L’année 2019 est toute particulière pour l’artiste-peintre Jean-Yves Guindon.

Une vie en peinture

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / L’année 2019 en est une de célébrations pour l’aquarelliste de renom Jean-Yves Guindon.

Il fête d’abord ses 70 ans. Il fêtera aussi cette année ses 35 ans de carrière à temps plein comme aquarelliste. Son exposition champêtre annuelle qu’il tient chez lui, à Saint-André-Avellin, en sera cette année à sa 30e édition. Et il soulignera à sa façon le 20e anniversaire de la Maison Mathieu-Froment-Savoie, lui qui est un commanditaire majeur de cette maison de soins palliatifs depuis son ouverture en 1999. « Tout arrive en même temps », lance-t-il.

Il est sans contredit le peintre le plus connu de l’Outaouais et l’un des rares à pouvoir vivre de son art. Mais même lui n’y croyait pas trop. Ses parents l’avaient (presque) convaincu qu’il crèverait de faim s’il tentait de gagner sa vie avec son pinceau et ses toiles. « Mes parents voulaient ma sécurité, ils ne voulaient pas que je souffre, dit-il. Pour eux, la peinture, ce n’était pas sérieux. Ils avaient des exemples d’autres artistes pour qui les choses avaient plutôt mal tourné. »

Jean-Yves Guindon a complété son secondaire. « Mais de justesse, laisse-t-il tomber. Je dessinais tout le temps. L’école, je ne voulais rien savoir de ça. Alors je m’assoyais à l’arrière de la classe et je dessinais à longueur de journée. »

Il aurait bien voulu poursuivre ses études postsecondaires en art et tenter tout de même sa chance dans ce domaine, malgré les conseils de ses parents. « Mais lorsque je me suis inscrit au Collège Algonquin, se souvient-il, on m’a dit que le cours d’art était déjà complet. J’ai donc choisi la récréologie. » Et ce domaine allait l’emmener dans un long détour de plusieurs années avant qu’il puisse enfin se consacrer entièrement à sa passion, l’aquarelle.

À sa sortie du collège, il a d’abord été embauché par le Patro de la Basse-Ville d’Ottawa. Peu de temps après, il a postulé pour un emploi à la Société d’aménagement de l’Outaouais (SAO) en espérant obtenir un poste dans la Petite-Nation, sa région préférée du grand Outaouais et sa région adoptive depuis plus de 30 ans.

Il a bel et bien été embauché par la SAO, mais comme commis au Lac Beauchamp, à Gatineau. « Et peu de temps après mon arrivée, on m’a nommé gérant du Lac Beauchamp », se rappelle-t-il. Puis il a été nommé gérant d’un nouveau pavillon qui ouvrait ses portes au lac Leamy. Puis gérant des deux endroits. « Ça allait bien, affirme-t-il, j’aimais ça. Mais lorsque la direction de la SAO a vu que je n’avais plus de défis au bout de deux ou trois ans, elle m’a nommé directeur de l’Aéroport de Gatineau. Je n’étais pas heureux dans ce poste. Je détestais ça. J’ai même offert ma démission à un moment donné, mais on l’a refusée.

«Mais pendant ces 11 années à la SAO, je peignais les week-ends, poursuit-il. Je n’avais toutefois pas encore découvert l’aquarelle. C’est Jeannette (son épouse des 46 dernières années) qui m’a inscrit à mon insu à un cours d’aquarelle, en 1983. Et quand j’y suis allé, ce fut une révélation. Dès que j’ai touché à l’aquarelle, je me suis dit : «je veux faire ça dans la vie». Puis j’ai démissionné de mon poste à l’aéroport.» Sa carrière d’aquarelliste allait enfin prendre son envol…

«Jeannette a toujours cru en moi, reprend-il. Elle a été la première à m’encourager et à m’appuyer dans mon rêve. C’est elle qui m’a acheté ma première galerie d’art à Hull, sur le boulevard St-Joseph. Et ç’a marché.»

Trente-cinq ans et 4 500 aquarelles peintes plus tard, Jean-Yves Guindon vit toujours très bien de son art et son exposition champêtre sur sa terre à Saint-André-Avellin attire annuellement plus de 2 700 personnes.

En 2009, on lui remettait l’Ordre de Gatineau pour souligner sa carrière et sa philanthropie, lui qui, au fil des ans, a offert gracieusement 325 œuvres à plus de 75 organismes de bienfaisance de la région pour une valeur de 250 000 $. Et en 2012, celui qui «ne voulait rien savoir de l’école» se voyait décerner un doctorat honorifique de l’Université du Québec en Outaouais pour l’ensemble de sa carrière.

L’aquarelliste Jean-Yves Guindon

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35 ANS DE CARRIÈRE

Les 70 ans de vie et 35 années de carrière de Jean-Yves Guindon seront célébrés lors d’une soirée-bénéfice qui se tiendra à l’hôtel DoubleTree de Hilton, secteur Aylmer, le jeudi 20 juin prochain, sous la présidence d’honneur du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Repas, prix de présence, encan crié, musique et danse sont au menu. Et tous les profits de la soirée seront versés à la Maison Mathieu-Froment-Savoie.

Les billets se vendent au coût de 125 $ l’unité.

Pour en réserver : 819-770-3900 ou direction@mmfs.org