La première année de Raymond Théberge à titre de commissaire aux langues officielles du Canada a été qualifée par certains de «discrète». Mais le Franco-Manitobain a multiplié les visites et les conférences.

Raymond Théberge, l’enfant du bilinguisme

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Raymond Théberge se dit « un enfant de la Loi sur les langues officielles ».

De son enfance dans son village francophone de Sainte-Anne-des-Chênes, au Manitoba, il a grandi, cheminé, et son parcours exceptionnel l’a mené jusqu’à Ottawa où il a été nommé, en janvier 2018, commissaire aux langues officielles du Canada. Et si quelqu’un peut se targuer de connaître à fond la réalité et les défis des minorités linguistiques au pays, c’est bien lui.

Titulaire d’un doctorat en linguistique, d’une maîtrise ès arts et linguistique appliquée et d’un baccalauréat en histoire, M. Théberge, 66 ans, a notamment agi comme directeur du Centre de recherche et doyen de la Faculté de l’éducation au Collège universitaire de Saint-Boniface, au Manitoba, professeur associé à l’université Laval, recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, directeur général du Conseil des ministres de l’éducation (Canada), et sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation et au ministère de la Formation et des Collèges et Universités de l’Ontario.

Pas si mal pour un Franco-Manitobain qui, à l’école élémentaire, devait lire un livre intitulé My British Heritage

Le Droit l’a rencontré.

RAYMOND THÉBERGE : Mon village de Saint-Anne-des-Chênes était comme un petit Québec. On s’appelait des Canadiens français. Il y avait l’église et l’école des Sœurs Grises, et c’était ça le centre du village. Mon père était propriétaire d’une épicerie. Ma mère a élevé ses cinq enfants et elle était une militante très impliquée dans l’éducation en langue française au Manitoba. Je me souviens de ce livre que j’avais dans mon cours de sciences sociales qui s’intitulait My British Heritage, alors que personne dans la classe n’avait un british heritage. Quand ma mère a appris ça, elle m’a fait la leçon elle-même, elle m’a raconté l’histoire de Louis Riel (rires).

LE DROIT : Vous n’avez pas soumis votre candidature au poste de commissaire aux langues officielles du Canada. On a plutôt été vous chercher, comme on dit. Pourquoi avez-vous accepté ce défi ?

RT : Si je regarde d’où je viens, je trouvais qu’à ce point-ci c’était ma façon de contribuer. La dualité linguistique est une valeur canadienne et une valeur fondamentale qui mérite d’être protégée. C’est le rôle du commissaire aux langues officielles et c’est ma motivation. Moi, je m’appelle un enfant de la Loi sur les langues officielles. J’avais 16 ans lorsque cette loi a été adoptée. C’était pour moi et pour ma génération une affirmation de qui nous étions comme Canadiens français, et comme Franco-Manitobains par la suite. À ce moment-là, on écoutait les chansonniers du Québec comme les Robert Charlebois, Louise Forestier et Yvon Deschamps. Puis il y a eu aussi tous les chansonniers de la France. Pour nous, c’était une ouverture sur le monde. Et le fait que nous avions une loi sur les langues officielles, avec le commissaire Keith Spicer qui était cool, on se disait : « Là, on est vraiment spécial comme francophones. » Il y avait beaucoup d’effervescence à cette époque dans les communautés francophones partout au Canada. Et on a fait beaucoup de progrès depuis. Mais aujourd’hui, honnêtement, je pense qu’on stagne. Qu’on recule, même.

LDC’est effectivement fort inquiétant depuis un certain temps.

RT : Mais est-ce que le mouvement anti-bilinguisme que l’on ressent présentement est une nouvelle tendance, ou est-ce une tendance qui va simplement disparaître ? Une chose est claire, c’est que la conjoncture a rapidement changé. Pourquoi cette réaction au cours des dernières années ? Ça porte certes à la réflexion. Est-ce le temps d’avoir une discussion nationale sur les droits (des minorités linguistiques) et sur la dualité linguistique ? Devrait-on avoir une conférence fédérale-provinciale-territoriale ? C’est le 50e anniversaire de l’adoption de la Loi sur les langues officielles cette année. Ce serait un bon moment pour avoir ce genre de réflexion. (…) Je pense que dans certaines provinces, on a oublié nos responsabilités à l’égard des communautés (francophones). On parle beaucoup d’économie. Mais on ne doit jamais faire des économies sur le dos des minorités.

