Père de quatre enfants, Félix Saint-Denis fêtera ses 51 ans dans quelques jours.

Le legs de Félix Saint-Denis

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / On dirait qu’il ne vieillit pas celui-là...

Avec sa joie de vivre contagieuse, son entrain, son esprit ultra créatif et sa tête pleine de projets aussi grandioses les uns que les autres, Félix Saint-Denis peut paraître comme un éternel ado. Un ado qu’on a vu grandir au fil des luttes et des succès des 30 dernières années de la communauté franco-ontarienne.

Mais ce père de quatre enfants fêtera ses 51 ans dans quelques jours. Et sa feuille de route prouve bien que l’adolescent est devenu grand. Et que ses créations et ses succès des dernières décennies, tels les Jeux franco-ontariens, le mégaspectacle L’Écho d’un peuple  et son plus récent spectacle Ton histoire est une épopée, pour ne nommer que ceux-ci, sont un véritable héritage qu’il lègue aux Franco-Ontariens.

Félix Saint-Denis porte le titre d’animateur culturel depuis 35 ans. Soit depuis qu’il s’est joint à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), à l’âge de 15 ans.

« La FESFO m’a donné un sens d’appartenance à la communauté franco-ontarienne, dit-il. Vrai, étant le fils de Yves Saint-Denis (président fondateur de l’ACFO de Prescott et Russell) et de parents très engagés dans leur communauté, disons que la pomme ne tombe pas loin de l’arbre. Mais ce qui m’a vraiment donné un sens d’appartenance à la communauté, c’est la FESFO. C’est là que je me suis fait des amitiés qui durent toujours aujourd’hui. »

Originaire de Chute-à-Blondeau dans l’Est ontarien et diplômé de l’école secondaire de Hawkesbury, Félix Saint-Denis est venu à Ottawa pour poursuivre ses études universitaires en sciences politiques. Mais il a vite compris que ce n’est pas vraiment en politique qu’on peut changer les choses... 

« J’ai détesté ce domaine (sciences politiques) », lance-t-il en riant. « Quand j’étais au secondaire, je voyais la politique de façon bien naïve et candide. Je me disais que j’allais changer mon milieu et l’améliorer. Mais j’ai finalement compris que la politique, c’est l’art de prendre le pouvoir et de tout faire pour le maintenir. »

« Or, plutôt que d’aller à mes cours — bien que j’y allais parfois — j’étais bénévole sur la route avec la FESFO et j’aidais à l’animation. J’ai finalement passé 15 ans à la FESFO comme agent de développement, et j’ai adoré ça. C’était vraiment un milieu créatif, coopératif, actif. Et j’ai eu la chance de développer des projets qui existent encore aujourd’hui, notamment les Jeux franco-ontariens qui rassemblent 650 jeunes de plus de 100 écoles de langue française de l’Ontario et dont c’était la 25e édition cette année à Ottawa. »

L’ÉCHO D’UN PEUPLE

Le nom de Félix Saint-Denis est intimement lié au spectacle à grand déploiement L’Écho d’un peuple. Mais bien qu’il soit le directeur artistique de ce grand spectacle sur les 400 ans d’histoire des Franco-Ontariens et qu’il fait la tournée des écoles de langue française de l’Ontario depuis de nombreuses années pour présenter des versions adaptées de L’Écho d’un peuple, il n’en est pas le créateur.

« L’instigateur de L’Écho d’un peuple, c’est Alain Dagenais », dit-il. « On associe souvent mon nom à ce spectacle, mais c’est Alain qui en est le grand instigateur. Moi, on m’a recruté pour assurer la direction artistique. »

« Mais L’Écho d’un peuple est un travail d’équipe », poursuit-il. « C’est une grosse famille. Ce que je vis à temps plein avec L’Écho d’un peuple depuis l’an 2000, c’est spécial. Et je ne pourrais pas parler des succès de ce spectacle sans mentionner l’immense contribution de ma conjointe, Geneviève [Éthier]. Elle est tellement créative et talentueuse. Il y a beaucoup de Geneviève dans ce spectacle, beaucoup de ses idées. Et elle a de plus coordonné la confection de 2700 costumes. C’est incroyable. »

« Nous sommes aujourd’hui rendus à 338 000 spectateurs qui ont vu l’un des spectacles de L’Écho d’un peuple », ajoute-t-il. « Et le véritable tour de force dans tout ça, c’est que l’on compte 30 000 différents comédiens qui ont joué dans l’un des spectacles. Quand je fais la tournée des écoles pendant deux mois et demi par année, ce sont de 30 à 70 comédiens par jour, cinq jours semaine, qui montent sur scène. C’est fou. »

Mais ces temps fous et ces longs mois en tournée aux quatre coins de l’Ontario sont maintenant choses du passé pour Félix Saint-Denis, lui qui vient d’accepter un emploi comme.... animateur culturel, au Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO).

« C’est un choix familial, explique-t-il. J’ai deux filles âgées de 29 et de 26 ans qui sont aujourd’hui professionnelles. Mais j’ai aussi deux fils âgés de deux et de trois ans qui ont besoin d’un papa à temps plein et c’est important que je sois là pour eux. Je passais deux mois et demi par année sur la route avec L’Écho d’un peuple. Deux mois et demi que je ne couchais pas chez moi. »

« Mais ça fait 11 ans que le CSDCEO parraine L’Écho d’un peuple, donc je travaillerai avec le même monde, mais pas avec le même chapeau. Je vais maintenant faire de l’animation dans les écoles du conseil plutôt que partout en province. Dorénavant, au lieu de partager ma chambre d’hôtel avec mes co-animateurs, je vais être chez nous avec ma conjointe et mes enfants dans l’exotique campagne d’Embrun. »