Réunis en congrès à Montréal, les membres de l'aile jeunesse péquiste ont finalement opté pour mettre fin au financement des écoles privées par l'État.
Réunis en congrès à Montréal, les membres de l'aile jeunesse péquiste ont finalement opté pour mettre fin au financement des écoles privées par l'État.

Les jeunes péquistes disent stop au financement public des écoles privées

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Après un vif débat, les jeunes péquistes ont réclamé dimanche la fin du financement public des écoles privées.

Au Québec, les écoles privées sont financées à hauteur de 40 % par l'État. Ainsi, une enveloppe de plus de 500 millions $ est distribuée chaque année dans les établissements privés.

Cet enjeu revient périodiquement en raison des problèmes de sous-financement des écoles publiques, mais il demeure un tabou chez une grande partie de la classe politique : il y a des écoles privées dans un très grand nombre de circonscriptions et de nombreux électeurs pour les défendre.

Réunis en congrès à Montréal, les membres de l'aile jeunesse péquiste ont finalement opté pour mettre fin au financement des écoles privées par l'État.

«Les contribuables ne devraient pas payer pour les choix des bourgeois», a lancé une jeune péquiste, qui a été applaudie par une partie de la salle.

Un autre militant favorable a fait valoir que la mission de service public de l'école n'était pas partagée par le réseau privé, même s'il est financé par des fonds publics.

«Si on coupe le financement, ça va être encore plus élitiste», a fait valoir un des militants opposés à cette position.

«Des parents qui font des sacrifices ne pourront plus payer l'école privée à leurs enfants. Ça va inonder les écoles publiques [en raison de l'afflux de nouveaux élèves].»

Un des candidats à la course à la direction du PQ, Sylvain Gaudreault, a accueilli avec prudence la prise de position des jeunes péquistes.

Présent pour écouter les débats, il a dit être ouvert et prêt à étudier cette proposition, sans nécessairement l'endosser tout de suite.

«Éviter la ségrégation, moi, je pense que c'est ça, le principe», a-t-il dit en mêlée de presse, au terme du congrès.

Dans un rapport volumineux, le Conseil supérieur de l'éducation avait déjà souligné que l'école québécoise était déjà la plus inégalitaire au pays.

Immigration

Les jeunes péquistes ont également adopté une proposition pour dépolitiser l'enjeu du nombre d'immigrants admis annuellement, en fonction de critères, mais pour aussi favoriser l'immigration francophone et l'immigration en région.

Un des militants a plaidé pour une meilleure connaissance de l'Histoire et de la politique québécoise. Samuel Loranger a fait un lien entre l'intégration plus ou moins bien réussie des nouveaux arrivants et leur allégeance politique.

«Ce n'est pas normal que des circonscriptions votent à 90 % en faveur du Parti libéral du Québec, il y a un réel problème à ce niveau.»

Cégeps

L'aile jeunesse a par ailleurs adopté une proposition pour élargir la loi 101 aux cégeps, soit rendre obligatoire la scolarisation collégiale en français, sauf pour les jeunes dont un des deux parents a été scolarisé en anglais au Canada.

Gratuité scolaire

Ils se sont prononcés pour la gratuité scolaire pour chaque individu.

Semaine de 35 heures

Samedi, les militants avaient voté en faveur de la modification de la Loi sur les normes du travail pour établir la semaine de travail à 35 heures.

Salaire minimum

Les jeunes péquistes ont en outre choisi de voter majoritairement en faveur de l'établissement d'un taux horaire minimum à 15 $.

Une monnaie québécoise

Ils ont aussi adopté une proposition pour qu'une devise propre au Québec ait cours une fois l'indépendance proclamée.

Drogues

Les militants ont voté en faveur de la décriminalisation de l'usage de toutes les drogues, assortie de mesures de santé publique pour traiter les problèmes de dépendance.