LD : Vous avez récemment terminé votre première année à titre de commissaire aux langues officielles du Canada. Certains intervenants ont dit publiquement que vous avez été plutôt discret et même « fantomatique » durant cette première année de votre mandat.

RT : Cette année, j’ai visité cinq régions, donné 27 conférences à travers le pays, j’ai fait deux comparutions devant la Chambre et une autre devant le Sénat. Et c’est sans oublier les 800 plaintes reçues, donc des enquêtes. Et on finalise présentement mon premier rapport annuel. Vrai, ce fut une année d’apprentissage. Ottawa est un monde en soi. Mais à mon avis, on a beaucoup accompli. Peut-être qu’on aurait pu mieux communiquer ce qu’on a fait. Mais l’année a été extrêmement chargée.

LD : Et une année difficile pour les minorités francophones au pays. Craignez-vous que les choses aillent de mal en pis pour ces communautés en 2019 ?

RT : Il faudra être encore plus vigilant qu’on l’était par le passé. Il y a eu beaucoup de changements dans les gouvernements (provinciaux) au cours des dernières années, il faudra être vigilant. C’est tout de même ironique qu’on ait ces préoccupations en 2019, l’année du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Après 50 ans, certains croiraient que la question de la dualité linguistique est réglée. Mais elle ne l’est pas. Pas du tout.

Les grandes entrevues

Denise Robert - fière Vaniéroise, fière Franco-Ontarienne

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / J’avais tort. Et je m’en suis excusé. La célèbre productrice de cinéma Denise Robert se dit fière Franco-Ontarienne et fière Vaniéroise. Et elle tenait à remettre les pendules à l’heure.

Dans ma chronique du 12 septembre dernier intitulée La petite histoire d’un carré, je vous ai parlé d’un lopin de terre vacant du secteur Vanier qui sera converti en «Carré de la francophonie», un lieu de rassemblement et d’événements pour la communauté franco-ontarienne qui sera inauguré le 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens.

Les grandes entrevues

Les adieux de la bijoutière

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / C’est une institution de Hull qui fermera ses portes le 24 décembre prochain. La bijouterie Richer & Snow de la promenade du Portage ne sera plus après 70 années d’existence.

Non, ce commerce n’est pas une autre victime des magasins à grande surface et des Amazon de ce monde. Les affaires allaient très bien et la fidèle clientèle était toujours au rendez-vous.

Les grandes entrevues

Le long détour de l’auteur Jean Boisjoli

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Il a été enseignant au secondaire et journaliste à la radio avant de faire carrière comme avocat au gouvernement fédéral. Mais on connaît surtout Jean Boisjoli comme l’un des meilleurs auteurs franco-ontariens.

Après avoir publié trois recueils de poésie, il a écrit son premier roman, La mesure du temps, en 2016, qui lui a mérité le prestigieux prix littéraire Trillium. Et son deuxième roman qui vient d’être lancé aux Éditions David, Moi, Sam. Elle, Janis, ne s’attire que des éloges.

Denis Gratton

Mélissa Ouimet, «La Voix» de Saint-Albert

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Mélissa Ouimet savait dès l’âge de six ans qu’elle allait faire carrière sur la scène et que « personne ne pourrait l’arrêter » dans la conquête de son rêve.

Des bars, des festivals et des spectacles « corpo » jusqu’à une participation en quart de finale à la dernière édition de la populaire émission La Voix, cette artiste franco-ontarienne de Saint-Albert nommée quatre fois au Gala Trille Or 2019 a certes gravi les échelons vers le succès.

Les grandes entrevues

Claude Brûlé, un Franco chez les Anglos

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Québécois natif de Trois-Rivières et Franco-Ontarien d’adoption, Claude Brûlé a été nommé, le mois dernier, président-directeur général du Collège Algonquin, à Ottawa. Il devient ainsi le premier francophone à la tête de cette institution d’enseignement anglophone depuis (feu) Laurent Isabelle, qui a dirigé ce collège de 1973 à 1982.

