Le gouvernement de Doug Ford devra peut-être hausser les impôts pour couvrir les coûts engendrés par la crise sanitaire, a indiqué le chien de garde des finances de l’Ontario.
Le gouvernement de Doug Ford devra peut-être hausser les impôts pour couvrir les coûts engendrés par la crise sanitaire, a indiqué le chien de garde des finances de l’Ontario.

Les impôts augmenteront-ils en Ontario?

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
TORONTO - Le gouvernement de Doug Ford devra peut-être hausser les impôts pour couvrir les coûts engendrés par la crise sanitaire, a indiqué le chien de garde des finances de l’Ontario.

C’est confirmé, sans grande surprise: le gouvernement Ford ne sera pas en mesure de balancer le budget d’ici 2022, comme promis en campagne électorale.

« Il y avait un plan avant la pandémie. Maintenant, les réalités ont changé. »

Le premier ministre Doug Ford l’a confirmé en conférence de presse, jeudi, après que le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF) ait prévu dans son plus récent rapport que l’Ontario se dirige vers un déficit de 37,2 milliards $ pour l’année fiscale en cours.

Ce manque à gagner qu’anticipe l’organisme indépendant est un peu moins élevé que les 41 milliards $ qu’il prévoyait en mai dernier, mais le déficit reste néanmoins historique en Ontario.

Rappelons que le déficit en 2019-2020 était de 8,7 milliards $.

M. Ford a promis un retour « réfléchi, responsable » vers le balancement des coffres au cours des prochaines années, mais qu’il ne se dépêchera pas à le faire d’ici 2023.

Dans ce rapport, le BRF indique que pour équilibrer le budget d’ici 2023-2024, il faudra 14 milliards $ directement tirés d’une hausse d’impôts ou de réductions permanentes des dépenses.

En 2019, la province avait adopté une loi forçant les gouvernements à rendre disponible un plan de retour à l’équilibre fiscal.

Le premier ministre a toutefois assuré qu’il n’est pas du tout en faveur d’une hausse des impôts des Ontariens.

Pour l’année 2021-22, le chien de garde des finances de l’Ontario prévoit un déficit de 20,4 milliards $, qui pourrait atteindre 24 milliards $ si la hausse des infections à la COVID-19 se poursuit et que le gouvernement est obligé de resserrer les mesures sanitaires.

Le produit intérieur brut (PIB) pourrait diminuer de 7,4 %, pour rebondir d’uniquement 2,9 % en 2021, estime le BRF dans un scénario qui évalue l’impact d’une fermeture partielle, qui commencerait cet automne.

Le changement serait beaucoup moins vite que les 5,1 % attendus dans les perspectives initiales.

Chômage

L’impact des fermetures liées à la pandémie sur le marché de l’emploi en Ontario est considérable, indique le BRF dans son rapport. La province a enregistré une perte record de 1,2 millions d’emplois de février à mai, alors que le taux de chômage a plus que doublé pour atteindre 13,6 %.

« Si que le marché du travail continue de se redresser en ces derniers mois de 2020 et au cours de la prochaine année, on prévoit que le taux de chômage de l’Ontario évoluera à la baisse. Néanmoins, il est prévu que le taux de chômage annualisé de l’Ontario atteigne un sommet inégalé en 26 ans, soit 9,7 % en 2020, avant de diminuer modestement pour atteindre 8,5 % en 2021. »

Le premier ministre, dont les ambitions de relancer les grandes entreprises sont abyssales, a soutenu que « le marché de l’emploi, c’est un peu comme les montagnes russes… Parfois ça grimpe, parfois ça descend ».

Le gouvernement de l’Ontario présentera un budget provincial pluriannuel d’ici le 15 novembre.