André Larocque est un journaliste dans l’âme.

Le journaliste philanthrope

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / André Larocque est un gars de nouvelles. Un journaliste dans l’âme qui a gravi les échelons dans le monde de l’information, de la rédaction à la direction, notamment à titre de rédacteur en chef du quotidien Le Droit pendant cinq années, de 2005 à 2010.

De l’Abitibi à Montréal, en passant par les Cantons-de-l’Est et l’Outaouais, il a œuvré pendant près de 25 ans en journalisme et en communications.

Fils d’une mère enseignante et d’un père comptable qui était aussi président (bénévole) de la commission scolaire de Val-d’Or, sa ville natale, André Larocque a aussi cette fibre philanthropique en lui qui l’a mené vers une autre carrière. D’abord comme directeur général de la Fondation de l’Hôpital de Granby. Puis comme directeur général de la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

Mais que ce soit en communications ou en philanthropie, son but est toujours demeuré le même. Soit « de faire une différence dans la vie des gens », dira-t-il.

André Larocque regagnera ses pénates gatinoises, lundi, alors qu’il débutera un nouveau chapitre de sa carrière à titre de directeur général de la Fondation de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Un nouveau défi qui l’enchante.

« Je trouve que l’UQO est extrêmement dynamique comme institution, dit-il. Et de préparer la relève de demain est vraiment intéressant. Il y a deux valeurs fondamentales dans la société : la santé et l’éducation. L’une ne va pas sans l’autre. J’ai eu la chance de toucher beaucoup à la santé. Aujourd’hui je suis vraiment stimulé par la perspective de plonger dans le secteur de l’éducation. Et politiquement parlant, je trouve qu’il y a une ouverture face à l’UQO qu’on n’avait pas connue dans le passé. Avec l’élection du nouveau gouvernement (caquiste), je pense qu’il y a vraiment une volonté de faire en sorte que l’UQO soit considérée à sa juste valeur. J’ai rencontré l’équipe de la Fondation il y a deux semaines et j’ai été impressionné par la qualité de cette équipe. J’ai très hâte de me joindre à eux. Et ça commence dès lundi. »

André Larocque et son épouse sont doublement heureux de revenir en Outaouais, car c’est ici que leur fille unique fait carrière.

« Lorsque j’ai quitté Le Droit en 2010, notre fille a poursuivi ses études ici et elle a commencé une carrière florissante au ministère des Affaires étrangères, Commerces et Développement, à Ottawa. On s’ennuyait d’elle et c’était mutuel. Donc le mixte du défi intéressant à l’UQO et le fait qu’on puisse se rapprocher de notre fille fait en sorte que les astres étaient très bien alignés. Cela dit, j’espère que les Sénateurs d’Ottawa seront meilleurs l’an prochain », lance-t-il en riant.

André Larocque, 64 ans, a commencé sa carrière comme journaliste et chef d’antenne au réseau NTR de la Presse canadienne. À l’été 1990, il a été embauché à la station radio CKAC, à Montréal, à titre d’adjoint à l’information, là où il allait connaître tout un baptême de feu comme cadre d’une salle des nouvelles…

« Je n’avais reçu aucune formation, se souvient-il. C’était l’été et mon patron était en vacances. Alors j’entre en fonction et… paf !… la crise d’Oka éclate. Ç’a été mon baptême de la gestion. La crise d’Oka 24 heures sur 24 pour la salle des nouvelles de CKAC et pour le réseau Télémédia. Il y avait de l’action, c’est le moins qu’on puisse dire !».

Après quelques années à Montréal, André Larocque s’est joint à l’équipe de TVA Sherbrooke, d’abord comme directeur de l’information, puis comme directeur général de la station. « Mais quand Québecor a acheté TVA, il y a eu des changements et le temps était venu pour moi de passer à autre chose », dit-il.

Il a alors offert ses services à l’organisation des Championnats mondiaux d’athlétisme juniors qui se déroulaient à Sherbrooke en 2003. Des championnats qui ont permis à l’Université de Sherbrooke de se doter d’un stade d’athlétisme de 10 millions $. Et qui ont aussi fait découvrir au reste du monde un jeune athlète de 18 ans qui allait marquer l’histoire des Jeux olympiques, le Jamaïcain Usain Bolt.

Au terme de ce championnat, André Larocque est retourné dans le monde de l’information à titre de directeur de l’information au quotidien La Tribune, à Sherbrooke. Puis il a dirigé l’équipe de la rédaction du Droit pendant cinq années avant d’accepter le poste de rédacteur en chef à Radio-Canada Estrie.

« J’ai occupé ce poste à Radio-Canada pendant presque deux ans, dit-il. Mais j’avoue que la gestion d’une salle de nouvelles était devenue un peu épuisante. La raison fondamentale pour laquelle j’ai décidé de faire carrière en information, c’est la passion. La passion de communiquer et de faire découvrir des choses aux gens. Mais là, nous étions rendus au point où nous devions couper, couper, couper. C’était des compressions budgétaires tout le temps. Les revenus n’y étaient plus ? On coupait des postes. Et tout ça devient épuisant à un moment donné. J’ai donc pris un peu de recul et j’ai choisi de travailler en philanthropie, de faire une différence d’une autre façon dans le quotidien et dans la vie des gens, et de faire bénéficier les organismes de l’expertise que j’ai acquise au fil des ans.

— La retraite n’est donc pas pour demain ?

— Du tout ! J’ai encore trop de « gaz » et trop le goût de relever des défis. Et j’ai déjà hâte à lundi. »