L'inimitable André-Philippe Gagnon

Il serait plus facile de nommer les artistes qu'André-Philippe Gagnon n'a jamais imités que ceux qui ont eu droit à sa médecine.
Après 30 ans de carrière, l'humoriste de 53 ans originaire de Québec compte aujourd'hui plus de 500 voix à son répertoire. Des imitations qui ont fait rire des millions de gens, de Montréal à Paris, en passant par le Canada anglais, l'Asie, l'Europe et ses dix années en permanence à Las Vegas, de 1999 à 2009.
Une carrière phénoménale qui a pris naissance aux Lundis des Ha ! Ha !, en 1983, mais qui a pris réellement son envol vers des cieux inespérés après sont interprétation incroyable de la chanson We are the World, en 1985, à l'émission The Tonight Show de Johnny Carson.
Son vrai nom : André Gagnon. Le nom Philippe a été ajouté pour éviter toute confusion avec le pianiste québécois bien connu.
« C'est ma blonde de l'époque qui m'a suggéré le nom de André-Philippe, se souvient-il. Elle m'a dit que André-Philippe Gagnon serait cute comme nom. Et pourquoi pas ? »
L'humoriste et imitateur sera au Théâtre du Casino du Lac-Leamy le week-end prochain pour y présenter, vendredi le 21, son spectacle anglophone, qui sera suivi le lendemain de son spectacle francophone.
LeDroit l'a rencontré.
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LeDroit : Rêviez-vous dans votre jeunesse de faire carrière sur la scène ?
André-Philippe Gagnon : Quand j'étais jeune, je voulais juste avoir du fun avec ma famille et mes amis. Les enfants font des imitations jusqu'à l'âge de deux ans. Ils imitent leurs parents et les bruits qu'ils entendent, puis ils passent à autre chose. Mais dans mon cas, il y a quelque chose qui a jammé et je n'ai jamais arrêté. J'avais six ou sept ans quand mon grand frère Fernand a remarqué que je pouvais imiter Tweety Bird à la perfection. Et quand il a dit à ma mère que j'étais drôle dans mes imitations, je me suis dit que j'avais peut-être un certain talent. Parce que d'habitude, mon frère m'aurait fessé dessus, comme tous les grands frères font. (Rires.) Donc, à compter de ce moment-là, je me suis dit que je pouvais faire des imitations devant mes amis. Puis j'ai attrapé la piqûre de faire rire les gens.
LD : Quels souvenirs gardez-vous de votre rencontre avec le légendaire Johnny Carson ?
APG : J'étais très nerveux après la répétition. Puis Johnny Carson est venu me voir dans ma loge, cigarette entre les doigts, et il m'a dit de ne pas m'en faire, que la répétition avait super bien été. Et il a ajouté : « Just go out there and have fun. » Je me suis toujours rappelé de ces mots. C'est tellement vrai. Si tu ne t'amuses pas, les gens vont voir que t'es crispé. Donc, « just go out there and have fun ». Arrange-toi pour avoir du fun, mémorise tes choses, sois professionnel, et quand tu vas arriver sur scène, tu n'auras pas de problème. Si t'as pas de fun, c'est parce que t'as mal appris tes affaires. Le fun n'arrive pas par magie. Il faut que tu sois préparé.
LD : Après 30 ans à imiter les gens, l'exercice ne devient-il pas un peu redondant ?
APG : Si je comprends bien ta question, tu me demandes : « T'es pas tanné de faire ça ! ? » (Rires.)
LD : Heu... disons que c'est une autre façon de la poser. (Rires.)
APG : Non. Pas du tout. Parce que je donne des spectacles partout. Oui, la redondance, c'est que je fais des imitations. Mais les contextes sont toujours différents. Cette semaine (la semaine dernière), je serai à Toronto le 8. Je reviens refaire mes valises et je repars pour Paris le 9. Je donne un spectacle là-bas le 11, je reviens le 12 pour refaire encore mes valises, et je repars pour Québec pour des spectacles les 14 et 15. Je prends ensuite une petite pause pour m'entraîner au hockey parce que je joue avec les anciens Canadiens à Cowansville, le 2 mars, puis je serai ici (à Gatineau) les 21 et 22 (février). Le contexte et le spectacle sont donc différents chaque fois. Et je m'amuse toujours. J'ai du fun.
LD : Avez-vous vu le spectacle de Véronic DiCaire ?
APG : Je n'ai pas vu Véronic en spectacle, mais je l'ai croisée à quelques reprises en coulisses. Je sais qu'elle chante super bien, j'ai entendu des extraits de son spectacle. Je sais qu'elle est bonne et elle semble adorer ce qu'elle fait. Et il faut dire qu'elle est agréable à l'oeil.
LD : La voyez-vous un peu comme la relève ?
APG : Étant jeune moi-même, c'est difficile à dire. (Rires.)
LD : Et quand vous n'êtes pas sur scène, que faites-vous ? Quels sont vos loisirs, vos passe-temps ?
APG : Mes passe-temps sont mes spectacles (Rires.) Dans mon vrai job, je suis le chauffeur de ma femme et de mes deux enfants (16 et 19 ans). Je fais les courses, j'attends dans l'auto, je vais chercher les sacs. J'apporte la poche de hockey à l'aréna, je vais faire affiler les patins, je rapporte les livres à la bibliothèque, je vais chez Bureau en gros. C'est ce que je fais à temps plein. Mon hobby, ce sont les spectacles.
LD : Donc si je comprends bien, quand vous donnez un spectacle, vous vous sauvez ?
APG : C'est un peu ça, oui. (Rires.) Mais j'adore mes enfants. Je vais m'ennuyer d'eux quand ils auront quitté la maison. Ils sont adorables et ils ne sont tellement pas de trouble qu'ils ne me donnent même pas de matériel pour la scène. C'est comme ma belle-mère. Elle est gentille, je l'adore. Donc je ne peux même faire de blagues sur elle !
LD : Et qui entendrons-nous le 22 avril prochain, dans votre spectacle francophone au Théâtre du Casino ?
APG : Ça débute avec une comédie musicale sur les problèmes de circulation et de construction à Montréal. Garou qui chante Le monde est cone. Richard Desjardins qui chante sur le pont Champlain. Vincent Vallières est le chroniqueur de la circulation. Paul McCartney est le touriste en crisse qui chante The Long and *@#! ing Road. Il y a aussi Jacques Demers qui confond les sénateurs au Parlement et les Sénateurs au hockey. On s'amuse beaucoup, bref. »