M. Brûlé n’est pas un nouveau venu au Collège Algonquin, lui qui compte 20 ans d’ancienneté au sein de l’administration de l’endroit, d’abord comme chef du département de l’informatique, ensuite comme doyen de la faculté des technologies et des métiers, puis comme vice-président académique de 2012 jusqu’à sa nomination récente à la présidence et la direction générale.

Les grandes entrevues

Gilbert Lacasse : de la survie du Droit à la création d’une ville

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Gilbert Lacasse a été président-éditeur du quotidien Le Droit de 1987 à 1993. Une époque difficile pour cette entreprise qui était alors lourdement endettée et à un cheveu de la fermeture.

Le Droit, en 1987, était propriété du magnat de la presse, Conrad Black. Et si Gilbert Lacasse ne réussissait pas à restructurer ce journal et le rendre à nouveau rentable, on allait tout simplement « mettre la clé dans la porte ».

Les grandes entrevues

Michel Prévost, le gardien de l’histoire

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Impliqué depuis plus de 40 ans dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine historique et bâti de l’Outaouais et d’Ottawa, Michel Prévost est certes « le gardien de l’histoire » le plus connu de la région.

Connu… et reconnu. Archiviste en chef de l’Université d’Ottawa de 1990 à 2017 et président de la Société d’histoire de l’Outaouais depuis 1997, M. Prévost, 62 ans, a reçu d’innombrables reconnaissances, prix et honneurs au cours de sa carrière. Plus récemment, l’université Saint-Paul à Ottawa lui a décerné un doctorat honorifique pour l’ensemble de sa carrière, l’ACFO d’Ottawa lui a remis le Prix Bernard Grandmaître pour son apport inestimable à la préservation du patrimoine franco-ontarien, et la Ville de Gatineau a reconnu son engagement exceptionnel en patrimoine régional en lui décernant l’Ordre de Gatineau.

Denis Gratton

Michelyne Gagné, une carrière dévouée aux enfants

CHRONIQUE — LA GRANDE ENTREVUE / Par conviction et par amour des enfants, Michelyne Gagné a choisi de leur consacrer sa vie professionnelle, particulièrement aux plus vulnérables d’entre eux.

Originaire de Val d’Or, en Abitibi, Michelyne Gagné a été embauchée comme travailleuse sociale à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Outaouais dès sa sortie de l’université, à l’âge de 23 ans, et elle y a œuvré pendant 32 années, dont les onze dernières comme directrice et directrice provinciale.

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Le monde vu par Paul Chiasson [PHOTOS]

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Paul Chiasson a été un témoin privilégié de l’histoire des 40 dernières années. Photographe à La Presse canadienne, l’agence de presse bilingue à laquelle il s’est joint il y a 37 ans après quatre années au quotidien Le Droit et une année comme pigiste en Europe pour le journal France Soir et l’agence Associated Press, il a capté en photos d’innombrables événements et personnalités qui ont marqué le monde et le cours de l’histoire durant les quatre dernières décennies.

« J’ai la chance d’aller dans des endroits où les gens ne vont pas, dit-il humblement. Je suis allé dans le Bureau ovale (à la Maison-Blanche), dans le bureau du Kremlin, à l’Élysée, au 10 Downing Street et plein d’autres endroits. J’ai fait des G8, des G20, des Sommets du Commonwealth et tous ces trucs-là. Je suis allé au Camp David, là où personne ne va. J’ai couvert onze Jeux olympiques. La grande majorité des gens ne vont pas à ces endroits. Moi, j’ai le privilège d’y aller pour eux. »

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Un dernier sprint pour Denis Harrisson

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / En février dernier, de passage au Droit pour une rencontre éditoriale, le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, 66 ans, laissait entendre qu’il se sentait d’attaque pour solliciter un deuxième mandat de cinq ans lorsque son mandat actuel arriverait à échéance en janvier 2020.

La semaine dernière, à peine quatre mois après cette rencontre au Droit, M. Harrisson a annoncé qu’il tirera sa révérence de l’UQO au terme de son présent mandat et qu’il quittera son poste à la fin janvier.

