Les militants demandent des justifications à Harper

Catherine Lamontagne
Catherine Lamontagne
Le Droit
Près d'une semaine après la réélection du gouvernement conservateur de Stephen Harper, les militants anti-guerre sont sortis dans la rue, samedi après-midi à Ottawa, exigeant le retrait immédiat des 2500 soldats canadiens déployés Afghanistan.
Une cinquantaine de manifestants provenant d'une dizaine d'organisations différentes ont marché jusqu'à la Colline parlementaire pour laisser un message téléphonique au bureau du premier ministre.
 
«Dans un contexte de crise économique je ne comprends pas comment le premier ministre peut justifier notre présence en Afghanistan. Nous avons besoins de nos soldats ici et non là-bas où ils se font blesser et tuer pour un combat qui n'est pas le nôtre», estime Dylan Penner de l'Assemblée pour la paix d'Ottawa.
Mohammed Harkat
La porte-parole de l'événement, Sophie Harkat, la femme de Mohammed Harkat, ce présumé terroriste d'origine algérienne soupçonné d'être un agent dormant du réseau terroriste d'Al-Qaïda, a qualifié d'antidémocratique la guerre en Afghanistan et affirme que la mission canadienne n'a pas l'approbation de la population.
«Je suis bouche bée face à la réélection du gouvernement Harper. Toutefois le premier ministre doit comprendre qu'il a peut-être reçu le mandat de diriger le pays mais non pas un mandat de guerre lors de cette élection. La présence de nos soldats en Afghanistan est une décision antidémocratique et ils doivent revenir au pays immédiatement», croit Sophie Harkat.
Mme Harkat a toujours cru en l'innocence de son mari et s'est dite choquée des circonstances entourant l'arrestation de celui-ci. Elle a profité cette manifestation contre la guerre en Afghanistan pour dénoncer la guerre au terrorisme qui «empoisonne nos vies depuis près de six ans».
Des manifestations anti-guerre ont eu lieux simultanément dans 15 autres villes canadiennes samedi.
Depuis 2002, le Canada a perdu 97 soldats, un diplomate et deux travailleurs humanitaires en Afghanistan. Selon un récent rapport du directeur parlementaire du budget (DPB), sur l'impact financier de la mission canadienne en Afghanistan, les contribuables canadiens pourraient avoir à investir jusqu'à 18 milliards de $ d'ici la fin du mandat prévue en 2011.
clamontagne@ledroit.com