaires sont inquiets

Les organismes communautaires de l'Outaouais craignent de subir les effets négatifs du climat d'austérité alors que La grande guignolée des médias se mettra en branle aux abords de 27 intersections ce matin. Ils décrient aussi l'interdiction de solliciter des dons à certaines intersections très achalandées.
Alors que les ressources financières se font de plus en plus rares, il y a lieu de s'inquiéter selon Gérard Émond, directeur général de la Soupe populaire de Hull.
«Les gens en Outaouais sont généreux, mais dans le contexte économique actuel ils sont prudents. [...] Les organismes communautaires ont de la difficulté à répondre à la demande. Par exemple, Centraide a de la difficulté à atteindre sa cible», souligne-t-il.
Manque à gagner anticipé
Ce dernier anticipe un manque à gagner de 10000$ comparativement à l'argent amassé pour son organisme l'an dernier lors de la guignolée. Une situation qui s'explique aussi par la nouvelle réglementation de la Ville de Gatineau qui empêche la tenue de collectes à des intersections où la circulation est dense. Le conseil municipal a modifié la liste des intersections où il est permis de tenir des collectes d'argent. L'intersection doit être munie de feux de circulation ou de panneaux d'arrêt et la limite de vitesse doit être inférieure à 50km/h.
La coordonnatrice de La grande guignolée des médias en Outaouais, Michèle Tremblay, déplore elle aussi ce changement. «On a perdu les intersections les plus profitables pour les organismes. Il y aura moins d'achalandage et on s'inquiète des résultats», craint Mme Tremblay qui rappelle que les bénévoles et les représentants des médias seront aux abords de 27 sites ce matin entre 6h et 9h afin de récolter les dons. Il est aussi possible de contribuer sur le site lagrandeguignoleedesmedias.com.
De plus, les autobus de la STO récolteront l'aumône des usagers. L'an dernier, l'initiative avait permis d'amasser 120000$.
Michèle Tremblay observe une demande grandissante de la part des organismes communautaires qui ont de la difficulté à répondre aux attentes. «La clientèle de certains organismes a doublé en un an. C'est grandissant et on se sent de plus en plus impuissant. C'est très difficile dans le contexte économique, mais on fait de notre mieux», souligne la coordonnatrice.
Sbranch@ledroit.com