La comédienne Pascale Bussières est porte-parole de la foire Écosphère, dont le volet gatinois a lieu ce week-end.

L’environnement de Pascale Bussières

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Au cinéma, on a vu la comédienne Pascale Bussières dans les films Eldorado du réalisateur Charles Binamé, Un 32 août sur terre, de Denis Villeneuve, Emporte-moi de Léa Pool — un rôle qui lui a valu le prix Jutra de la meilleure actrice de soutien — et, bien entendu, dans Ma vie en Cinémascope de Denise Filiatrault, dans lequel elle a incarné la grande Alys Robi et pour lequel elle a remporté le prix Jutra et le prix Génie de la meilleure actrice.

« Ce n’était pas banal, ce rôle d’Alys Robi, dit-elle. Ce fut un film très exigeant à faire, mais très stimulant aussi. »

En fait, Pascale Bussières a joué dans d’innombrables longs métrages au Québec, au Canada anglais et à l’international au cours de sa carrière de plus de trente ans. Et à la télévision, on l’a vue dans Blanche, dans la comédie Le Cœur a ses raisons, ainsi que dans Belle-Baie, Mirador et tout récemment dans District 31, pour ne nommer que ces téléséries.

Et Pascale Bussières ne s’arrête pas, elle qui a soufflé 50 bougies le mois dernier.

« Je reprends mon rôle dans District 31 à l’automne, confirme-t-elle. J’ai aussi tourné en Europe l’automne dernier et ce film, qui portera le titre Justice.net, sortira ici probablement à l’automne. J’ai aussi deux projets de films cet hiver, mais je ne peux pas en dire plus parce que le financement n’est pas encore complété. »

Bref, Pascale Bussières ne chôme pas et elle est toujours aussi en demande que par les années passées. Mais l’industrie du cinéma québécois se porte-t-elle mieux aujourd’hui qu’il y a 15 ou 20 ans ?

« On vit des moments difficiles dans le cinéma comme dans la musique avec la problématique du téléchargement, répond-elle. Les habitudes de consommation se sont transformées et ça cause des répercussions énormes sur l’industrie. Les gens ne vont plus au cinéma, ils regardent des séries. Les gens n’achètent plus d’albums. Ils téléchargent. Donc ça fait une industrie qui a un peu le cul entre deux chaises. On a des créateurs extraordinaires qui n’ont malheureusement pas toujours les moyens nécessaires pour arriver à leurs fins. Mais beaucoup de projets sont déposés, les gens ne se découragent pas de faire du cinéma malgré tout.

«Est-ce que l’industrie va bien ? Je pense que l’industrie n’a pas les moyens de ses ambitions, affirme la comédienne. Pourtant, il y a beaucoup d’espace à combler en termes de contenu. Sauf que c’est comme si on ne veut pas investir dans le contenu. Beaucoup de mes amis qui travaillent dans l’industrie sont un peu affolés par tout ça. Il n’y a pas beaucoup de monde dans les salles. Quand on travaille pendant deux ou trois ans sur un scénario et sur la production d’un film qui ne va durer qu’une semaine ou une semaine et demie en salle, le calcul n’est pas terrible. C’est un peu caduc en matière de rentabilité et c’est un peu démoralisant pour le réalisateur. Donc je pense qu’on est dans un virage. Peut-être que l’expérience cinématographique va se transformer et devenir autre chose. Beaucoup de cinémas proposent des événements cinématographiques autour de la présentation d’un film. Il va y avoir plus de présence des artisans qui seront là pour discuter avec le public. Je pense que ça va se transformer. Mais c’est difficile de prédire vers quoi tout ça va se diriger. Chose certaine, les gens consomment beaucoup de séries.»

Pascale Bussières a troqué son chapeau de comédienne cet été pour celui de porte-parole de la foire Écosphère, dont le volet gatinois se tient aujourd’hui et demain sur les terrains Zibi, coin Laurier et Laval, secteur Hull, et où se rassemblent une centaine d’exposants et 24 conférenciers.

Pourquoi a-t-elle accepté ce rôle ?

«J’étais la première porte-parole d’Écosphère il y a 13 ans, répond-elle. C’était en démarrage à l’époque et je trouvais que c’était une très bonne idée de rassembler tous les créateurs, les scientifiques et les penseurs autour de la question de l’environnement et des nouvelles technologies desquelles les gens peuvent s’inspirer et ramener à la maison. J’ai été porte-parole d’Écosphère pendant trois ans et je pense que cette foire est encore extrêmement pertinente, sinon plus qu’avant. C’est de plus en plus pertinent de se mobiliser et qu’il y ait une action citoyenne forte. Ça fait du bien d’avoir des solutions, de pouvoir réfléchir à la question et de ne pas être devant un constat catastrophique et de se sentir impuissant. Je pense que cette foire propose ça. Elle propose beaucoup de solutions.

— Mais certains — notamment le président des États-Unis — ne croient pas aux changements climatiques et à l’urgence d’agir sur la question environnementale.

«C’est sûr que c’est navrant. Mais en même temps, je pense que ça force toutes les associations, tous les regroupements environnementaux à être d’autant plus déterminés dans leurs actions. Parfois, c’est devant l’adversité qu’on se mobilise et qu’on trouve plus de force et plus d’énergie. On est devant un scénario d’horreur et lui (Donald Trump) l’incarne. Et il faut qu’on se positionne par rapport à ça. Et moi, je crois au génie humain et je continue d’avoir foi en l’espèce. Le mouvement vers le développement durable est devenu une nécessité absolue pour la suite du monde et nous devons collectivement suivre cet élan.»

La foire Écosphère : www.foireecosphere.org ou le 877-551-8913.