Maude Marquis-Bissonnette, le nouveau visage politque dans le district du Plateau, à Gatineau.

Le nouveau visage du Plateau

CHRONIQUE / Les élections municipales à Gatineau se sont tenues le 5 novembre dernier, mais Maude Marquis-Bissonnette a été élue dans le district du Plateau à la fin octobre. Engagée dans une course à deux contre le candidat Patrick Doyon, Mme Marquis-Bissonnette a été élue par proclamation lorsque son adversaire, qui était la cible d’allégations de comportements inappropriés envers plusieurs femmes, s’est retiré de la course.

« Je trouve malheureux que cela se fasse dans de telles circonstances », avait alors déclaré la nouvelle conseillère du Plateau. Mais ce que Maude Marquis-Bissonnette n’a pas dit en octobre dernier, c’est qu’elle était carrément déçue de ne pas pouvoir mener cette campagne à terme.

« C’était une déception, affirme-t-elle. J’avais l’impression que je pouvais la gagner cette campagne. Et j’aurais aimé gagner le 5 novembre. J’aurais aimé gagner en même temps que mes collèges d’Action Gatineau dans d’autres districts.  

«Ma campagne se déroulait très bien, poursuit-elle. J’avais deux directeurs de campagne à temps plein, dont mon père, de Québec, qui est venu rester chez moi pendant quatre mois. Il est un enseignant de carrière qui avait comme premier projet de retraite d’aider sa fille à gagner ses élections (rires). Mon équipe et moi avons cogné à des milliers de portes, j’ai fait le tour du quartier une fois et demi, et le Plateau est le plus gros district avec ses quelque 13 000 électeurs. Et la réception des gens était très bonne. Je pense que les gens du Plateau étaient contents de voir que c’était une jeune femme qui se présentait. L’âge moyen dans le Plateau est assez bas. La personne typique du Plateau, c’est sa première maison, avec un ou deux enfants, début trentaine, instruite. C’est ce que j’incarne. Et j’étais très confiante, même si (l’animateur radio) Roch Cholette pensait que je n’aurais pas dû gagner et qu’on n’entendrait plus mon nom après le 5 novembre» laisse-t-elle tomber, sourire en coin.

— Allez-vous lui rappeler ses paroles ?, que je lui demande.

— Je ne pense pas qu’il faut accorder trop d’attention à ces gens-là.  

—Mais ça blesse quand même d’entendre de tels commentaires, non ?

— Disons que je l’ai pris comme un défi. »

Qu’elle ait été élue de façon traditionnelle ou non, les gens du Plateau seront dignement représentés à la table du conseil municipal de Gatineau au cours des quatre prochaines années.

Originaire de Québec, Maude Marquis-Bissonnette, 29 ans, s’est établie à Gatineau il y a cinq ans. Entrepreneure, consultante et enseignante en politiques publiques à l’Université Carleton, à Ottawa, elle est titulaire d’un baccalauréat en sciences politiques de l’Université de Montréal, ainsi que d’une maîtrise en administration publique en gestion urbaine de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) de Montréal. Mère monoparentale d’un garçon de quatre ans, Maude Marquis-Bissonnette poursuit de plus un doctorat en politiques publiques à l’Université Carleton.

« Et je compte terminer mon doctorat durant le présent mandat, affirme-t-elle. Je suis habituée de faire plusieurs choses en même temps. Je n’ai pas vraiment de vie sociale (rires). Je travaille énormément et je me plais là-dedans. En plus de compléter mon doctorat, je termine présentement des mandats de consultation, mais je n’enseigne plus à l’Université Carleton.

«Mais mon enfant sera toujours ma priorité, dit-elle. Et je pense qu’il faut changer la vision qu’on a envers les élus. Moi, je ne serai pas à tous les soupers de bines. Mais lorsque les gens vont m’appeler parce qu’ils ont besoin de moi, je serai là. Mais je ne pense pas que je vais me démarquer en ma qualité d’élue parce que je suis à tous les soupers de bines, mais plutôt parce que je vais être là (à la table du conseil) pour offrir des solutions, parce que j’ai une vision et parce que je vais travailler fort. Mais d’être à tous les événements communautaires, c’est impossible. Et si on veut de la diversité parmi les élus, il faut qu’on accepte ça.»

Ancienne championne plongeuse («j’étais parmi le top 10 au Canada quand j’avais 17 ans», dit-elle), Maude Marquis-Bissonnette est vouée à une brillante carrière. Mais pourquoi a-t-elle — et vous m’excuserez le jeu de mots — plongé en politique municipale ?

«C’est ce qui anime ma recherche depuis plusieurs années, répond-elle. J’avais déjà un intérêt très marqué pour la politique municipale. Parce que selon moi, c’est au niveau local qu’on peut régler des enjeux qui ont une grande portée. Comme, par exemple, les changements climatiques. Les solutions les plus pratiques se trouvent au niveau local. C’est la même chose pour l’immigration. On sait qu’il y a des réfugiés, des mouvements de masse et de plus en plus de réfugiés climatiques. C’est au niveau local qu’on fera en sorte que ces gens-là vont s’intégrer et diversifier la société.

«Et là, je trouve que j’ai le meilleur job au monde. Et je vais me représenter dans quatre ans», de conclure la nouvelle conseillère du district Le Plateau.