C’est un petit gars de la place, Marc-André Boyes-Manseau, qui prendra la direction de La Nouvelle Scène.

Le retour au bercail

C’est un « p’tit gars » de Hull diplômé du Collège Saint-Alexandre qui prendra la tête de La Nouvelle Scène Gilles Desjardins, lundi.

Cadet d’une famille de six enfants, Marc-André Boyes-Manseau, 56 ans, a grandi dans le secteur Val-Tétreau. Mais à l’époque, ce jeune Hullois s’appelait Marc-André Manseau. Le « Boyes » dans son nom de famille n’est venu que plus tard dans un élan d’amour et de romantisme rarement vu.

« En 1987, raconte-t-il, j’ai rencontré Jennifer Boyes, celle qui allait devenir mon épouse. Et quand nous nous sommes mariés en 1989, j’ai changé mon nom pour “Boyes-Manseau”. Je me suis dit qu’on créait quelque chose ensemble. Alors, créons quelque chose de nouveau. Et nos deux filles se nomment “Boyes-Manseau”. Mais c’est sûr que nos arbres généalogiques deviendront un peu compliqués », lance-t-il dans un éclat de rire.

Marc-André Boyes-Manseau a quitté vendredi son poste de directeur administratif du Presentation House Theatre à Vancouver-Nord, un poste qu’il occupait depuis 2015. Mais il n’arrivera pas en pays étranger, lundi, lorsqu’il débutera sa nouvelle carrière à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins, en milieu franco-ontarien.

Il a auparavant été assistant à la direction administrative du Théâtre du Trillium (en 1988). Il a ensuite déménagé à Vancouver — la ville natale de son épouse — où il a travaillé dans le domaine du théâtre et de la danse de 1991 à 2001. Il est revenu à Ottawa pour prendre la direction du Théâtre de la Vieille 17, de 2001 à 2008. Il a ensuite œuvré au Conseil des arts du Canada comme agent de programme au service du théâtre, avant de retourner à Vancouver en 2015. Et lundi, il rentrera à la maison.

« Et je suis très content de retourner travailler en français, affirme-t-il. C’est une très grande motivation. Ça fait deux ans et demi que je travaille en anglais. C’est bon, c’est bien. Mais ma langue, c’est le français. Ma création est en français. Ma philosophie est en français. Et la culture francophone nous manque beaucoup.

«Ma partenaire, Jennifer, est native de Vancouver. Elle vient d’une famille unilingue anglaise, mais elle était parfaitement bilingue quand je l’ai rencontrée, en 1987. Elle a une affinité avec la langue française et elle a fait ses études à Dijon, en France, en lettre française et en théâtre. Elle avait donc un accent parisien que j’ai un peu converti en québécois (rires). Donc on parle français à la maison. Notre fille aînée, Madeleine, est diplômée en théâtre de l’Université d’Ottawa et elle travaille à Ottawa. Et notre fille, Camille, étudie en sociologie à l’Université Concordia, à Montréal. Nous sommes donc heureux de retourner dans l’Est pour être plus près de nos enfants. On a bien hâte.»

Marc-André Boyes-Manseau aura plusieurs défis à relever en revenant dans la région.

DETTE DE 3 MILLIONS $

Marc-André Boyes-Manseau aura cependant tout un défi à relever à son arrivée à La Nouvelle Scène. Soit celui d’éponger une dette de 3 millions $ occasionnée par les travaux de reconstruction de l’espace culturel. Mais il est confiant qui sa nouvelle équipe et lui réussiront à remettre le train sur les rails.

«Chaque organisme a ses défis, dit-il. Et j’ai vécu toutes sortes de situations dans toutes sortes d’organismes. Et ce n’est pas ça qui m’inquiète. C’est évident que cette dette affecte directement nos budgets d’exploitation. Mais selon moi, il y a une équipe forte en place avec beaucoup de compétences et un but commun : la pérennité de La Nouvelle Scène.

«Et ce que j’aime dans le domaine des arts, c’est l’esprit d’équipe. L’esprit de travailler ensemble. Les gens ont des idées fortes et ça me plaît. Ce n’est jamais pareil dans ce domaine. On ne produit pas des balles de golf, on produit des spectacles qui sont aussi différents les uns que les autres. Et c’est ce qui m’inspire. Alors on va se retrousser les manches, on va travailler fort et j’ai confiance qu’on arrivera à trouver des solutions afin de réduire le déficit.»

LA MUSIQUE

Marc-André Boyes-Manseau aura aussi un autre défi en revenant dans la région. Celui de se trouver des amis musiciens avec lesquels il pourra jouer les fins de semaine.

«Je suis drummer de jazz, dit-il. J’ai commencé à jouer vers l’âge de 15 ans. Je jouais dans La Génération Qui Chante vers la fin des années 1970, ainsi que dans un band de garage. Cet amour de la musique vient de mère qui écoutait du Frank Sinatra, du Glen Miller et les big bands. Il y avait beaucoup de musique dans la maison. Puis j’ai découvert le jazz et j’ai développé mes habiletés en musique.»

«J’avais donc une décision à prendre. Allais-je poursuivre mes études universitaires en musique ou en mathématiques, un autre domaine que j’aime. Je me suis finalement lancé dans le domaine de l’administration des arts, à l’Université d’Ottawa. Mais j’ai toujours gardé mon côté musicien. Et j’essaie toujours de trouver des musiciens avec lesquels je peux jouer les fins de semaine. Juste pour le plaisir de jouer.»