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La fin d’une aventure pour Marie-Claude Morin

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Elle accompagne quotidiennement les gens de l’Outaouais et de la grande région d’Ottawa depuis 20 ans.

Animatrice de l’émission du matin à la radio Rouge FM depuis deux décennies, Marie-Claude Morin est un peu devenue l’amie de milliers d’auditeurs qui l’ont choisie pour débuter leur journée, pour prendre le petit-déjeuner avec elle, pour l’écouter en se rendant au boulot.

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Éric Lavoie, le pionnier du «pot»

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Éric Lavoie a eu la surprise de sa vie le vendredi 11 janvier dernier. Une agréable surprise. « Je venais d’arriver à la maison, il était 20 h 30 ou 21 h lorsque j’ai reçu le courriel », se souvient-il.

Le courriel en question ? Un avis de la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) qui lui annonçait que lui et son partenaire en affaires, Michael Patterson, avaient remporté la loterie du cannabis, leur donnant ainsi une licence d’exploitation pour l’un des cinq magasins de vente au détail de cannabis d’Ottawa.

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Une vie en peinture

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / L’année 2019 en est une de célébrations pour l’aquarelliste de renom Jean-Yves Guindon.

Il fête d’abord ses 70 ans. Il fêtera aussi cette année ses 35 ans de carrière à temps plein comme aquarelliste. Son exposition champêtre annuelle qu’il tient chez lui, à Saint-André-Avellin, en sera cette année à sa 30e édition. Et il soulignera à sa façon le 20e anniversaire de la Maison Mathieu-Froment-Savoie, lui qui est un commanditaire majeur de cette maison de soins palliatifs depuis son ouverture en 1999. « Tout arrive en même temps », lance-t-il.

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Madeleine Meilleur, d’Ottawa-Vanier à Bagdad

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Il y a trois ans, Madeleine Meilleur surprenait un peu tout le monde en annonçant son départ de la vie publique. Après 25 années en politique municipale et provinciale, dont 13 années comme ministre dans les cabinets de Dalton McGuinty et Kathleen Wynne, le temps était venu pour la Procureure générale de l’Ontario et ministre déléguée aux Affaires francophones de tirer sa révérence et de passer plus de temps auprès des siens.

Un an plus tard, à la surprise générale encore une fois, on apprenait que Mme Meilleur avait été choisie par le gouvernement Trudeau pour occuper le poste de Commissaire aux langues officielles. Une décision fortement critiquée par les partis d’opposition et par certains groupes francophones qui dénonçaient le fait que le gouvernement avait nommé une ancienne ministre libérale de l’Ontario à un poste d’agent du Parlement, dont la nature est impartiale. Devant cette controverse, Madeleine Meilleur a décidé de retirer sa candidature.

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La Reine de la danse [VIDÉO]

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Lucienne Cyr fait danser les gens depuis un demi-siècle.

Le 25 mai prochain, cette charmante dame de Hull célébrera ses 87 ans. Et ce jour-là, elle fêtera aussi ses 50 ans comme professeure de danse.

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La Sommelière du peuple

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / La sommelière Véronique Rivest est comme le bon vin. Elle se bonifie avec l’âge.

Le 29 avril dernier, Mme Rivest a été nommée sommelière de l’année au prestigieux Gala de la gastronomie québécoise. Ce n’était certes pas le premier honneur qu’elle méritait, elle qui a acquis au fil des ans une réputation internationale dans sa profession.

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L’ingénieure en chef

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Manon Lalonde est devenue bien malgré elle porteuse de mauvaises nouvelles depuis quelques semaines.

Ingénieure en chef de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (CPRRO), c’est elle qui multiplie les entrevues médiatiques depuis le début des crues printanières. C’est elle qui a l’ingrate tâche de nous annoncer que la crue progresse ou que la fonte des neiges s’accentue, ou encore que la pluie des prochains jours n’aidera en rien et que la situation sur le terrain s’empire de jour en jour, voire d’heure en heure. C’est elle qui — comme on dit — « doit aller au batte ».

