Le nouveau président des Olympiques de Gatineau, Norm MacMillan.
Le nouveau président des Olympiques de Gatineau, Norm MacMillan.

Norm MacMillan: de la politique à la patinoire

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Norm MacMillan et son épouse, Marie-Laure, devaient quitter pour la République dominicaine, vendredi matin, pour des vacances de deux mois loin de l’hiver et du froid.

Mais à quelques jours de Noël, l’ancien ministre québécois et député libéral de Papineau a annoncé à sa douce moitié que les plans avaient changé. Qu’il n’y aurait pas de voyage dans le Sud sur la plage immaculée de Punta Cana parce qu’il préfère rester ici et regarder le hockey. Une décision qui risque de lui coûter cher « en chien »…

« Quand je lui ai annoncé ça, dit M. MacMillan, mon épouse m’a montré une photo d’un labrador. Donc je pense que tout ça va me coûter un chien ! », ajoute-t-il dans un éclat de rire.

Il y a deux semaines, le directeur général des opérations hockey des Olympiques de Gatineau de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Alain Sear, et le président de cette même équipe, Martin Lacasse, quittaient l’organisation après des semaines de tumultes internes et alors que l’équipe chutait au classement au même rythme que les bancs se vidaient dans le centre Robert-Guertin. Quelques heures après le départ des deux hommes, les actionnaires des Olympiques recrutaient Norm MacMillan pour succéder à Martin Lacasse comme président et porte-parole de l’équipe.

« Alain Sear m’a appelé après avoir quitté l’équipe et après tout le brouhaha et il m’a dit : ‘tu devrais t’intéresser à ça Norm’, raconte le nouveau président. Alors, j’ai appelé deux ou trois actionnaires de l’équipe pour leur dire : ‘si vous pensez que je peux vous aider, ça me ferait plaisir de le faire’. Je ne savais pas dans quel rôle je pourrais aider. Puis, ils m’ont offert le rôle de président et de porte-parole. C’était après que Martin Lacasse ait surpris tout le monde en décidant de quitter lui aussi. Alors j’ai accepté. Et je veux être impliqué dans tout. Je ne veux pas être ici juste parce que je m’appelle MacMillan.

«Je ne sais trop ce qui se passait ici (au sein de l’organisation), je n’étais pas là. Mais j’assistais aux parties et ça me faisait de la peine de voir tous les sièges vides. On (l’organisation des Olympiques) était comme un alcoolique rendu au fond du baril. Quelque chose devait se passer, ils devaient chercher de l’aide. Et au premier match après que ce monde-là soit parti, il y avait 2 200 personnes dans le Vieux-Bob. À la deuxième partie, ils étaient 1 600 spectateurs, malgré une tempête à l’extérieur. La base de partisans est toujours là. Et c’est à nous d’y voir.»

— Et combien de temps comptez-vous rester en poste ?

«J’aimerais mettre la puck au jeu lors de la toute première partie dans le nouvel aréna. C’est sûr que si l’équipe est vendue et que (l’ancienne vedette des Olympiques et des Kings de Los Angeles) Luc Robitaille achète toutes les parts et décide de mettre son propre monde à la direction, ce sera tout pour moi. Mais j’aimerais bien dropper la puck au premier match dans le futur Guertin avant de partir.

— C’est sérieux, cette vente à Luc Robitaille ?

«Il est intéressé, c’est sûr. Il vient visiter le nouvel aréna en janvier et je compte le rencontrer à ce moment-là.»

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Norm MacMillan, 72 ans, a deux passions : le hockey et la politique. Et impossible de jaser avec lui sans que les deux sujets soient abordés. Pour le hockey, il en soupera au cours des prochains mois et il semble heureux comme un poisson dans l’eau derrière son bureau du centre Robert-Guertin. La politique, par contre, le stresse un peu depuis quelques semaines, avoue-t-il en souriant. «Je serai peut-être obligé de voter conservateur aux prochaines élections fédérales», laisse-t-il tomber, lui qui est libéral depuis toujours.

Son bon ami, l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, aurait récemment signalé son intention de se présenter dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada pour succéder à Andrew Scheer. Ou s’agit-il d’une simple rumeur ?

«Il est très sérieux, affirme Norm MacMillan. Je ne lui ai pas parlé dernièrement, mais j’ai parlé à des gens de son entourage et il est sérieux. La première chose que Jean a dit c’est : ‘Michou est d’accord’. Ça veut tout dire. Sa famille a toujours été d’une importance majeure pour lui tout au long de sa vie politique. Et si sa famille dit oui, Jean sera sûrement dans la course.»

— Et plus localement, M. MacMillan, que pensez-vous du travail de la CAQ (Coalition avenir Québec) en Outaouais ?

«Ils vont bien. Ils ont de l’argent. L’argent que les libéraux ont mis en banque. Ils (les trois députés caquistes de l’Outaouais) sont présents et ils prennent de bonnes décisions. Je ne jouerai pas la belle-mère.»

— On vous pointe souvent du doigt lorsqu’il est question de l’autoroute 50, construite à deux voies plutôt qu’à quatre. C’était votre gouvernement qui était au pouvoir et vous étiez ministre délégué aux Transports et ministre responsable de l’Outaouais lorsqu’elle a été complétée de cette façon.

«À l’époque, on m’a dit au conseil des ministres que ça coûterait 1,6 milliard $ pour la faire à quatre voies et qu’on avait 860 millions $ à investir. «Si t’acceptes ça (les 860 millions $), on la fait à deux voies», m’a-t-on dit. Je ne suis pas fou, je n’ai pas dit non. Alors là elle est faite et je suis très fier de l’avoir faite. C’est maintenant à eux (le gouvernement caquiste) d’investir et de la mettre à quatre voies.»