Les opposants au projet Chelsea Creek remportent une manche

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
La municipalité de Chelsea tiendra finalement un référendum pour déterminer si elle permettra ou non la construction du développement résidentiel Chelsea Creek, en bordure de l'autoroute 5.
Les opposants au projet ont remporté une manche hier, en réussissant à faire signer assez de citoyens pour déclencher un référendum sur le sujet. Les personnes autorisées à signer ce registre résident dans un secteur limité aux environs du projet Chelsea Creek, un projet de près de 200 unités de logement à l'angle du chemin Old Chelsea et de l'autoroute 5, au nord de Gatineau.
La municipalité pourrait, en principe, se prononcer automatiquement contre le projet lors de la réunion de son conseil municipal, le premier décembre prochain. L'autre avenue, plus plausible à cause des opinions fortement divergentes dans ce dossier, est de déclencher un référendum.
Le maire du village, Jean Perras, donne son appui au promoteur du projet, InHarmony Developments, tandis que des résidants s'y opposent, craignant de voir disparaître peu à peu le caractère rural de Chelsea.
Démocratie
Un des responsables de Preservation Chelsea, un regroupement citoyen militant contre Chelsea Creek, voit la nouvelle d'un bon oeil. « Depuis le début, nous voulons un processus démocratique pour décider de l'avenir du projet », explique Geoff Bleich, qui a déjà dénoncé la décision unilatérale du maire Perras d'appuyer le développement résidentiel.
Le registre, qui s'est fermé hier, a été signé par 33 personnes, alors que le minimum requis était de 19.
Au total, 84 personnes pourront se prononcer lors du référendum dont la date sera annoncée sous peu.
Le promoteur affirme de son côté avoir aussi obtenu le soutient d'une trentaine de personnes. Il reste donc aux deux camps de convaincre la vingtaine d'électeurs éligibles qui ne s'est pas encore prononcée de joindre leurs rangs.
Mises en demeure
Les tensions sont bien concrètes entre le promoteur et les opposants. Le président de InHarmony Developments, Mark Shank, a confirmé au Droit qu'il avait fait parvenir une mise en demeure à trois personnes en défaveur de son projet.
« Ce sont trois individus spécifiques pour des incidents séparés. On parle de désinformation et de harcèlement », a précisé M. Shank, sans toutefois en dire davantage sur la nature des missives.
Geoff Bleich a lui aussi été informé de l'affaire. « Trois personnes m'ont envoyé un courriel parce qu'ils ont reçu une mise en demeure leur disant de ne plus tenter d'influencer leur voisin », a-t-il déploré.