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La voix des jeunes Francos

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Il y a 10 ans, alors que l’ACFO de Prescott-Russell venait de lui décerner le prix jeunesse Thomas-Godefroy pour son engagement actif dans la promotion de la langue française et de la culture franco-ontarienne, Mélina Leroux déclarait au Droit qu’elle aimerait se lancer en politique dans le but de devenir, un jour, première ministre du Canada. Ou encore première ministre de l’Ontario. Rien de moins.

Lundi dernier, la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) la nommait directrice générale de cet organisme. Un bon choix. Titulaire d’un baccalauréat en sciences sociales spécialisé approfondi en sciences politiques avec une mineure en études des francophonies, cette jeune femme de 28 ans de Rockland a toujours été impliquée dans la francophonie ontarienne. Elle a travaillé pendant trois ans comme coordonnatrice des grands événements au bureau de la FESFO. Elle a donné des cours de formation en leadership organisés par le ministère de l’Éducation de l’Ontario. Et elle était jusqu’en février dernier agente, communications et relations communautaires au Commissariat aux services en français, à Toronto.

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Le sénateur de la rue

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / On connait Jean-Marie Lapointe l’acteur pour ses rôles dans Épopée Rock, Lance et compte, Scoop, Chambre en ville et plusieurs autres émissions.

On l’a connu aussi comme l’animateur à la barre du Club des 100 watts et de l’émission Écoute-Moi. Comme cinéaste, il a réalisé le documentaire Face à la rue sur les ondes de Moi et Cie Télé, une série qui porte sur l’itinérance et qui lui a valu un prix Gémeaux. Et sa prochaine série, Fin de mois, sera diffusée sur la même chaîne à compter du 30 avril prochain. Comme auteur, il a publié trois livres, dont son autobiographie intitulée Mon voyage de pêche. Et on sait tous qu’il est le fils du grand Jean Lapointe.

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Le «Monument» de Chute-à-Blondeau

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Les murs de son bureau sont décorés de certificats, de distinctions et de médailles.

L’Ordre des francophones d’Amérique, l’Ordre de la Pléiade, le Prix Séraphin-Marion et plusieurs autres honneurs. S’ajoutent au décor ses deux doctorats en philosophie et en lettres françaises, ses nombreuses publications et œuvres littéraires, et une affiche du méga-spectacle franco-ontarien, L’Écho d’un peuple, pour lequel il a été co-concepteur avec son fils Félix, comédien, conseiller en histoire, secrétaire et président.

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Dernier tour de piste pour le chef Bordeleau

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Charles Bordeleau fêtera ses 35 années comme policier d’Ottawa le 4 mai prochain. Et ce jour-là — le samedi 4 mai — ce Franco-Ontarien originaire de la Basse-Ville tirera sa révérence après un peu plus de sept années à la tête du Service de police d’Ottawa (SPO).

« J’ai été embauché le 4 mai 1984, j’avais 21 ans, se souvient-il. J’ai été nommé chef en mars 2012 pour un contrat de cinq ans auquel on a ajouté deux autres années en 2014. 

«Et quand j’ai resigné pour ces deux années additionnelles, c’était entendu que je prendrais ma retraite en 2019. Après sept années comme chef, le temps est venu de passer le leadership à quelqu’un d’autre qui continuera à faire avancer le SPO. C’est le temps pour la relève. »

Charles Bordeleau, 56 ans, a succédé au chef Vernon White en mars 2012, lorsque ce dernier a été nommé sénateur par l’ancien premier ministre canadien, Stephen Harper. Le chef Bordeleau a-t-il l’intention d’imiter son prédécesseur ? La politique fait-elle partie de ses plans d’avenir ?

« Non, pas du tout !, répond-il dans un éclat de rire. Je ne me lancerai pas en politique. Ni au niveau municipal ni au niveau provincial et ni au niveau fédéral. Je n’ai pas le goût pour ça, mais pas du tout. À compter du 4 mai, je vais tenter de m’ajuster à ma nouvelle vie de retraité. Je prends l’été de congé. J’ai des choses à faire au chalet, je veux recommencer à jouer au golf et je vais juste me reposer. Et je n’ai pas de plans pour un autre emploi. On verra ce que l’avenir me réservera. »

Le chef Bordeleau a connu un mandat de sept ans plutôt mouvementé à la direction du SPO alors qu’il a dû gérer un bon nombre d’événements majeurs. Deux graves accidents d’autobus en 2013 et 2019 ; les tornades de septembre dernier qui ont touché certains secteurs d’Ottawa, notamment celui de Dunrobin ; la fusillade au Parlement en octobre 2014 ; le nombre croissant de fusillades dans les rues de la capitale au cours des dernières années.

