Dans l'ordre habituel: François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe, Huguette Bakinde-Gélinas, originaire de Parakou, au Bénin ainsi que Luc Gélinas, son conjoint.

Les marathoniens humanitaires

Courir un marathon de 42 kilomètres est déjà un défi personnel important. L'accomplir dans un contexte humanitaire est encore plus valorisant, selon un Gatinois.
Luc Gélinas parcourt la planète depuis plusieurs années pour exercer son sport. En 2011, alors qu'il participe au marathon d'Annecy, dans la région Rhône-Alpes au sud-est de la France, il fait la rencontre du père Guillaume Amoussou Kambounon, un adepte de la course à pied et membre de la communauté des Oblats de Saint-François de sales de la ville de Parakou, au Bénin, dans l'Afrique de l'Ouest.
« Il faisait la promotion de son marathon dans une petite tente », se souvient M. Gélinas.
Ce marathon n'a rien d'une course normale telle qu'on les connaît dans les pays industrialisés. C'est ce qui a piqué l'intérêt du marathonien gatinois. Certes, il y a le défi personnel de franchir les 42 kilomètres, mais c'est toute l'expérience « africaine » qui l'a marquée depuis son premier marathon en sol bénin en 2012.
« Il faut comprendre qu'à Parakou, les citoyens ne sont pas enclins à faire de la course à pied pour la mise en forme. L'organisation de ce marathon par le père Guillaume a nécessité une logistique incroyable. Il a dû faire la promotion de cet événement sportif et humanitaire. Il a dû changer la mentalité et sensibiliser les gens au marathon. Par exemple, les femmes ne pouvaient pas participer à de tels événements en temps normal. [...] J'étais sceptique, mais j'ai été ébloui par la participation de la communauté. C'est une expérience de marathon tout à fait différente. »
L'événement réunit des gens des quatre coins de la planète, tous âges, sexes, ethnies, langues et croyances confondus. Plusieurs malades et personnes atteintes d'handicaps participent aussi à la course, fondée il y a sept ans.
« L'année dernière, ma fille de 15 ans, Maude, s'est jointe à moi », dit fièrement M. Gélinas.
L'aspect humanitaire du marathon, lui, vise à amasser des fonds afin d'améliorer la vie des Béninois. Cette année, la course est associée à un centre pour aveugles. L'objectif est de recueillir 10 000 francs CFA, ou environ 22 000 $, pour leur permettre de répondre à des besoins criants.
M. Gélinas - un passionné de l'Afrique et de Parakou où il a rencontré sa conjointe Huguette Bakinde-Gélinas - a décidé de recruter des collègues canadiens pour venir en aide à la cause. Il a cogné à la porte de François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe et marathonien. Ce dernier a accepté sur le champ.
« La cause humanitaire me plaît beaucoup, surtout l'aspect qui cherche à améliorer la santé des gens par la prévention », dit M. Roy, qui s'est mis à la course à pied en 2006 en réponse à des problèmes de santé.
François Roy s'envolera pour le Bénin, à ses frais, au début du mois prochain. Le marathon a lieu le 8 février. Entre-temps, il espère convaincre des marathoniens de suivre le pas et des « philanthropes communautaires » de la région de donner généreusement à la cause.
« Nous voulons augmenter la participation au marathon et je lance un appel aux coureurs de la région. On peut toujours s'inscrire sur le site du marathon de Parakou dans Internet. Tous les dons seront aussi remis au centre pour aveugle. Il n'y a aucuns frais administratifs. »
Les personnes intéressées peuvent contribuer à la cause en joignant l'organisme Logemen'occupe avant le 4 février, au 819-246-6644.