Le recteur de l’UQO, Denis Harrisson, a annoncé qu’il quittera son poste à la fin de janvier 2020.

Un dernier sprint pour Denis Harrisson

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / En février dernier, de passage au Droit pour une rencontre éditoriale, le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, 66 ans, laissait entendre qu’il se sentait d’attaque pour solliciter un deuxième mandat de cinq ans lorsque son mandat actuel arriverait à échéance en janvier 2020.

La semaine dernière, à peine quatre mois après cette rencontre au Droit, M. Harrisson a annoncé qu’il tirera sa révérence de l’UQO au terme de son présent mandat et qu’il quittera son poste à la fin janvier.

Or, la question se pose : la santé va bien, Monsieur le Recteur ?

« Très bien, je suis en parfaite santé, répond-il. Je fais de la course à pied régulièrement et je viens même à l’UQO en vélo de temps à autre. De ce côté-là, ça va très bien. J’avais mentionné au Droit (en février) qu’il y aurait une période de réflexion jusqu’au mois de juin. C’est sûr qu’en février, j’étais plus en mode de me représenter. Mais comme j’ai annoncé cette semaine, c’était une réflexion de longue haleine, de plusieurs semaines. Et ce qui m’a emmené à cette décision-là, c’est vraiment relié à mon âge. Le fait que ce soit des mandats de cinq ans m’a emmené à ne pas solliciter un deuxième mandat.

LE DROIT : Est-ce qu’un autre poste en éducation supérieure vous attend ailleurs en janvier prochain ?

DENIS HARRISSON : Je ne quitte pas pour un autre emploi et je ne me cherche pas un autre emploi. J’aurai des projets, mais je ne peux en parler immédiatement. Ce sont des projets qui vont se dessiner au cours des prochains mois. Mais je suis encore à l’UQO pour six mois. Et d’ici là, je compte me consacrer corps et âme à mon poste de recteur.

LD : Votre plus grande fierté durant votre mandat, ou votre meilleur coup, si on peut dire ainsi ?

DH : Je pense que mon meilleur coup, c’est d’avoir réussi à mettre en place un plan de développement pour de nouveaux programmes. C’est aussi le plan stratégique avec plusieurs projets menés par des professeurs, des chargés de cours, des professionnels, enfin toute la communauté universitaire qui s’est mobilisée derrière l’un ou l’autre de ces projets. En fait, peut-être que mon meilleur coup, si j’ai à résumer, c’est sans doute la mobilisation de la communauté de l’UQO pour réaliser l’ensemble de ces projets.

LD : Et votre plus grande déception ?

DH : Ce n’est pas encore fini, j’ai encore six mois à faire. (Rires). Ma plus grande déception ? Je n’en vois pas vraiment. Quand j’ai mentionné en conférence de presse cette semaine qu’il y avait eu des tensions au cours des dernières années, ce sont quand même des aspects où l’on a réussi à trouver des solutions. Et je pense que c’est ce qui est important à retenir, on est capable de résoudre des problèmes. Des tensions, ça fait partie de l’ADN des universités en général. Il y en aura toujours. Mais je pense qu’on a quand même réussi à développer de beaux projets. Et ce sont surtout les aspects constructifs et positifs qui ressortent davantage que les tensions.

LD : L’UQO a une entente financière avec la Ville de Gatineau pour développer de nouveaux programmes. Est-ce que, selon vous, le développement de la Ville de Gatineau passe par le développement de l’UQO, et vice versa ?

DH : On a un conseil municipal — un maire en particulier — qui a compris le rôle d’une université dans une ville. Particulièrement pour les villes qui veulent se développer avec une diversification économique. Pour se faire, ça passe par des institutions d’enseignement supérieur — une université surtout — qui puissent se développer. Notre université, avec 5 000 étudiants, est une petite université. Mais au cours des prochaines années, on devrait être une université avec au moins 10 000 étudiants. Et pour ce faire, il faut développer des programmes et une offre qui permettra aux étudiants de l’Outaouais de venir étudier à l’UQO. Et c’est ce qu’on fait avec la Ville qui nous finance à une hauteur de 500 000 $ sur cinq ans pour développer des programmes. Les élus de Gatineau croient à ce partenariat. Et nous y croyons aussi. L’université du XXIe siècle se développe en construisant des partenariats avec différents acteurs des milieux économiques, municipaux, culturels, de l’éducation et de la santé. C’est comme ça qu’on parviendra à se développer. C’est important qu’on le fasse ensemble. On ne peut pas se développer en vase clos ou comme une tour d’ivoire. Ce n’est pas ça qui est l’objectif de notre université. C’est vraiment d’exercer sa mission avec les gens de la Ville et de la communauté universitaire.

LD : Resterez-vous en Outaouais au terme de votre mandat ou rentrerez-vous dans votre région natale (la Rive-Sud de Montréal) ?

DH : Notre fille habite Montréal, mais mon épouse et moi avons l’intention de rester ici en Outaouais. »

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Détenteur d’un doctorat en sociologie, Denis Harrisson est recteur de l’UQO depuis le 30 janvier 2015. Il avait auparavant occupé le poste de vice-recteur à l’enseignement et à la recherche à cette même université.

Il quittera ses fonctions le 30 janvier 2020.