Quel événement l’a-t-il le plus marqué durant ces sept années ?

« Le suicide de l’un de mes agents, répond-il sans hésiter. C’était le 28 septembre 2014, un dimanche. Nous étions sur la colline parlementaire pour la cérémonie annuelle où nous reconnaissons les policiers tués en devoir. Ce jour-là, l’agent Kal Ghadban a décidé de venir à la station, il s’est rendu dans son bureau et il s’est tué avec son arme de service. On ne saura jamais pourquoi. C’est une journée qui nous a tous marqués et qui m’a beaucoup marqué personnellement.

«Les autres incidents, comme les tornades, la fusillade au Parlement, les accidents d’autobus et le reste ont été des événements majeurs au niveau opérationnel et où j’ai été très fier du travail accompli par mes agents. Mais le suicide de Kal a été difficile. Très difficile.»

«Tout le monde aime les bonbons»

Les premières boutiques de cannabis en Ontario ouvriront leurs portes le lundi 1er avril. 

À Ottawa, ce sont trois commerces qui inaugureront leurs locaux lundi matin. Et le chef Bordeleau se dit légèrement appréhensif vis-à-vis cette «nouvelle» industrie.

«Notre priorité au SPO est axée sur la sécurité routière et la problématique en ce qui a trait à la conduite automobile, dit-il. Nous devons nous assurer que nos routes restent sécuritaires. Jusqu’à maintenant, on n’a pas vu d’impact sur la conduite automobile, et c’est tant mieux. Ce qui nous inquiète le plus, c’est la prochaine étape qui vise les produits dérivés de cannabis et les produits alimentaires. Si tu ne fumes pas aujourd’hui, tu ne commenceras pas à fumer demain. Par contre, tout le monde aime les bonbons. Et ce sera intéressant de voir ce qui se passera à ce niveau-là. Le prochain chef devra se pencher sur ce problème potentiel avec nos partenaires de la santé publique.»

Le nombre de fusillades dans la capitale nationale augmente d’année en année. C’est un grave problème et le chef Bordeleau le reconnaît. Il avait d’ailleurs donné la priorité à ce dossier à son arrivée à la tête du SPO, en 2012. Mais sept ans plus tard, rien ne semble réglé.

«Il y a une augmentation au niveau de la violence et c’est un problème national, dit-il. Il n’est pas unique à Ottawa. Et on a fait du progrès. On a aujourd’hui une stratégie que nous n’avions pas il y a sept ans. Aujourd’hui, on compte 32 partenaires qui travaillent ensemble au niveau de l’intervention, de l’éducation et de l’application de la loi. J’aurais évidemment préféré qu’il n’y ait pas d’augmentation (de fusillades), mais je suis fier de la stratégie que nous avons développée avec nos partenaires. Et on a vu une réduction cette année. On compte 15 fusillades cette année par rapport à 23 à la même date l’an passé. Mais c’est sûr qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.

— Et si les sept dernières années étaient à refaire, changeriez-vous quelque chose ?

— La partie la plus difficile comme chef de police, c’est d’essayer d’avoir le bon équilibre entre les membres (les policiers) et leurs besoins, la communauté et ses besoins, et les besoins des patrons de la Commission (des services policiers d’Ottawa). Il faut trouver cet équilibre-là. Et je pense que dans certains cas, je n’ai pas eu le bon équilibre. En penchant plus vers la communauté, ça m’a parfois coûté à l’interne. Le bureau du chef amène beaucoup de responsabilités. C’est un fardeau important. Je n’ai jamais regretté ma décision (d’accepter le poste de chef du SPO), pas une seule journée. J’ai toujours servi avec fierté et mes valeurs n’ont jamais été compromises. Mais je verrai comment je me sentirai le 5 mai prochain sans ces responsabilités. Ça va faire changement, je crois», conclut-il en souriant. 

