Des centaines d'étudiants ont manifesté bruyamment dans les rues d'Ottawa et de Gatineau vendredi pour revendiquer des actions plus concrètes des gouvernements pour contrer les changements climatiques.

Les jeunes se mobilisent pour le climat à Ottawa et Gatineau

Plusieurs centaines d’étudiants d’Ottawa et de Gatineau ont emboîté le pas à des milliers d’autres du reste du pays et du monde vendredi en descendant dans les rues pour manifester et « sonner l’alarme » face aux enjeux climatiques.

Équipés de sifflets, de sirènes et de pancartes, les jeunes se sont bruyamment fait entendre dans les rues de la région de la capitale nationale. « On est plus chaud que le climat », « Quand c’est fondu, c’est foutu », « Pas de nature, pas de futur », « Ici, maintenant, pour le futur de nos enfants » et « En crisse contre le capitalisme » étaient au nombre des slogans scandés par les manifestants. 

Après avoir commencé leur marche du centre-ville de Gatineau et de l’Université d’Ottawa, les étudiants ont sous escorte policière convergé vers la colline parlementaire.

« Le gros message que l’on veut envoyer, c’est que les gouvernements doivent s’ouvrir les yeux et prendre enfin au sérieux les enjeux reliés au climat. [...] La maison est en feu, il est minuit moins une. Il y a de l’espoir, c’est sûr, mais il faut agir rapidement et drastiquement dès maintenant, car si on attend 15 ou 20 ans, il y aura des conséquences malheureusement irréversibles. Les gouvernements disent souvent que cet enjeu leur tient à cœur, mais au final, ils le mettent très loin dans leur liste de priorités. Ça devrait être l’enjeu numéro un », lance Julien Cossette-Beaulieu, coadministrateur du collectif « La Planète s’invite au Cégep de l’Outaouais ». 

Des dizaines de milliers d’étudiants avaient voté pour un mandat de grève vendredi afin de participer à cette manifestation à travers le Québec et l’Ontario.

L’une des principales revendications du mouvement est de demander aux gouvernements d’établir un programme d’éducation à l’environnement et de sensibilisation à la crise climatique. 

On souhaite aussi que les gouvernements adoptent une loi climatique qui « forcerait l’atteinte des cibles recommandées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius ». 

Ce groupe demande entre autres que la réduction des émissions mondiales de gaz carbonique (CO2) soit de 50% d’ici 2030 et que les émissions nettes soient nulles 20 ans plus tard.

Les jeunes ont convergé vers la colline parlementaire à l'heure du dîner.

« Il y a plusieurs choses qui clochent en ce moment. Ce n’est pas nécessairement facile pour les politiciens de poser des gestes par rapport à ces enjeux-là, mais ça prend vraiment du courage politique. Il faudrait approcher plus d’experts, de scientifiques », s’est quant à lui exclamé Loïc Carpentier, qui prenait aussi part à la mobilisation.

Ce dernier, qui habite à L’Ange-Gardien, où « il n’y a pas de transport collectif », a avoué qu’il souhaite éventuellement se départir de son véhicule afin de se tourner vers le covoiturage. 

À l’échelle régionale, les manifestants interpellent entre autres la Société de transport de l’Outaouais (STO) en lui demandant d’améliorer la desserte du territoire et de s’inspirer de Sherbrooke en offrant la gratuité pour les étudiants. 

« On ne se limite définitivement pas à ces enjeux-là, mais le réseau de transport en commun est inefficace à Gatineau. Il y a tellement de monde qui se rend à l’école en voiture, c’est à peu près le même prix une vignette de stationnement et une passe d’autobus », soutient M. Cossette-Beaulieu. 

Celui-ci avoue avoir eu un véritable « déclic » par rapport à l’importance de poser des gestes pour contrer les changements climatiques en s’impliquant dans l’organisation de cet événement. 

« J’ai réduit ma consommation de viande, même si c’est difficile, car il y a des traditions familiales établies. Mais il faut le faire, car il y a tous les enjeux liés à l’agriculture et la distribution alimentaire. J’essaie aussi de ne pas utiliser de sacs de plastique et je me promène avec ma bouteille d’eau à usage unique. Je ne suis évidemment pas parfait, mais tout le monde doit faire la réflexion. Il ne faut pas s’avouer vaincus », explique l’étudiant, ajoutant être fier que beaucoup de jeunes de sa génération (Z) s’affichent pour l’environnement. 

Cloé Giroux tenait elle aussi à participer à cette mobilisation sans précédent. 

« J’essaie de faire une différence. Ce n’est plus suffisant de simplement recycler. Il faut moins gaspiller de nourriture, acheter peu ou pas d’items suremballés, etc. Ce sont tous de petits gestes que l’on peut poser chaque jour. [...] Les gouvernements veulent avoir une belle image mais leurs gestes ne sont pas verts », a lancé la Gatinoise. 

En marge de cette journée de manifestation, les pavillons de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) sont demeurés ouverts et les activités prévues à l’horaire ont été maintenues, même si les membres de l’Association générale des étudiants ont joint leur voix au mouvement de grève.