Mélissa Ouimet, qui était sur la scène du Capitole de Québec plus tôt cette semaine, sera de passage à Saint-Albert pour le Festival de la Curd samedi soir.

Mélissa Ouimet, «La Voix» de Saint-Albert

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Mélissa Ouimet savait dès l’âge de six ans qu’elle allait faire carrière sur la scène et que « personne ne pourrait l’arrêter » dans la conquête de son rêve.

Des bars, des festivals et des spectacles « corpo » jusqu’à une participation en quart de finale à la dernière édition de la populaire émission La Voix, cette artiste franco-ontarienne de Saint-Albert nommée quatre fois au Gala Trille Or 2019 a certes gravi les échelons vers le succès.

Ça n’a pas toujours été facile. Mais sa résilience, sa persévérance et son immense talent l’ont menée jusqu’au bout de ses rêves.

Jointe à Québec où la troupe La Voix Expérience, dont elle fait partie, est en résidence pour trois semaines au Théâtre Capitole, Mélissa Ouimet, 33 ans, s’est entretenue avec Le Droit.

Voici des extraits de cette entrevue avec celle qui sera sur scène ce soir avec le groupe Swing et Damien Robitaille dans un spectacle « 100 % Franco » présenté au Festival de la curd de Saint-Albert, dans sa cour arrière.

LE DROIT : Votre première participation à La Voix en 2015 ne s’est pas aussi bien passée que cette année alors qu’aucun des quatre juges de l’époque ne s’était retourné pour vous sélectionner. Ce fut difficile comme expérience ?

MÉLISSA OUIMET : Personne n’est indifférent à ça. Ça nous rentre dedans, peu importe l’expérience qu’on a. Mais ça fait partie de la game. Sur le coup, c’est sûr que j’étais déçue. Mais je me suis relevée et ça ne m’a pas achevée (rires). J’ai souvent rebondi des épreuves. Ça fait un peu partie de mon parcours. Je rebondis et ça me drive. Enfant, on ne pouvait pas me dire non. Et dans la vie, quand on veut réellement quelque chose, on persévère, on travaille, on continue et on ne se laisse pas dire non.

LD : C’est immédiatement après cette première expérience à La Voix que vous avez écrit la chanson Personne ne pourra m’arrêter ?

MO : Exacte.

LD : Dans la foulée des coupes des services en français annoncées en novembre dernier par le gouvernement de l’Ontario, vous avez adapté cette chanson pour la réenregistrer avec des artistes francophones de partout au Canada. La vidéo de cet enregistrement a été vue des milliers de fois sur les réseaux sociaux, et la chanson a connu un immense succès. Comment cette idée vous est-elle venue ?

MO : J’ai eu un flash. Je crois que c’était deux jours après l’annonce des coupes. J’ai vu que les gens étaient interpellés par cette chanson et je me suis dit : « il faut la refaire ». La refaire pour que ça fasse du bruit pour tout le monde. Et je n’avais pas envie de la refaire seule. Je voulais inclure des artistes francophones de partout au Canada parce qu’il n’y a plus de barrières. On est tous ensemble là-dedans. On doit se protéger et aller au front pour les autres.

Tout le monde a embarqué dans ce projet et ce fut une expérience extraordinaire. Et aujourd’hui, lorsque je chante cette chanson au Québec, je raconte aux spectateurs ce qui s’est passé en Ontario (en novembre et décembre dernier) et les gens sont touchés par ça.

LD : Vous êtes d’ailleurs montée sur scène à Ottawa lors des manifestations historiques du 1er décembre dernier en Ontario français. Votre souvenir de cette journée-là ?

MO : J’étais tellement touchée. C’était indescriptible. On vit souvent des moments intenses sur scène, mais rien ne se compare à ça. Nous étions tellement unis pour une même cause, il y avait quelque chose de tellement magique là-dedans. C’est difficile à expliquer, mais je pense que les gens dans la foule l’ont aussi ressenti. Tu chantes pour défendre quelque chose avec tous ces gens devant toi qui défendent la même chose que toi… C’était réellement magique. Et je me suis dit que les élus (à Queen’s Park) allaient sûrement s’embarrer quelque part et qu’on ne les reverrait plus (rires).

LD : Vous serez en spectacle samedi (ce soir) au Festival de la curd de Saint-Albert. C’est spécial de revenir chanter à la maison ?

MO : J’aime toujours chanter à la maison, les gens sont au rendez-vous, ils connaissent les tounes, c’est vraiment amusant. J’ai hâte de revoir tout le monde. Je sais qu’en fin de soirée, tout le monde est un peu pompette, mais je pense qu’on va avoir du fun.

LD : Et votre père (Réjean Ouimet de la Fromagerie Saint-Albert) sera sûrement dans la première rangée devant la scène.

MO : Sûrement, oui. Mais j’espère qu’il n’apportera pas sa chaise (rires). »