Chroniques

Le journaliste philanthrope

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / André Larocque est un gars de nouvelles. Un journaliste dans l’âme qui a gravi les échelons dans le monde de l’information, de la rédaction à la direction, notamment à titre de rédacteur en chef du quotidien Le Droit pendant cinq années, de 2005 à 2010.

De l’Abitibi à Montréal, en passant par les Cantons-de-l’Est et l’Outaouais, il a œuvré pendant près de 25 ans en journalisme et en communications.

Les grandes entrevues

Le dragon de la Petite-Nation

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Les gens de la Petite-Nation n’auront pas l’occasion de voter pour un ex-dragon lors des élections fédérales d’octobre prochain.

L’entrepreneur bien connu, François Lambert, avait laissé entendre il y a moins de cinq mois qu’il songeait sérieusement à poser sa candidature sous la bannière conservatrice dans la circonscription d’Argenteuil-Petite-Nation, là où se trouve sa « maison de campagne ». Une circonscription représentée à la Chambre des communes par le député libéral Stéphane Lauzon.

Les grandes entrevues

La surprenante Nancy Béliveau

CHRONIQUE - LES GRANDES ENTREVUES / « Votre parcours est assez exceptionnel, lui ai-je lancé en entamant notre entretien.

— Je ne sais pas s’il est exceptionnel, a-t-elle répliqué. Mais il est atypique, c’est le moins qu’on puisse dire ! », a-t-elle ajouté dans un éclat de rire.

Les grandes entrevues

Le ruisseau de Jean Marc Dalpé

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Certains l’appellent « le Michel Tremblay de l’Ontario français ». Mais Jean Marc Dalpé n’aime pas cette comparaison.

« M. Tremblay a une longue et immense carrière, dit-il. Il y a des auteurs qui sont des fleuves, d’autres sont de petits ruisseaux. Moi, à côté de M. Tremblay, je suis clairement le petit ruisseau. »

Les grandes entrevues

Le beau legs de Michel Lavoie

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Michel Lavoie rêvait depuis toujours d’écrire un roman.

Né et élevé dans le quartier Wrightville de l’ancienne Ville de Hull, ce cadet d’une famille de neuf enfants avait toujours le nez collé dans ses Tintin, ses romans scouts Signe de piste, ses Astérix le Gaulois. « Moi aussi je serai auteur un jour », se disait-il sans trop y croire.

Les grandes entrevues

Le p’tit gars de Saint-Jean-Bosco

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / La plaque d’immatriculation de son automobile se lit : HULL1. Non pas parce qu’il se croit le conseiller municipal numéro un de la Ville de Gatineau. Mais bien parce que Jocelyn Blondin a l’ancienne Ville de Hull, sa ville natale, tatouée sur le cœur… et sur sa voiture.

« On peut sortir le gars de Hull, mais on ne sortira jamais Hull du gars », lance-t-il, lui qui est né, qui a grandi et qui habite toujours le quartier Saint-Jean-Bosco. Un quartier qui, dit-il, était autrefois un « village dans une grande ville ».

Les grandes entrevues

Monsieur le maire Mathieu Fleury ?

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Mathieu Fleury, maire d’Ottawa en 2022 ? C’est fort possible.

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier a été élu pour un troisième mandat consécutif en octobre dernier. Aux prochaines élections municipales, en 2022, il comptera 12 ans d’expérience à la table du conseil. « Sur les cinq conseillers du centre-ville, je suis celui qui compte le plus d’années d’expérience », souligne-t-il.

Les grandes entrevues

L’inoubliable Mathieu Froment-Savoie

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / « Mathieu a toujours été pour son entourage une source de grande fierté. Il a beau dire, par modestie, qu’il ne se considère pas comme un héros ou un modèle à suivre, il sera toujours pour nous un modèle de courage, de ténacité, de générosité et de vie ».

C’est dans ces mots que Pierrette Froment-Savoie et Ghislain Savoie concluent la préface du livre qu’a écrit leur fils Mathieu alors qu’il était âgé de… onze ans.